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Philippe Jaccottet

Cet air qu'on ne voit pas porte un oiseau lointain et les graines sans poids dont germera demain la lisière des bois. Oh ! le cours de la vie entêté vers en bas !

1. L'ignorant Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance, plus j'ai vécu, moins je possède et moins je règne... « Comme le feu, l'amour n'établit sa clarté que sur la faute et la beauté des cendres... » 2. Au petit jour La nuit n'est pas ce que l'on croit, revers du feu, chute du jour et négation de la lumière, mais subterfuge fait pour nous ouvrir les yeux sur ce qui reste irrévélé tant qu'on l'éclaire... Comme l'huile qui dort dans la lampe et bientôt tout entière se change en lueur et respire sous la lune emportée par le vol des oiseaux, tu murmures et tu brûles. (Mais comment dire cette chose qui est trop pure pour la voix ?) Tu es le feu naissant sur les froides rivières, l'alouette jaillie du champ... Je vois en toi s'ouvrir et s'entêter la beauté de la terre. Je te parle, mon petit jour. Mais tout cela ne serait-il qu'un vol de paroles dans l'air ? Nomade est la lumière. Celle qu'on embrassa devient celle qui fut embrassée, et se perd. Qu'une dernière fois dans la voix qui l'implore Elle se lève donc et rayonne, l'aurore. 3. Tout à la fin de la nuit quand ce souffle s'est élevé une bougie d'abord a défailli Avant les premiers oiseaux qui peut encore veiller ? Le vent le sait, qui traverse les fleuves Cette flamme, ou larme inversée: une obole pour le passeur

Philippe Jaccottet, in Poésie, 1946-1967

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