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Récits du voyage à Jérusalem à Pâques 2008

Journée à Hébron | Chez les Melkites | Un autre regard | Le premier jour | Le mur des Lamentations | Check-point à l'entrée de l'aéroport, ou l'histoire d'un stylo | Les uns d'un côté, les autres de l'autre... | Yad Vashem | Rencontres | Le jardin de Géthsémané ; mon petit havre de paix | Jérusalem
 

Arrivés à Jérusalem la veille du Vendredi Saint, nous sommes partis d'abord pour quelques jours de «pèlerinage», ou plutôt de tourisme religieux. Visite de lieux saints des trois religions monothéistes, avec accent sur les lieux saints chrétiens, Pâques chrétienne oblige. Mais nous avons également cherché à découvrir différents cultes: luthériens, pentecôtistes, évangéliques, catholiques orthodoxes, sans oublier une visite dans une synagogue libérale.
Le voyage continua sur un aspect plus culturel avec la visite du musée d'Israël, de la tour de David et du musée de l'holocauste, pour tendre vers un aspect enfin uniquement touristique : mer Morte, site de Massada et souks de Jérusalem.
Mais notre périple nous a amenés à faire de nombreuses rencontres, chrétiennes, juives, musulmanes ou athées. Nous avons écouté, dans le désordre: un jeune étudiant juif exalté, le directeur de l'école biblique de Jérusalem, un moine franciscain, un guide musulman anciennement détenu, le correspondant de la TSR en Israël, un collaborateur d'une ONG dans la ville palestinienne d'Hébron.
Cela nous a immanquablement conduit à l'aspect politique du voyage, où l'on a pu confronter nos opinions et idées reçues sur le conflit israélo-palestinien, en particulier en visitant les villes de Jéricho et surtout d'Hébron, en Cisjordanie (l'un des deux territoires palestiniens avec la bande de Gaza). Hébron nous a montré ce que le colonialisme israélien fait de plus laid et ce que le terrorisme palestinien peut créer comme tensions.

Tourisme religieux, pèlerinage, visites culturelles et touristiques, rencontres, découverte de la complexité du conflit israélo-palestinien, tels étaient les principaux buts des 10 jours en Israël et Palestine organisés par l'aumônerie.

Journée à Hébron

Lors de notre voyage, Hébron fut souvent présentée comme étant le meilleur exemple de l'occupation israélienne, le cas qui nous permettrait de mieux comprendre l'essentiel du problème. La question de l'occupation nous travaillait et, bien évidemment, nous voulions voir ce que cela représentait sur le terrain.

Si Hébron, ville de taille moyenne à une trentaine de kilomètres de Jérusalem, peut symboliser l'occupation, il ne faut pas oublier -ce qui est lié- son intérêt religieux. Dans la mosquée, des personnages bibliques tels qu'Abraham, Isaac, et Jacob y sont enterrés. Dans une situation où le religieux et le politique sont si intimement liés, on peut imaginer les tensions et les convoitises que peuvent susciter cette ville.
C'est par cet aspect que nous avons commencé la visite de la ville. Après la visite des tombeaux de ces personnages, nous sommes allés plus au centre de la ville, pour une rencontre avec un membre de Peace Watch, qui devait nous expliquer et nous montrer l'occupation au quotidien.

Selon la carte, à l'est d'Hébron, se trouve une grande colonie israélienne. Ceci laisse imaginer qu'une cohabitation pacifique, moyennant séparation des Palestiniens et des Israéliens, pourrait être possible, sans toutefois être souhaitable. Cependant, on trouve aussi des émanations de cette implantation au coeur même de la ville. Lors de leur arrivée à Hébron, les colons choisirent d'occuper des bâtiments en plein centre ville. Hébron se trouve ainsi trouée de poches, composées de quelques maisons, parfois une seule, habitées uniquement par des colons. Comme cette région est importante et que l'environnement est parfois hostile, l'armée prend des mesures draconiennes afin d'assurer la sécurité.

Parmi l'arsenal des mesures que prend l'armée, on trouve des check points, des soldats patrouillant dans les rues et des routes fermées ou interdites. Sur toutes ces mesures, rien que de très normal pour une Israël toute entière concernée par la sécurité.
Toutefois, sur le terrain, certaines mesures sont frappantes : certaines routes sont totalement interdites, d'autres ne pouvant être empruntées que pour le passage, et enfin des routes interdites à certaines activités. Les routes totalement interdites sont celles qui passent le long des colonies du centre-ville. Pourtant, dans ces cas, rues interdites ne signifient pas rues désertes. Si les colons vivant dans ces quartiers les empruntent, nous-mêmes, lors de notre visite, avons pu les prendre.
Les effets pratiques de cette mesure, semblent évidents : maisons inhabitées, commerces fermés, etc. De même, nous sommes allés visiter une école, située au milieu d'une route interdite. L'école, fréquentée par des enfants palestiniens, devient, par cette mesure, difficile d'accès et les enfants doivent passer par le cimetière voisin pour rejoindre l'établissement.
Ces routes fermées, symbole troublant de la tension que vivent les communautés à Hébron, n'ont pas manqué de questionner en profondeur les membres de notre groupe.


Il est difficile de dire si ce que nous avons vu à Hébron est vraiment le meilleur exemple de l'occupation et si notre réflexion sur la visite fut réellement impartiale. A la fin de la journée, un Palestinien nous montra des vidéos sur les rapports parfois très durs entre Palestiniens et colons, toutefois notre recherche ne doit pas se terminer ce jour-là. Si notre visite fut émotionnellement très forte, si la vue de ces routes, jadis très actives, réduites au silence au profit de quelques-uns, fut pénible, la réflexion quant aux rapports entre les colons et les Palestiniens doit aller plus loin, au-delà des sentiments de frustration ou d'incompréhension éprouvés au cours de cette journée.

Jérôme

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Chez les Melkites

Jérusalem...Carrefour des religions paraît-il. Et donc des spiritualités ? Et pourtant l'élévation de l'âme ne me semble pas facile dans cette ville. C'est pourquoi ici, je décrirai le seul moment où la grâce m'a atteint pendant quelques instants.

Petite ruelle, une porte. Nous entrons, un petit groupe d'enfants nous apostrophe, nous comprenons « Welcome, welcome ». Charmés par cet accueil, nous sommes maintenant dans une petite cour devant l'église. Déjà des chants puissants et l'encens, passant à travers la porte ouverte de l'édifice, nous invitent à entrer.

Nous passons devant de jeunes filles accoudées vers la porte, semblant observer de potentiels candidats au mariage.
Nous tentons d'entrer, mais l'église est bondée en ce Vendredi Saint.
Précautionneusement, je m'avance et tente de me faire une place plus à l'avant. Là, un sourire féminin, doux et gracieux m'encourage. Peut-être le premier depuis mon arrivée à Jérusalem.
Enfin arrivé, je peux me concentrer sur la liturgie. En fait c'est plutôt elle qui vient à moi ! Je me sens transporté par ces psalmodies arabes si charismatiques et chantées à pleine voix. Tout le monde est là : femmes, jeunes filles, hommes, personnes âgées, enfants. Tous reprennent, après le prêtre, ces mélodies si vieilles et profondes.

Les murs sont recouverts de superbes fresques byzantines, d'ailleurs les Pères de l'Eglise m'observent avec leurs regards ascétiques et sévères, mais semble-t-il, bienveillants.

Les prêtres et les enfants de choeur font la procession autour des fidèles, en faisant le tour de l'église. Le cliquetis de l'encensoir nous bénissant, semble fait pour rythmer les chants melkites.
Là en une fraction de secondes, il me semble voyager dans le temps, être transporté en terre byzantine.
Cette harmonie de sons et de sens m'indique, comme dit le poète, un petit coin de paradis.
J'en suis conscient, je suis heureux...

Un moment de spiritualité, cela faisait longtemps.

Mais il est déjà temps de repartir ! Peu importe je reviendrai...

Blaise

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Un autre regard

Cela ne fait que peu de temps que nous sommes arrivés en Terre Sainte. Un mélange de saveurs, de senteurs et d'émotions emplit nos coeurs. La situation politique, contrairement à ce que nous pensions, est des plus calmes ; aucune trace de violence en cette période.

Assis sur la terrasse de notre hôtel, nous attendons au soleil un jeune Israélien d'origine suisse. Lorsqu'il arrive, c'est la surprise. En effet, il n'est pas des plus imposants : petit de taille, les cheveux courts et crépus, il ne dégage rien de particulier. Dans d'autres circonstances, nous n'y aurions sans doute pas prêté attention. Mais Virgile a souvent de bonnes idées ; la confiance est donc de mise.

Le jeune homme s'assied près de nous sans échanger de regard. A y regarder de plus près, il semble troublé et nerveux. Après avoir été introduit, il commence timidement le récit de son parcours dans le pays. Au fur et à mesure de son exposé, une énergie se dégage de lui, toute contenue auparavant. Progressivement, sa posture change, il semble s'affirmer. Il est enfin réellement présent. Le jeune homme prend alors le dessus sur la discussion et ne répond plus vraiment à nos questions. Une force émotive le pousse à se livrer à un exposé du rêve dont il fait partie.

Sa raison et sa retenue l'ont quitté en cet instant. Une lueur surprenante emplit son regard, un sourire resplendit alors sur son visage. Il nous explique sa version du sionisme et le miracle qu'est la naissance du pays d'Israël. Un Etat multiculturel de respect et d'échange entre les cultures liées par le judaïsme. Un territoire magnifique dont chaque recoin cache ses richesses. Ce que l'on voit sur le visage du jeune homme n'est autre que l'amour pour son prochain ; amour des siens et amour des autres. Il défend l'idée que le judaïsme est la religion qui apportera enfin la paix dans le monde. Une religion orientée vers l'autre et non vers soi. Quelle religion peut se vanter de viser un tel but et quel Etat peut prétendre à mener une politique aussi importante sur le plan de l'intégration ?

Même si nous avons découvert des choses révoltantes, Illan nous a montré une autre facette du pays qu'il ne faut pas oublier.

Damien

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Le premier jour

C'était le premier matin. Le premier contact. Je n'avais pas dormi, mais je crois qu'à ce moment-là cela n'avait plus aucune importance. Tout stress, toute fatigue se sont estompés lorsque j'ai vu s'élever devant moi la ville. Une ville que je connaissais, une ville que j'avais l'impression d'avoir visité. Plus qu'un lieu, c'était le lieu. Celui duquel nous sommes partis et celui vers lequel nous sommes revenus. Une ville qui n'offre, comme aucune autre, la violence et l'espoir de paix, la jalousie et la ferveur, l'amour et l'horreur. Une ville qui est le coeur et les organes d'une guerre qui n'en finit pas de finir.

Le premier jour.

Le soleil est levé depuis quelques heures.

Les rues sont vides.
Elles étincellent de la lumière diffuse de ce premier jour. Comme au premier jour.

Fouler les pavés. Pas de plage, pourtant tant de pas.

Une femme remonte la rue avec ses enfants. Elle passe près de nous. Son voile lui caresse délicatement les joues, ses enfants courent encore et encore ; depuis combien de temps vit-elle ici ? Ses enfants connaîtront-ils la paix ? Grandiront-ils avec une ceinture d'explosifs autour des reins, grandiront-ils avec l'assurance qu'ils pourront changer ce pays ?

Le premier jour, et tout était à nous.

Nicolas

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Le mur des Lamentations

Le soir du Vendredi Saint enfin arrivé, nous nous dirigeons vers le cotel, communément appelé le mur des Lamentations. Pour y accéder, nous empruntons les toits et les tortueux chemins. Sous la lune pleine et les lumières artificielles d'un jaune vif, je le découvre pour la première fois.

L'ouverture du shabbat concorde avec le début de la fête de Pourim, l'endroit prend une tout autre dimension et l'atmosphère est bouillonnante. Le mur n'est plus seulement le lieu des plaintes et des voeux de restauration du temple, mais devient un théâtre de scènes tout à fait exceptionnelles. Les hommes y dansent et chantent en élevant de pieuses prières ainsi qu'en procédant à la lecture de la Torah. De l'autre côté de la séparation, les femmes, pour la plupart d'entre elles, y pleurent et livrent de profondes douleurs dans des prières emplies de spiritualité.

Le caractère de soumission est parfaitement perceptible lorsqu'elles touchent le mur et l'embrassent dans une fidèle adoration.
Après m'être éloignée à reculons comme le faisaient les autres femmes pour exprimer leur respect à l'édifice, témoin unique de la destruction du second temple, je me glisse au-dessus de la palissade pour échapper à cet air pesant et scruter du côté des hommes.

Tous sont réunis, sur leur trente et un, pour commémorer la victoire du peuple juif sur les Perses à l'époque d'Esther. La différence entre les genres ne fait qu'accentuer l'ambiance envoûtante tantôt silencieuse accompagnée de pieux sanglots, tantôt joviale acclamée par des chants entraînants.

Coup de coeur, le mur m'a gratifié d'un témoignage poignant d'un peuple qui vit dans l'espoir d'une réhabilitation tout en accomplissant d'ancestrales traditions qui alimentent l'espoir d'une reconstruction du temple. Si l'on dégage la forme rituelle, l'on découvre une foi profonde. L'endroit est lourd de sens et cache dans ses orifices les prières secrètes des juifs.
Sans adhérer au message, j'y ai vécu un moment unique qui m'a offert un exemple de spiritualité dévouée.

Denise

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Check-point à l'entrée de l'aéroport, ou l'histoire d'un stylo

«Comment connaissez-vous ce chauffeur?» «Avez-vous passé plus d'une journée avec lui?» «Vous étiez avec un groupe de chrétiens qui est parti vendredi ?» «Pourquoi être restés plus longtemps en Israël?»

L'adolescent à peine post-pubère qui nous interroge a un duvet sombre en guise de moustache et le fusil d'assaut en bandoulière qui pendouille. Il a le sourcil froncé et prend son travail très au sérieux; il faut dire une chose: notre chauffeur est un Arabe israélien. Par là il faut comprendre qu'il n'est pas juif, mais musulman, et qu'il vit sur territoire israélien et non dans les territoires palestiniens (bande de Gaza et Cisjordanie). Abed, notre chauffeur, a l'habitude des «check-points». Il se plie sans broncher au contrôle de sa voiture, sourit lorsqu'on passe sa carte d'identité au détecteur de stupéfiants et explique au gamin, qui a le tiers de son âge, que s'il a rasé sa barbe, c'est parce qu'elle ne plaisait pas à sa femme et pas parce qu'il ne voulait plus ressembler à sa photo d'identité. Lorsqu'il peut enfin nous déposer à l'entrée de l'aéroport, il offre en souvenir à chacun de nous cinq un stylo en plastique transparent, assez ordinaire, avec une ligne de publicité écrite en arabe pour son agence.

Nous, nous ne sommes pas habitués. Déjà dans la journée, on nous a contrôlés, fait passer tous les bagages au scanner, enlever chaussures et ceinture pour passer par une porte visiblement programmée pour sonner davantage au mouvement qu'à la présence de métal. Ces contrôles nous mettent mal à l'aise, les ordres sont donnés tantôt en hébreu, tantôt en anglais, parfois aimables, parfois agressifs, ils donnent réellement l'impression au contrôlé d'être coupable de quelque chose. Les contrôleurs sont deux ou trois, hommes ou femmes, généralement très jeunes, protégés par une poignée de soldats en armes. Ils sont tendus. Il faut dire à leur décharge que la pression est énorme: la sécurité des territoires israéliens repose sur eux. On leur a appris à se méfier de ceux qui ont l'air innocents, on les a mis en garde à grands coups d'histoires terrifiantes, bref, ils ne peuvent pas prendre leur tâche à la légère.

Nous n'avons ni les informations ni les compétences pour juger du bien-fondé de ces contrôles ainsi que de leur intensité, nous nous bornerons donc au simple constat que l'ambiance au check-point traduit bien le climat de tension qui règne en Israël: les juifs ont peur, les autres sont exaspérés à force de passer entre les détecteurs de métaux.

En arrivant au check-in (5 heures à l'avance, multitude de contrôle oblige...), nous sommes aussi assez tendus. Interrogés les uns après les autres, séparément bien sûr, pour vérifier que nos versions se recoupent, on se demande les uns les autres ensuite: «Toi tu leur a parlé du stylo?», «Non, tu crois qu'il fallait?».

Cela paraît absurde, mais finalement nous avons tous montré le petit stylo en plastique. C'est que, malheureusement, la vue de militaires en armes partout où l'on va rend méfiant, voire franchement paranoïaque. Dommage.

Camille

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Les uns d'un côté, les autres de l'autre...

Suite à de nombreux attentats à l'encontre des Israéliens, l'Etat d'Israël a décidé de construire un mur autour de la Cisjordanie. Il est construit pour diminuer les attaques terroristes.
Mais le mur ne suit que partiellement la « ligne verte » qui est la frontière que l'ONU a instauré. Il englobe des terres du côté palestinien à l'intérieur de la Cisjordanie sans se fier à la « ligne verte ».
Pour pouvoir passer d'un côté du mur à l'autre, il faut passer par un des nombreux check-points. Suivant l'humeur des militaires, on peut (les touristes) soit passer tout droit ou soit se faire fouiller. Entre ces deux peuples, seuls les Israéliens ont le droit de franchir le mur. Les Palestiniens ne peuvent pas le franchir, à moins d'avoir une autorisation, mais elles sont très difficiles à obtenir.
Le fait que le mur ne suive pas la « ligne verte » a pour conséquence que certains paysans palestiniens n'ont plus accès à leurs terres.
Un Israélien, avec qui nous avons discuté, estime que le mur est une réussite, car le nombre d'attentats a largement diminué, alors qu'un Palestinien nous a fait le contre-poids en nous disant qu'il le ressent plus comme une mise à l'écart pour décourager son peuple et le pousser à quitter le pays.

Kevin

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Yad Vashem

Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (yad) et un nom (shem) qui ne seront pas effacés. Esaïe 56,5



Jérusalem à Pâques, c'est évidemment un questionnement sur notre foi chrétienne. Mais tous les jours 24h sur 24, c'est dur ! L'enchevêtrement politique et culturel dans lequel nous sommes tombés nous permet de souffler avec des questions un peu plus temporelles.

Parmi celles-ci, une en particulier m'interpelle : celle de l'identité juive. Dès notre arrivée, on tombe dans le cliché qu'on attendait : la très religieuse Jérusalem regorge en effet de Juifs orthodoxes vêtus de noir, portant kipa, favoris et barbes.

Cette image connue va pourtant rapidement se compliquer, avec dans le désordre l'exaltation du colon appelé sur cette terre et nulle part ailleurs (le jeune Ilan, immigré récent), l'hospitalité et l'ouverture au monde (la cérémonie de Shabbat dans une synagogue américaine progressiste, et le verre partagé après), le sens de la fête (une belle noce dans les rues de Jérusalem-Ouest pour fêter la fin de la fête religieuse de Pourim, avec musique, costumes, danses et tout le toutim !), le caractère moderne d'Israël (comparé aux pays limitrophes...si proche de nous en fait), son dynamisme et son génie économiques, ses liens avec l'Amérique...et aussi un côté angoissé, conscient de l'éphémère (nous nous sommes intéressés à la Pâque juive), méfiant envers l'étranger ou le non-Juif (une balade dans le quartier orthodoxe peu chaleureuse), fidèle, traditionaliste et clanique.

Au milieu de tout cela, le bain permanent qu'est la religion pour cette société, à tel point que ça en deviendrait presque plus une philosophie ou un mode de vie, aux yeux de nous autres profanes... Une mosaïque complexe et contradictoire donc.

Un élément pourtant me marquera en particulier, mettant tout ce fourbi impressionniste en perspective : la visite de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah.

Bien sûr, on s'était dit que l'Etat d'Israël moderne ne se définit plus autant qu'avant par rapport à la Shoah, que ce passé s'éloigne toujours plus, est toujours moins pertinent face aux problèmes d'aujourd'hui. Mais malgré cet avertissement, on est profondément touché.

D'abord un long couloir, sombre, sans fenêtres. On suit le fil historique, les Juifs implantés en Europe, la montée du nazisme, les lois discriminatoires, on retrouve les souvenirs des cours d'histoire, ça atténue. Puis la montée de la violence, les pogroms, les ghettos. La vie dure tous les jours, la peur des rafles, le désespoir, le début de la guerre.

Et enfin les camps. On est surtout affecté par des éléments banals, qui montrent quel point a été atteint dans la folie humaine : des objets de tous les jours, des uniformes, un plan d'un camp, tout simple, ça rentre d'un côté ça sort de l'autre, comme une usine dans un livre pour les gosses...On voit une maquette avec des brancards pour vider les chambres à gaz et remplir les fours. La simplicité de la présentation aggrave encore l'impression.

On finit avec le mémorial des victimes de la Shoah : des noms, des visages... Et on réalise maladroitement l'ampleur de la Shoah, l'extrême que cela a atteint, et son indélébilité à jamais pour Israël, né de ces ruines.

Le coeur encore tout retourné, alors que la visite se termine, on sort du couloir sombre, et on débouche sur une petite terrasse, devant un paysage si beau, des vergers dans le soleil couchant, la douceur des soirs de cette région du monde...un jardin paradisiaque, ou plutôt...La terre promise évidemment.

A cet instant, et même si je ne me défends pas de ce sentiment, j'ai quand même bien l'impression que cela était prévisible. Qu'en pense donc le groupe de jeunes soldats de Tsahal qui a fait la visite en même temps que nous ?

Guillaume

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Rencontres

Partir sans préjugés, découvrir une terre, des cultures, les racines de notre culture, et aller à la rencontre de l'autre, voilà l'état d'esprit dans lequel je suis parti.

Je savais bien que le conflit israélo-palestinien était fort complexe, mais j'avais la naïve espérance qu'une fois sur place, à la vue de la situation et en entendant divers témoignages, j'arriverais enfin à me construire une opinion plus claire.

Cependant, au lieu de m'éclairer, cet intense voyage, parfois chargé d'émotion, m'a confirmé que je ne devais prendre parti ni d'un côté, ni de l'autre, ou plutôt, des deux à la fois.

Au fil des rencontres, ma pensée changeait, évoluait, se retournait : impossibilité de fixer ses idées, impression de coquille de noix prise dans la houle, penchant une fois par-ci, une fois par-là, à la limite de se renverser ou tout à coup submergée ; parfois même, sensation d'écoeurement.
Après discussion avec un nouvel interlocuteur, je changeais d'avis. Chaque nouveau lieu faisait naître de nouvelles impressions.

Comment concilier l'attachement à la terre, les croyances et espérances de deux entités dont les revendications sont contradictoires et absolues? Le sol et les esprits en sont révélateurs, car ils portent les plaies, marquées au cours du temps, de la peur et de la haine ; sentiments renforcés par la séparation de ces deux mondes dont la cohabitation est malgré tout souvent inéluctable.

La peur de l'attentat flottant en permanence dans les esprits, le sentiment constant d'insécurité ressenti dans les rues israéliennes - certainement justifiés - sont le motif admis de l'érection du mur et de l'hyper-militarisation. Malheureusement, cette protection de l'un entrave l'autre, l'humilie ; ces nuisances suscitent à leur tour un regain de violence...

Pourtant, à l'endroit où j'ai perçu la plus forte tension et alors que grondait en moi une sourde colère - en grande partie liée à l'injustice d'une armée spectatrice, n'intervenant que pour protéger une partie de la population -, j'ai rencontré une directrice d'école vivant au coeur des troubles qui s'est révélée incroyablement forte, convaincue de son travail et affichant un cinglant espoir. Au lieu de cracher sur Israël - comme je m'y attendais - elle parlait des améliorations, des liens à créer et même d'une sorte de justice de l'Etat dans l'injustice.
De telles personnalités me donnent une note d'espoir : voir un jour ces lieux retrouver la paix et les hommes vivre en harmonie sur un même sol.

David

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Le jardin de Géthsémané ; mon petit havre de paix

Après avoir passé un portail en fer, je suis arrivée, avec quelques compagnons de voyage dans un lieu où j'ai découvert plus d'une dizaine de vieux, même de très vieux oliviers... ces arbres dateraient de l'époque de Jésus, dit-on ! Est-ce vrai ? Qu'importe ! Néanmoins, il est certain qu'ils sont très anciens, étant donné leur grandeur et la circonférence de leur tronc.
A côté des oliviers se trouve une majestueuse église nommée l'église de l'Angoisse ! Quelques peintures d'un Jésus souffrant sont visibles sur le devant de cet édifice et en son intérieur.
Ce lieu est appelé le jardin de Gethsémané. Un texte biblique fait référence à ce jardin : j'ai pu découvrir, en relisant ce texte, que Jésus-Christ serait venu en cet endroit avec ses disciples, serait allé prier seul disant sa volonté de ne pas mourir, puis finalement aurait accepté sa mort en faisant confiance à Dieu.

J'ai trouvé cet endroit beau, paisible et je m'y suis sentie bien. J'ai beaucoup apprécié être en ce lieu car il me rappelait également ce texte que j'ai pu relire sur place, cet écrit qui me montrait un Jésus très humain qui a souffert et qui a eu peur mais qui néanmoins a fini par s'abandonner à la volonté de Dieu et lui a fait confiance. Paroles qui me touchaient beaucoup.

Avec quelques compagnons de voyage, je suis allée visiter l'église mais à notre arrivée, un culte catholique en italien commençait, c'est alors que je me suis approchée, laissant mes copains continuer la visite et j'ai vécu un petit moment de célébration avec ces touristes italiens.
Des chants, des prières ont ponctué ce moment puis le prêtre a prêché sur ce fameux texte de Jésus à Gethsémané. Quel beau moment j'ai vécu !

En faisant ce voyage, j'espérais découvrir Jérusalem et ses environs, vivre dans une ville remplie d'histoire, percevoir la diversité (culturelle, religieuse, sociale) qui existait en ce lieu et « m'y plonger » en allant par exemple aux cultes chrétiens, juifs. Je souhaitais aussi rencontrer des personnes de différentes cultures, de diverses religions, mieux comprendre le conflit israélo-palestinien... mais aussi vivre une spiritualité.
J'ai pu vivre un moment, comme j'avais tant envie d'en vivre, dans cette église...cet instant m'a ressourcée et m'a fait beaucoup de bien après une semaine si intense.

Après avoir ressenti de la peur et de la tristesse qui émanaient de certaines personnes, après avoir vu des images choquantes, après avoir été très souvent dans la foule, se retrouver seul dans un lieu paisible apaise le coeur et l'esprit. Oui ce jardin a été pour moi, un petit havre de paix !

Aude

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Jérusalem

Dans les méandres de tes rues où les peuples d'aujourd'hui
Devant les synagogues, les mosquées, les églises,
Se croisent sans se voir, ni respect ni mépris,
Il semble être bien loin ce conflit qui s'enlise.

 
Une masse de pèlerins mue par une même foi,
Pourtant si divers en exhibant leur piété,
Revient quelques instants ce chemin de croix,
Qui en quatorze stations, lie larmes et gaieté.


Juifs, Musulmans et Chrétiens empruntent un pareil chemin.
Mais il n'y en a pas un pour se donner la main ?
Ces rochers placés entre Dieu et l'humanité


Tantôt facteurs sacrés ou marques d'identité.
Au lieu de former un pont, ne font qu'agrandir un mur,
Qui fait de ce point de contact, le lieu de rupture.


Etienne

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