Lawrence Joseph
Catherine Pozzi, Paul Valéry et la «maladie métaphysique»
Amie de Paulhan, Rilke, Jouve et de tant d'autres qui ont compté, Catherine Pozzi est une
figure singulière de la littérature française du XXe siècle. Passionnée de biologie, de physique
et de métaphysique, nourrie de culture grecque et latine, elle élabore sa vie durant
un système philosophique et spirituel qui vise l'unicité de la matière et de l'esprit. Peau
d'Ame, conte philosophique inachevé paru un an après sa mort, constitue la somme de
sa démarche. Inspiratrice de Valéry avec qui elle partage une passion dévorante durant
huit ans, basée sur un échange intellectuel intense, Catherine Pozzi écrit à la fin de sa vie
six poèmes épurés et étincelants, qu'elle refuse de publier de son vivant. Fruits de la
douleur, ces poèmes cristallisent l'échec de l'amour, la quête de l'absolu et la souffrance
de vingt ans de tuberculose. Son oeuvre, rare et essentielle, comporte encore une nouvelle,
Agnès, une abondante correspondance et un Journal bouleversant qui éclaire le destin
tragique et douloureux de cet être hors du commun.
Lawrence Joseph, professeur émérite de littérature française au Smith College de
Northampton (Massachusetts, USA) est l'auteur d'une biographie de Catherine Pozzi
et l'éditeur de la plupart de ses oeuvres. Il prépare actuellement une édition de sa correspondance
avec Paul Valéry.
Publication de la conférence donnée en 2006:

