Happy Birthday to You : compositeurs à fêter en 2010
Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736) | Frédéric Chopin (1810-1849) | Robert Schumann (1810-1856)
Fêtez l'anniversaire de trois grandes figures de l'histoire de la musique avec les collections musicales de la BCU : Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736), Frédéric Chopin (1810-1849) et Robert Schumann (1810-1856).
| Ils ont dit de lui ... |
Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)
- Le Stabat Mater de Pergolesi, l'une de ses compositions majeures, a reçu plusieurs éloges mais aussi plusieurs critiques. Voici l'avis de Beethoven, reporté par Rossini :
« Dans l'opera buffa personne ne peut rivaliser avec vous, les Italiens ... Regardez Cimarosa! Dans ses opéras, la partie comique est supérieure au reste. Et la même chose avec Pergolesi. Dans son Stabat, on retrouve un sentiment bien touchant, mais la forme manque de variété ... l'effet est monotone, tandis que dans La serva padrona ... »
- Et pour Paisiello, la célébrité de Pergolesi est plutôt due à sa mort précoce qu'à sa musique.
- Rossini, au contraire, a hésité à composer son Stabat, en soutenant qu'après celui de Pergolesi, personne ne pourrait mettre en musique le texte de Jacopone.
- En 1753, Jean-Jacques Rousseau a publié un pamphlet (Lettre sur la musique française), dans lequel il a monté La Serva padrona en épingle :
« Mais sans insister sur les Duo tragiques, genre de musique dont on n'a pas même l'idée à Paris, je puis vous citer un duo comique qui y est connu de tout le monde, et je le citerai hardiment comme un modèle de chant, d'unité de mélodie, de dialogue et de goût, auquel, selon moi, rien ne manquera, quand il sera bien exécuté, que des auditeurs qui sachent l'entendre : c'est celui du premier acte de la Serva padrona, "Lo conosco a quegl'occhietti". J'avoue que peu de musiciens français sont en état d'en sentir les beautés, et je dirais volontiers du Pergolèse, comme Cicéron disait d'Homère, que c'est déjà avoir fait beaucoup de progrès dans l'art, que de se plaire à sa lecture. »
- Plusieurs années après la disparition de son créateur, à l'occasion d'une représentation de La Serva padrona par la troupe itinérante italienne des Bouffons à Paris le 1er août 1752, la fameuse Querelle des Bouffons s'est déclenchée. Cette célèbre querelle musicale a opposé, au cours des années 1752-1754, les défenseurs de la musique française groupés derrière Jean-Philippe Rameau (coin du Roi) et les partisans d'une ouverture vers d'autres horizons musicaux, réunis autour du philosophe et musicologue Jean-Jacques Rousseau (coin de la Reine), partisans d'italianiser l'opéra français. Cette querelle a marqué le déclin de la tragédie en musique française et l'éclosion de l'opéra comique. Elle a été un grand moment d'ouverture à des valeurs esthétiques nouvelles.
Pergolesi avec les collections musicales de la BCU Riponne (sélection de partitions, CD et DVD)
Autre liens :
- Fondazione Pergolesi Spontini, Jesi
- Partitions libres de Giovanni Battista Pergolesi dans International Music Score Library Project
Frédéric Chopin (1810-1849)
- Le musicien-journaliste Robert Schumann a écrit, dans l'Allgemeine Musikalishe Zeitung du 7 décembre 1831, à propos d'une des premières publications de Chopin sur un thème du Don Giovanni de Mozart, la phrase restée célèbre:
« Chapeau bas, messieurs, un génie » („Hut ab, Ihr Herren, ein Genie“).
- Franz Liszt est l’auteur d’un compte-rendu de la Gazette musicale à propos d’un concert donné par Chopin au printemps 1841 chez Camille Pleyel. Il s’est exprimé ainsi :
« Lundi dernier, à huit heures du soir, les salons de M. Pleyel étaient splendidement éclairés : de nombreux équipages amenaient incessamment, au bas d’un escalier couvert de tapis et parfumé de fleurs, les femmes les plus élégantes, les jeunes gens les plus à la mode, les artistes les plus célèbres (…) Un grand piano à queue était ouvert sur une estrade ; on se pressait autour ; on ambitionnait les places les plus voisines ; à l’avance, on prêtait l’oreille, on se recueillait, on se disait qu’il ne fallait pas perdre un accord, une note, une intention, une pensée de celui qui allait venir s’asseoir là. Et l’on avait raison d’être aussi avide, attentif, religieusement ému, car celui que l’on attendait, que l’on voulait voir, entendre, admirer, applaudir, ce n’était pas seulement un virtuose habile, un pianiste expert dans l’art de faire des notes ; ce n’était pas seulement un artiste de grand renom, c’était tout cela et plus que tout cela, c’était Chopin ».
- Hector Berlioz, suite au concert de Chopin du 4 avril 1835, a écrit dans le journal Rénovateur :
« Chopin, comme exécutant et comme compositeur, est un artiste à part, il n’a pas un point de ressemblance avec un autre musicien de ma connaissance. Malheureusement, il n’y a guère que Chopin lui-même qui puisse jouer sa musique et lui donner ce tour original, cet imprévu qui est un de ses charmes principaux; son exécution est marbrée de mille nuances de mouvement dont il a seul le secret et qu’on ne pourrait indiquer... Il y a des détails incroyables dans ses mazurkas; encore a-t-il trouvé de les rendre doublement intéressantes en les exécutant avec le dernier degré de douceur, au superlatif du piano, les marteaux effleurant les cordes, tellement qu’on est tenté de s’approcher de l’instrument et de prêter l’oreille comme on ferait à un concert de sylphes et de follets[50]. »
- Le critique acerbe François-Joseph Fétis, en réponse au succès du concert de Chopin dans les salons Pleyel du 26 février 1832, a dit:
« Voici un jeune homme qui, s'abandonnant à ses impressions naturelles et ne prenant point de modèle, a trouvé, sinon un renouvellement complet de la musique de piano, au moins une partie de ce qu’on cherche en vain depuis longtemps : une abondance d’idées originales dont le type ne se trouve nulle part. »
Chopin avec les collections musicales de la BCU Riponne (sélection de livres, partitions, CD et DVD).
Visitez également le billet de notre blog Musicosphère consacré à Chopin
Autre liens :
- Partitions libres de Frédéric Chopin dans International Music Score Library Project
- Partitions libres de Chopin et fichiers midi au Projet Mutopia
- 76 compositions de Chopin en fichiers midi
Robert Schumann (1810-1856)
- À Johann Gottfried Kuntsch, organiste de l'église Sainte-Marie de Zwickau, ville natale de Schumann, est confiée la tâche d'initier à l'art musical le futur auteur de la Symphonie Rhénana. Quand en 1830, apprenant que le jeune Robert avait pris la décision de se consacrer à la musique, il l'a félicité chaleureusement par une lettre avec ces derniers mots prophétiques :
« Le monde comptera en vous un artiste de plus et de tout premier rang. Votre art vous vaudra certainement de grands honneurs et l'immortalité. Telle est, mon honorable ami, ma ferme convinction. »
- François-Joseph Fétis, dans sa Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, a écrit:
« Le talent de Schumann a été apprécié de manières très diverses ; à l'exception de quelques amis enthousiastes, il eut peu de partisans, jusqu'à la mort de Mendelssohn. Dans un voyage que je fis, en 1838, visitant une partie de l'Allemagne, je n'entendis parler de lui que comme d'un critique qui n'était pas approuvé. En 1849 et 1850, je ne trouvai aucune sympathie pour ses compositions ; à Vienne, à Prague, à Munich ni à Berlin. Un des biographes allemands de cet artiste s'exprime en termes à peu près équivalents à ceux-ci : "Il fut artiste dans l'âme et l'art seul exista pour lui. Il composait, non par caprice ou par besoin de gagner sa vie, mais parce que la musique était la langue dans laquelle seulement il pouvait exprimer ses sentiments. C'est cette nécessité de confier à ses œuvres toutes ses impressions, de quelque genre qu'elles fussent, qui l'a privé de la clarté qu'exige l'art sérieux…. Schumann était éminemment Allemand par l'idéalisme ; on sent en lui l'influence de Beethoven ; elle se montre dans toutes ses œuvres, et même dans ses plus fugitives improvisations. S'il faut blâmer l'exaltation qui l'emporte souvent en dehors des règles, on ne peut méconnaître l'énergie ni les traits pleins de génie de ses tentatives." Depuis la mort de Schumann, l'opinion des artistes et du public s'est transformée dans l'Allemagne du nord […] à l'égard de ses œuvres ; le nombre de ses admirateurs augmente chaque jour […]. Le contraire se fait remarquer à Paris, à Bruxelles et à Londres ; tous les essais qui on été faits pour y populariser sa musique ont échoué, et les salles de concerts sont désertées lorsqu'on y fait entendre ses grandes compositions. Je pense qu'il y a exagération dans l'enthousiasme comme dans le dédain. [...] Au résumé, il est hors de doute qu'en ce moment (1864) Schumann est placé trop haut dans l'opinion des artistes de sa patrie, et trop bas dans d'autres pays.»
Robert Schumann avec les collections musicales de la BCU (sélection de livres, partitions et CD)
Autres liens :
- L'Association culturelle Robert Schumann, organisateur du festival biennal "Schumanniade" à Kreischa en Allemagne
- Partitions libres de Robert Schumann dans International Music Score Library Project
- Partitions libres de Robert Schumann dans Choral Public Domain Library (ChoralWiki)
- WIMA: Werner Icking Music Archive, partitions gratuites et libres de droits



