| |
| |
|
|
| Fonctions |
|
Ancienne bibliothèque de la Faculté de théologie de l’Eglise évangélique libre du canton de Vaud, elle en conserve le patrimoine, mais son fonds ne croît plus |
| Collections |
|
1. Théologie, à dominante protestante, dont histoire de l’Eglise, bibles, exégèse, théologie pratique (sermons, liturgies, psautiers); histoire, philosophie, langues et littératures; sciences et arts en très faible proportion. - 2. Piétistes, théosophes, mystiques des 17e–18e s. |
1. Historique du fonds
1.1 L’origine de la Bibliothèque des Cèdres est étroitement liée à celle de l’Eglise évangélique libre du canton de Vaud et à sa Faculté de théologie. Si tous trois doivent beaucoup au «Réveil» religieux des années 1820 et à Alexandre Vinet, l’élément déclencheur reste la crise politique et ecclésiastique de 1845. Cette année-là, le nouveau gouvernement radical d’Henri Druey oblige les pasteurs vaudois à lire en chaire une «proclamation» favorable à la nouvelle constitution. De nombreux pasteurs s’opposent à ce mot d’ordre et fondent l’Eglise libre qui tiendra son Synode constituant dès novembre 1846.Trois professeurs ordinaires de l’Académie, sur quatre, démissionnent et créent l’année suivante une Faculté de théologie liée à la nouvelle Eglise.
1.2 Les procès-verbaux du Synode mentionnent pour la première fois la Bibliothèque en séance du 7 juin 1849, lorsque les étudiants demandent «que l’administration de la Bibliothèque soit laissée aux étudiants sous la surveillance générale de la Commission d’études.» La Bibliothèque remonte toutefois aux origines de la Faculté, puisqu’en 1847 elle avait reçu quelque 90 vol. de la veuve d’Alexandre Vinet († 4 mai 1847), ainsi qu’une septantaine de vol. du professeur Johann Jakob Herzog avant son départ pour l’Université de Halle. Le Catalogue des livres inscrits à mesure qu’ils entrent dans la bibliothèque répertorie ces premiers dons, auxquels viendront s’ajouter, au fil des décennies, les livres cédés par d’autres professeurs de la Faculté, par des pasteurs ou autres bienfaiteurs, comme la Société biblique britannique et étrangère qui offrira, en 1852, une vingtaine de Bibles en diverses langues. Les achats ne constitueront jamais qu’une petite partie du développement des collections, en raison des faibles allocations annuelles du Synode: 100 francs en 1850, 200 dès 1855, 300 dès 1860, 500 dès 1905. La Bibliothèque s’efforcera d’accroître ces sommes en vendant ses doublets.
1.3 En juin 1848, la Bibliothèque des étudiants, comme on l’appelait alors, est installée dans la maison dite la Brasserie au Valentin, là où se déroulaient les cours. Un premier règlement, que nous n’avons pas retrouvé, est approuvé par la Commission des études le 7 février 1851. Le 12 mai de l’année suivante, elle obtient une reconnaissance officielle en faisant l’objet de l’article 3e du Règlement de la Faculté de théologie. Suite à quelque désordre, un nouveau règlement est accepté le 25 janvier 1859, selon lequel un professeur est chargé de la surveillance de la Bibliothèque et un étudiant nommé bibliothécaire. La charge de surveillant sera occupée pendant cinq mois par le professeur Rodolphe Clément (†1876), qui annonce le 27 juin 1859 «la confection d’un nouveau catalogue» manuscrit, le plus ancien catalogue systématique qui nous soit parvenu. La Bibliothèque abrite alors plus de 1'860 volumes, tandis qu’elle n’en possédait que 745 en 1852.
1.4 Trop à l’étroit dans ces anciens bâtiments, la Faculté et la Bibliothèque déménagent en 1864 dans leur nouvel immeuble du chemin des Cèdres, inauguré le 24 mai de la même année. La Bibliothèque possède alors environ 3'000 vol., rangés dans une salle trop vaste, sous la surveillance du professeur Samuel Chappuis (qui a succédé à Rodolphe Clément le 27 juin 1859). Lorsqu’en 1869 ce dernier édite le premier catalogue imprimé, accompagné d’un nouveau règlement, la Bibliothèque abrite 8'500 vol. La systématique du catalogue (théologie générale, théologie exégétique, théologie historique, théologie systématique, théologie pratique, philosophie, histoire, littérature, mélanges) est quasi identique à celle adoptée dans le précédent catalogue manuscrit; elle s’appuie sans doute, pour la théologie, sur celle adoptée par l’Encyklopädie und Methodologie der theologischen Wissenschaften (Leipzig 1833) de Karl Rudolf Hagenbach. On est en droit de penser que les livres devaient être classés au rayon suivant ces grandes subdivisions, comme c’est le cas aujourd’hui.
1.5 Suite à la mort du professeur Chappuis le 3 avril 1870, la Bibliothèque reçoit plus de 5'000 vol. concernant le protestantisme français aux 16e et 17e s., ainsi que quelques incunables. En 1873, la Bibliothèque acquiert les livres du pasteur Louis Burnier, dont environ 140 vol. ayant trait à l’éducation, puis, en juin 1874, ceux de Daniel Petillet, libraire et disciple du pasteur Jean-Philippe Dutoit-Membrini. Ce dernier don comporte, entre autres, quelque 2'000 vol. relatifs aux mystiques, théosophes et illuminés des 17e et 18e s., ce qui constitue une des spécificités de la Bibliothèque des Cèdres. Tous ces dons ont fait l’objet d’inventaires séparés.
1.6 L’accroissement continu des fonds oblige la Commission des études à créer en 1874 un véritable poste de bibliothécaire, attribué dans un premier temps à l’ancien libraire Ernest Chavannes (†1895). Ce dernier rédige un nouveau règlement (manuscrit) approuvé par la Commission en novembre 1874, dans lequel est mis en avant le nouveau rôle du bibliothécaire (aux dépens partiels des étudiants). Chavannes se voit confié le soin de plus de 16'000 vol. que les locaux d’alors ne peuvent contenir. Profitant d’un legs de Gabriel Rumine de 100'000 francs à la Faculté libre (en 1872), la Bibliothèque se dote d’une annexe accolée au nord du bâtiment primitif, utilisable dès le printemps 1876. La même année, elle reçoit environ 300 vol. de théologie et d’exégèse du professeur Rodolphe Clément; puis, en 1885, 1'200 vol. et des centaines de brochures de Louis Vulliemin sur l’histoire en général et l’histoire suisse en particulier. La Bibliothèque possède alors plus de 20’000 vol.
1.7 Un tel accroissement des fonds rend l’impression d’un nouveau catalogue indispensable, pour remplacer ceux rédigés par Chavannes en 1879 et en 1889. En mai 1884, le Synode accorde 3'000 francs pour mener à bien cette entreprise. Il faudra toutefois attendre plus de dix ans avant que ne débute en 1895 l’édition. La nomination du pasteur Charles Monastier-Gonin au poste de bibliothécaire en 1893 avait permis d’en accélérer la rédaction. A la fin 1898, le catalogue systématique est imprimé, mais pas encore distribué à large échelle, car il est nécessaire d’y ajouter un supplément pour intégrer les livres acquis depuis le début de son élaboration. André Langie, premier bibliothécaire de carrière engagé en 1903, participe activement à l’élaboration de ce supplément imprimé en 1905 (c’est alors seulement que l’on diffuse l’ensemble des deux parties en un vol.) et à l’impression du Répertoire alphabétique de 1907.
1.8 La période de l’édition du catalogue correspond à des années fécondes pour la Bibliothèque, marquées par la présence du professeur Auguste Bernus qui fonctionne comme surveillant de 1891 à 1904. Après sa mort (31 mars 1904), une souscription permet à la Bibliothèque d’acquérir quelque 1'000 vol. du professeur, «relatifs surtout à l’histoire de l’Eglise catholique au XIXe siècle» (Meyhoffer, p. 5), en plus des nombreux volumes cédés par Bernus de son vivant. C’est aussi durant cette période que la Bibliothèque achète (en 1901), suite à une souscription, 1'700 vol. de la bibliothèque d’Aimé Herminjard: un apport des plus importants sur l’histoire du protestantisme français, dont plusieurs incunables et ouvrages rares du 16e s. Au début du siècle (1905), la Bibliothèque abrite plus de 40'000 vol., parmi lesquels il faut compter plus de 1'900 thèses des facultés de Paris, Montauban, Montpellier, Strasbourg, Genève, Lausanne (Eglise libre), la plupart publiées entre 1880 et 1910; ces thèses ont d’abord fait l’objet, de 1874 à 1897, d’un catalogue manuscrit séparé, puis ont été inscrites dans le grand catalogue imprimé interfolié.
1.9 Dans les années 1920 et 1930, la Bibliothèque des Cèdres bénéficie de legs importants de plusieurs professeurs. Il convient de mentionner celui de Lucien Gautier, mort en 1924, qui fit don de centaines de volumes de brochures concernant l’Ancien Testament et les études palestiniennes, ainsi que la grande édition de Weimar des oeuvres de Luther commencée en 1883. A la mort de René Guisan en 1934, elle entre en possession de ses livres, un fonds constitué d’oeuvres récentes touchant tous les domaines de la théologie. Une souscription permet d’acheter la bibliothèque de Philippe Bridel, mort en 1936, constituée essentiellement d’ouvrages de philosophie (histoire et oeuvres). Le don d’Auguste Gampert mort en 1936 fournit de nouveaux livres concernant l’Ancien Testament, complétant ainsi ceux légués par Lucien Gautier. On peut aussi mentionner les dons des pasteurs Louis Monastier-Schroeder (hymnes et liturgie), Henry Lehr (jansénisme et jésuite) et du prof. Carl Eschmann-Dumur (musique, musiciens). Des ex-libris permettent de retrouver les noms des principaux donateurs. Ces nouvelles acquisitions, plus de 13’000 vol., incitent Jean Meyhoffer à aménager une nouvelle salle pour les accueillir. En 1941, la Bibliothèque compte quelque 80'000 vol., dont plus de 3'400 thèses. En 1943, l’ensemble du fonds est (re)catalogué sur fiches (fichier alphabétique auteurs et fichier systématique); l’opération avait débuté en 1936, à l’arrivée de Meyhoffer.
1.10 Suite à la fusion de l’Eglise nationale et de l’Eglise libre en 1966, la Faculté de théologie de l’Eglise libre ferme ses portes. Sa Bibliothèque est rattachée officiellement à la Bibliothèque cantonale et universitaire au début de l’année suivante. Elle prendra le nom de Bibliothèque des Pasteurs puis, dès 1981, de Bibliothèque des Cèdres. Depuis 1982, suite à la réorganisation de la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU) en quatre sites, la Bibliothèque des Cèdres devient un de ces sites et est rattachée à la BCU-Riponne pour les questions administratives.
1.11 La fusion entraîne aussi des mouvements de livres. En 1966–1967, les manuscrits, dont ceux d’Alexandre Vinet, les incunables (une vingtaine) et les livres du 16e s. sont transférés à la BCU-Riponne; plus tard, ils seront déposés au département des manuscrits et à la réserve précieuse de la BCU-Dorigny; il s’agit de quelque 2'000 titres qui n’apparaissent donc pas dans la description du fonds des Cèdres. Dans les années 1980, la grande partie (4/5) des ouvrages de sciences et arts (cote S&A) et la moitié de langues et littératures (cote L&L) sont relogés soit à Dorigny (L&L), soit à la Riponne (S&A et L&L); en novembre 2000, les cotes L&L de la Riponne sont à leur tour transférées à Dorigny; ces derniers transferts (S&A et L&L) concernent quelque 2'500 titres considérés comme faisant encore partie du fonds des Cèdres, donc comptabilisés dans notre statistique. En 1989, suite à des dégâts d’eau dans les combles des Cèdres, les 4'000 premiers ouvrages de théologie exégétique (cote TE) sont déplacés à Dorigny; depuis, une petite partie a regagné les Cèdres; tous ces TE ont aussi été pris en compte dans notre statistique. Il en va de même pour les quelque 20'000 vol. temporairement stockés à Dorigny (2009) dans le cadre de l’opération de numérisation des ouvrages antérieurs à 1870 conservés par la BCU (le retour de ces ouvrages aux Cèdres n’est pas envisagé).
1.12 Depuis l’édition du Catalogue de 1905 et jusqu'à l’informatisation de la Bibliothèque à l’aide de l’ancien système SIBIL en 1988, les nouvelles acquisitions ont été inscrites dans un exemplaire du Catalogue systématique interfolié, éclaté en sept volumes et dans les fichiers. Aucun catalogue ne sera imprimé durant cette période. En 1997, la Bibliothèque migre sur le système VTLS (VIRTUA depuis 2000–2001), en même temps que les autres établissements vaudois du Réseau des Bibliothèques de Suisse occidentale (RERO). Une opération de rattrapage menée en 2007 a permis d’intégrer la totalité du fichier auteurs des Cèdres au catalogue du RERO, si bien que désormais tous les livres de la Bibliothèque des Cèdres y sont signalés. Le fonds a toutefois cessé de croître au début des années 2000.
2. Description du fonds
2.1 Comme la présente enquête a été réalisée avant l’informatisation du catalogue sur fiches, le dénombrement des livres a été effectué durant l’année 2000 à partir du Catalogue imprimé de 1905, en tenant compte des ajouts manuscrits inscrits dans l’exemplaire interfolié de ce même catalogue. Le comptage des livres de langues et littératures (cote L&L) et ceux de sciences et arts (cote S&A) a toutefois été effectué directement au rayon. Nous avons compté le nombre de titres, en étant conscients des erreurs qu’une telle opération peut générer, d’où le principe d’arrondir le plus souvent à la dizaine. Le Catalogue imprimé et les ajouts manuscrits comportent un certain nombre de titres sans date (environ 680 dans le Catalogue) que nous n’avons pas pris en compte pour la description du fonds.
2.2 Le nombre total de titres ou de volumes n’est pas connu avec précision: une étude de 1987 comptabilise environ 150'000 volumes, un rapport interne de 1991 près de 84'000 unités bibliographiques. Le nombre total de périodiques vivants en 1989 se chiffrait à 296 titres. D’après notre comptage, le nombre de titres antérieurs à 1901 s’élève à un peu plus de 42'100 (brochures et périodiques compris): 15'800 ’800 dans le Catalogue imprimé de 1898, 5'540 dans le supplément de 1905 et 16’150 dans les ajouts manuscrits. Suite aux transferts évoqués ci-dessus, les ouvrages les plus anciens ne remontent qu’au 17e s.; on en compte un peu plus de 4'020 (10%). 6'800 titres (16%) sont du 18e s. Près des trois quarts des ouvrages (74%) sont du 19e s., soit quelque 31'280 titres.
2.3 65% des livres sont en français, soit 27'400 titres (17e s.: 2'430, 18e s.: 4'020, 19e s.: 20'950). Parmi les langues étrangères, l’allemand est la mieux représentée avec 8'240 titres (19,5%), puis viennent les ouvrages en latin, 3'160 titres (7,5%), et en anglais, 2'220 titres (5,3%). Le reste se répartit entre le grec (380 titres ou 0,9%), l’italien (230 titres ou 0,5%) et diverses autres langues (480 titres ou 1,1%) comme le néerlandais, le suédois, le russe, l’hébreu, l’arabe, certains idiomes africains tel le gwamba, le ronga, le tsonga, le sessouto, le kabyle. Ces derniers ouvrages concernent des Nouveaux Testaments, cantiques, chants d’école, catéchismes, dictionnaires, grammaires édités à la fin du 19e s. pour les besoins des Missions des Eglises évangéliques libres de Suisse romande.
2.4 La systématique et l'ordre retenus pour l'analyse du fonds ancien se fondent sur le classement du Catalogue systématique de 1905. Plus de la moitié des titres (58%) relève des différentes branches de la théologie (24'540 titres). L'histoire et les biographies sont aussi bien représentées (9'350 titres ou 22%); la philosophie (3'760 titres) l'est dans une proportion moindre, tout comme les langues et littératures (3'370 titres). Le solde restant concerne les sciences et arts (1'030 titres).
2.5 Quelque 1'600 titres concernent la théologie en général. 130 titres sont du 17e s., 490 du 18e s. et 970 du 19e s. Un tiers est en latin (560 titres), un tiers en français (520 titres). On y trouve des encyclopédies, des oeuvres des Pères de l'Eglise et des théologiens qui leur ont succédé, comme Luther, Zwingli, Calvin, Melanchthon, les réformateurs anglais, le plus souvent dans des éditions du 19e s. Les périodiques spécialisés étant classés dans les différents domaines, la section abrite 290 titres à caractère général, pas toujours complets, la plupart nés au 19e s., non seulement en français (150 titres), mais aussi en allemand (85 titres, dont 6 du 18e s.), en anglais (40 titres) et en italien (8 titres). Trois des six périodiques allemands du 18e s. ont été édités par Johann Caspar Lavater.
2.6 Près de 5'400 titres relèvent de la théologie exégétique. 520 sont du 17e s., 700 du 18e s. et 4'170 du 19e s. 40% sont en français (2'180 titres), 29% en allemand (1'560 titres), 14% en latin (760 titres). Ce grand ensemble d'ouvrages comprend tout d'abord les textes de l'Ecriture sainte (Bibles, Anciens et Nouveaux Testaments) dans différentes versions et dans différentes langues. On y trouve plus de 220 Bibles. 37 sont du 17e s., dont les 8 vol. de la Saincte Bible de Jacques Corbin (Paris 1643), 57 du 18e s., comme la Biblia sacra éditée par François Grasset (Anvers, en fait Lausanne, 1758). Parmi les 130 Bibles du 19e s., plusieurs sont des traductions dans des langues aussi diverses que le syriaque, l'arabe, l'arménien, l'hébreu, le gaélique, le breton, le hollandais, le danois, le suédois, le polonais, le hongrois, le bohémien, le chinois, le malais (caractère arabe), le romanche. Il en va de même pour les Nouveaux Testaments du 19e s., traduits en langue des Esquimaux du Labrador, en sessouto, en tsonga, en gwamba, en langue tahitienne, en lithuanien, en serbe, en tchèque, en persan. A signaler aussi le Nouveau Testament dit de Mons, en 2 vol., imprimé à Amsterdam chez Daniel Elzevier en 1667. On trouve encore environ 170 psautiers, dont Les pseaumes de David (Grenoble 1661). Cette section renferme aussi les outils nécessaires à l'analyse des textes, à savoir les concordances, les dictionnaires analytiques, les dictionnaires de langues, les grammaires (dont 250 pour la langue hébraïque), les dictionnaires bibliques, les ouvrages relatifs à l'archéologie et à l'histoire bibliques et des livres d'introduction à l'Ecriture sainte. Les commentaires à proprement parler de l'Ecriture sainte se montent à un peu plus de 1'460 titres (près de 30% des titres de théologie exégétique), dont 140 sont du 17e s., 200 du 18e s. et 1'120 du 19e s., autant en allemand (520 titres) qu'en français (525 titres). Finalement, apparaissent les ouvrages de "théologie biblique" et quelques mélanges.
2.7 La théologie historique est riche de quelque 6'460 titres: 950 du 17e s., 880 du 18e s. et 4'630 du 19e s. 69% sont en français (4'460 titres), 18% en allemand (1'190 titres), 6% en anglais (400 titres), 5,5% en latin (360 titres). Ces ouvrages concernent l'histoire de l'Eglise (depuis les origines et dans différents pays), l'histoire de la propagation du christianisme (missions), l'histoire intérieure de l'Eglise, l'histoire des dogmes, des hérésies, etc. On mentionnera par exemple l'Histoire du glorieux sainct Sigismond martyr (Sion 1666) ou le Bref de suppression de la ci-devant dite Compagnie de Jésus (Neuchâtel 1773). Parmi les domaines les plus fortement représentés, on trouve près de 960 titres (15%) liés aux diverses polémiques, surtout entre catholiques et protestants (400 du 17e s., 110 du 18e s. et 440 du 19e s.), essentiellement en français (83%), dont les auteurs les plus prolifiques sont François Veron, Pierre Nicole, Jacques-Bénigne Bossuet, David-Augustin de Brueys, Pierre Du Moulin, Charles Drelincourt, Jean Daillé, Pierre Jurieu, Antoine Serre (La morale des calvinistes; Douze demandes faites aux ministres de la R.P.R. assemblez au Synode tenu à Charenton [en] 1679, Paris 1680; Table de passages choisis tirez des saintes écritures, Paris 1698). Un fonds d'environ 750 titres (11,5%) se rattache à l'histoire ecclésiastique de la France protestante (17e s.: 100, 18e s.: 100, 19e s.: 550), comme par exemple Les soupirs de la France esclave qui aspire à la liberté (Amsterdam 1689).
2.8 Quelque 3'530 titres relèvent de la théologie systématique, apologétique (env. 15%), dogmatique (env. 50%) et morale (env. 15%) comprises. 400 sont du 17e s., 770 du 18e s. et 2'360 du 19e s. 62% en français (2'180 titres), 25% en allemand (870 titres), 7% en latin (250 titres), 6% en anglais (210 titres). Cette section abrite un riche fonds de près de 400 titres liés aux théosophes et illuminés, répartis comme suit: 66 du 17e s., 210 du 18e s. et 120 du 19e s.; l'allemand domine avec 64% des titres (260), contre 30% pour le français (120). On y trouve entre autres des oeuvres, très souvent des premières éditions, de Valentin Weigel (8 titres, dont Ein nützliches Tractätlein vom Ort der Welt, Halle 1613), Hendrik Jansen (9 titres dont ceux de l'édition allemande de 1687), Jacob Böhme, Christian Hohburg (5 titres), Quirinus Kuhlmann (5 titres, dont Prodromus quinquennii mirabilis, Leyde 1674), Friedrich Breckling (3 titres, dont Mysterium iniquitatis, [s.l.] 1662), Thomas Bromley (6 titres traduits en allemand), Jane Lead (14 titres traduits en allemand), Johannes Pordage (4 titres traduits en allemand, dont Sophia, Amsterdam 1699), Balthasar Koepke (4 titres), Johann Conrad Dippel (5 titres), Johann Tennhardt (7 titres), Johann Wilhelm Petersen, Johannes Kayser (5 titres), Victor Christoph Tuchtfeldt (5 titres, dont Das [sic] endliche Berichte der grossen und kleinen heutigen Religionen, [s.l.] 1724), Charles-Hector de Marsay (9 titres), Louis-Claude de Saint-Martin (plus de 10 titres), Jean-Philippe Dutoit-Membrini, Pierre Fournier (Ce que nous avons été, ce que nous sommes et ce que nous deviendrons, Londres 1801).
2.9 Notre comptage a montré que les ouvrages de théologie pratique sont les plus nombreux du fonds ancien, avec quelque 7'750 titres répartis à raison de 930 titres pour le 17e siècle, 1'270 pour le 18e et 5'550 pour le 19e. Un peu plus de 17% (1'340) des titres sont en allemand, 6% en anglais (460), près de 73% en français (5'640). A côté de livres d'ecclésiologie, de liturgique, d'homilétique et d'hymnologie (Recueil de cantiques à l'usage des assemblées de prières en faveur des missions évangéliques, [Lausanne ?] 1828), une part importante des ouvrages, soit 2'670 titres (34%), concernent des homélies et sermons protestants: 460 sont du 17e s., 350 du 18e s. et 1'860 du 19e s.; près de 13% de ces sermons sont en allemand (340 titres), 6% en anglais (160 titres), l'essentiel du reste étant en français (2'140 titres, soit 80%). A relever aussi la présence de plus de 500 catéchismes protestants en français et en allemand. Parmi les "ouvrages d'édification", on signalera surtout un ensemble d'oeuvres de mystiques (350 titres) du 17e s. (105 titres), 18e s. (130 titres) et 19e s. (115 titres), surtout en français (250 titres ou 71%), dans une moindre mesure en allemand (74 titres) et en latin (27 titres), comme par exemple des oeuvres de Jean de Saint-Samson (5 titres), Jean-Baptiste de Saint Jure (4 titres), Jean-Joseph Surin (7 titres), Jean-Jacques Olier (3 titres), Jean de Labadie (plus de 8 titres, dont La pratique de l'oraison et méditation chrétienne, Genève 1660), Giovanni Bona (5 titres traduits en français et un en allemand), Pierre Poiret (10 titres, dont Die Reinigung der Seelen, vor oder nach dem Tode, s.l. 1711 et plus de 10 publications comme éditeur), Jeanne-Marie Bouvier de la Motte Guyon (23 titres, dont certains traduits en allemand comme Poetischer Versuch einiger geistlichen Gesänge, s.l. 1744-1764), Gerhard Tersteegen (13 titres), Franz Karl von Eckartshausen (plus de 15 titres). A relever encore la présence exceptionnelle d'oeuvres de mystiques jésuites espagnols (Meyhoffer, p. 2-3), comme celles de Luis de la Puente (une œuvre en latin et 2 traductions françaises, dont Très-excellentes méditations sur tous les mystères de la foy, Lyon 1625, 2 vol.).
2.10 Quelque 3'760 titres relèvent de la philosophie, anthropologie, psychologie et morale comprises. 190 sont du 17e s., 560 du 18e s. et 3'010 du 19e s. 18% des titres sont en allemand (680), 75% en français (2'810). Près du quart (23%) des ouvrages concernent l'histoire de la philosophie (860 titres), dont 31% sont en allemand (260 titres) et 90% du 19e s. Ces 3'760 ouvrages comprennent aussi 815 titres liés aux sciences sociales et juridiques, surtout du 19e s. et surtout en français (710 titres ou 87% dans les deux cas) et 460 titres en rapport avec l'éducation, dont 390 (84%) en français. Parmi les livres les plus anciens: Antonio de Guevara Mespris de la cour et louange de la vie rustique ([Genève] 1605). On peut aussi relever deux textes de Jean Astruc Dissertation sur l'immatérialité et l'immortalité de l'âme et Dissertation sur la liberté (Paris 1755), ou encore Elémens du droit naturel de Jean-Jacques Burlamaqui (Lausanne 1775).
2.11 Histoire et biographies forment un ensemble de près de 9'350 titres. Les quelque 3'120 biographies et recueils de lettres se répartissent de la façon suivante: 90 pour le 17e s., 240 pour le 18e s. et 2'790 pour le 19e s. 690 sont en allemand (22% des biographies), 140 en anglais, la grande majorité du reste en français (2'190 titres ou 70%). On y trouve des biographies de théologiens (La vie du père Paul de l'ordre des serfs de la Vierge, Venise 1665), mais aussi de quelques musiciens ou écrivains. 6'220 titres concernent l'histoire (géographie comprise); 390 sont du 17e s., 810 du 18e s. et 5'020 du 19e s. 18% de ces titres sont en allemand (1'120); la part des titres en latin et en anglais est identique: un peu plus de 4% chacun. 32% des ouvrages d'histoire concernent l'histoire suisse (un peu moins de 2'000 titres), parmi ceux-ci 20% sont en allemand (près de 400 titres), comme par exemple la Schweytzer Chronick de Johannes Stumpf (Zürich 1606). Un peu moins de 1'000 titres concernent l'histoire de la France (dont 90 du 17e s. et 150 du 18e s.), 550 l'histoire ancienne, 480 l'histoire des religions.
2.12 Quelque 3'370 titres concernent les langues et littératures (catalogues de bibliothèques compris), dont un peu moins de 1'650 sont en dépôt à la BCU-Dorigny. 420 sont du 17e s., 1'000 du 18e s. et 1'940 du 19e s. Après les ouvrages en français, ceux en latin sont les plus nombreux (610 titres ou 18%), ce qui donne une part importante de classiques de la littérature grecque et latine dans des éditions des 17e et 18e s., mais aussi des oeuvres de la littérature française comme Les amours de Psiche et de Cupidon de Jean de La Fontaine (Paris 1669), les Lettres de deux amans de Jean-Jacques Rousseau (3 vol., Amsterdam 1761), La Henriade de Voltaire (Londres 1728), ou la Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise de Paul Pellisson-Fontanier (Paris 1653).
2.13 Le domaine sciences et arts ne compte que 1'030 titres, dont 800 titres sont en dépôt à la BCU-Riponne. 37 sont du 17e s., 150 du 18e s. et 840 du 19e s. 200 titres sont en allemand (près de 20%). On y trouve des ouvrages en rapport avec les mathématiques (Charles Louis Dumont Nouvelle & très-facile pratique d'arithmétique, Berne 1736), les sciences naturelles (Noël-Antoine Pluche Le spectacle de la nature, 9 vol., Paris 1749–1756), les sciences occultes (Les prophéties de Michel Nostradamus, Lyon [1644?]), la médecine (Auguste Tissot, Avis au peuple sur sa santé, Lausanne 1761), l'astronomie (Galilée, Systema cosmicum, Londres 1663).
3. Catalogues
Catalogue du Réseau vaudois [tout le fonds s’y trouve catalogué]
Catalogue systématique [sur fiches; d'après la systématique du catalogue imprimé de 1905; n'est plus alimenté depuis 1988]
Fichier péricopes bibliques [dépouillement des principaux périodiques des années 1950 à 1995]
Fichier matières Revues [dépouillement des principaux périodiques des années 1950 à 1995]
Catalogue des livres inscrits à mesure qu'ils entrent dans la Bibliothèque de la faculté libre de théologie, N° 1 1847–1850 [liste manuscrite des premiers ouvrages entrés à la Bibliothèque; suivent les registres d'entrée pour les années 1865–1875, 1875–1898 et suivantes]
Catalogue de la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du Canton de Vaud [1858/59–1869, ms., systématique]
Catalogue de la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud. Lausanne 1869 [systématique; il existe deux exemplaires interfoliés, de format différent, de ce premier catalogue imprimé, avec ajouts mss]
Catalogue de la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud. 2 vol. 1879 [ms, systématique, par Ernest Chavannes; ce catalogue est accompagné d'une Table alphabétique des auteurs et des ouvrages anonymes, manuscrite en 2 vol.]
Catalogue de la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud. 3 vol. 1889 [ms., systématique, par Ernest Chavannes]
Catalogue de la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud. Lausanne 1905 [systématique, deux livraisons en un vol.; il existe un exemplaire en 7 vol. interfoliés, accompagnés de 5 petits classeurs, avec ajouts mss des livres entrés entre 1905 et 1988]
Répertoire alphabétique des livres de la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud. Lausanne 1907 [alphabétique auteurs, titres anonymes; il existe un exemplaire en 3 vol. interfoliés avec ajouts mss des livres entrés entre 1905 et 1988]
Registres par cotes matières [14 vol. mss, numerus currens, abandonnés en 1988]
Catalogue alphabétique auteurs, titres anonymes [sur fiches; gelé en 1988]
Catalogue des doublets de la Bibliothèque de la faculté de théologie de l'Eglise libre du canton de Vaud qui sont en vente aux prix marqués [1871, autographié]
Catalogue des livres donnés par Madame Noir-Petilliet et de la bibliothèque d'éducation de Mr le pasteur L. Burnier [après 1874, ms.]
Bibliothèque de la faculté de théologie de l'église libre du canton de Vaud. Index des livres légués par S. Chappuis [1874, par Le Coultre, ms., alphabétique auteurs, titres anonymes; un autre catalogue manuscrit, systématique, accompagné d'une Table alphabétique est déposé aux départements des manuscrits de la BCU/Dorigny]
Catalogue des thèses théologiques de la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise libre vaudoise. 1874 [ms., systématique, abandonné à la fin 1897]
Catalogue des incunables de la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud [ms., dressé par André Langie en 1911]
4. Sources
Une partie des archives de la Bibliothèque est conservée dans la grande armoire de la "Salle Chavannes"; on y trouve, entre autres, les rapports annuels depuis 1935. Les archives de la Commission des études sont encore conservées dans le bâtiments des Cèdres; voir surtout les procès-verbaux des séances de cette Commission (1847–1966). Les archives de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud sont déposées aux Archives cantonales vaudoises, sous la cote PP 516; voir surtout les procès-verbaux des synodes (PP 516/139–153) et les rapports de la Commission des études (PP 516/491–493).
Langie, André: Mon chant du cygne. 2 cahiers. 1945 [déposés au département des manuscrits de la BCU-Dorigny, TH 6827/2]
Bernus, Henri: Bibliophiles d'il y a cinquante ans. In: Gutenbergmuseum 10 (1924), n° 1, p. 10–12 [sur Auguste Bernus]
Cart, Jacques: Histoire des cinquante premières années de l'Eglise évangélique libre du Canton de Vaud. Lausanne 1897 [sur la Bibliothèque p. 73–74, 121, 229–231, 241–243]
De l'Académie à l'Université de Lausanne, 1537–1987. 450 ans d'histoire. Lausanne 1987
Faculté de théologie de l'Eglise libre du canton de Vaud. Séance commémorative de son installation dans le bâtiment du Maupas en 1864, 10 octobre 1889. Lausanne 1889 [sur la Bibliothèque p. 17–18]
Faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud, Lausanne chemin de Cèdres. Lausanne [1923?] [sur la Bibliothèque p. 5–6]
Vautier, Armand: Notice historique sur la Bibliothèque de la faculté de théologie de l'Eglise libre du canton de Vaud. In: Catalogue de la Bibliothèque de la faculté de théologie de l'Eglise évangélique libre du canton de Vaud. Lausanne 1905, p. V–XII
Vautier, Edouard: La Maison des Cèdres. Faculté de théologie de l'Eglise libre vaudoise. Neuchâtel 1935 [sur la Bibliothèque p. 156–161]
5. Publications
Baumgartner, Lina: Inventaire et catalogage des périodiques vivants de la Bibliothèque des Cèdres. Introduction et rapport de travail. Lausanne 1989 [travail de diplôme ABS, dactyl.]
Meyhoffer, Jean: La Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise libre du Canton de Vaud. Quelques-unes de ses raretés. In: Nouvelles [de l']Association des bibliothécaires suisses 17 (1941), n° 2, p. 21–44
Schilt, Françoise: Autour de Jean-Philippe Dutoit-Membrini, ministre vaudois (1721–1793). Introduction et rapport de travail. Lausanne 1989 [travail de diplôme ABS, dactyl.]
Jean-Luc Rouiller, avec la collaboration de Mohamed Slim Ben Younes pour l’inventaire (Janvier 2010).
|