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Prix de l'Université de Lausanne 2008

Dies academicus 2008: Heidi Diggelmann reçoit le Prix de l'Université de Lausanne

Concilier recherche et vie familiale

Heidi Diggelmann, pouvez-vous décrire votre parcours professionnel?

J'ai 72 ans, je suis médecin de formation et professeure honoraire de l'Université de Lausanne. Spécialiste de la recherche virale, j'ai dirigé l'Institut de microbiologie à l'UNIL, avant de présider le Conseil de la recherche du Fonds national suisse.

Votre plus grand accomplissement à la tête du Fonds national suisse de la recherche scientifique?

Les pôles de recherche ont beaucoup fait bouger les scientifiques et les universités. Les professeurs boursiers, payés par le FNS et bénéficiant d'une grande autonomie, nourrissent la relève universitaire. Ces professeurs disposent de fonds et peuvent constituer une équipe: ils ne sont plus sous la tutelle de professeurs installés.

Quelle est selon vous la question prioritaire pour vos successeurs?

Il faut favoriser l'interdisciplinarité et encourager les recherches originales se développant à l'interface des différentes disciplines scientifiques. Hélas, l'évaluation de tels projets est délicate.

Que penser de la présence très remarquée ces temps de professeurs étrangers en Suisse?

Cela fait partie de la vie universitaire et je n'y vois pas de problème particulier. En revanche, nous pouvons constater des vitesses variables de formation entre universités suisses et européennes, dans les sciences humaines notamment. A âge égal, certains candidats étrangers ont davantage de publications et d'expérience que les candidats locaux. J'ai rencontré des chercheurs conscients de se trouver dans une impasse à près de 40 ans. Ils avaient perdu du temps à accomplir des tâches non valorisées pour l'obtention d'un poste professoral. Je défends le «mentoring» non seulement pour les femmes mais pour tous les jeunes.

Pour les femmes, plus précisément, qu'avez-vous fait?

Nous avons amélioré la représentation des femmes à tous les niveaux, sans compromis sur le plan de la qualité. Nous avons aussi voulu créer des conditions pour faciliter recherche et vie familiale. Plutôt que de mettre l'accent sur la réinsertion, le but est de permettre aux femmes de ne pas quitter leur carrière universitaire. Par exemple, certaines boursières obtiennent un complément de salaire pour les frais de garde des enfants.

Quelles sont vos activités en ce moment?

Je donne mon avis sur des projets et stratégies de recherche en Allemagne et en Autriche, au sein de grandes institutions académiques et organisations de promotion de la recherche. En Suisse, je suis active dans certaines fondations privées. Les institutions publiques, comme vous le savez, connaissent souvent une limite d'âge. Je pense que c'est bien de laisser la place aux plus jeunes, mais il ne faudrait pas se priver non plus de certaines compétences utiles.

 


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Dies08 - Heidi Diggelmann
Prof. Heidi Diggelmann, présidente du Conseil de la recherche du Fonds national suisse entre 1997 et 2004
photo: ©Susi Lindig


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