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Santé sexuelle et reproductive

(sous la responsabilité de Marie Santiago Delefosse)

La santé sexuelle et Reproductive fait l'objet d'une nouvelle définition et d'un intérêt croissant au sein de l'OMS. En effet, les enjeux de cette définition touchent toutes les populations et les femmes en particulier.

Depuis 1987, nous travaillons sur la thématique des procréations médicalement assistées. Si un certain nombre de recherches ont déjà été conduites sur cette question, on ne peut qu'être étonnés, plus de trente ans après le premier bébé éprouvette, de constater les lacunes existantes quant à la connaissance de la relation du couple durant ces procréations. Les femmes ont été principalement interrogées sur leur vécu et leur désir d'enfant. Les hommes sont peu présents dans les recherches. De plus, peu de recherches sur les arrêts de ces demandes d'enfant, et encore moins de suivis longitudinaux des relations de couples, affectives et sexuelles ont été menées.

Depuis 2005, notre équipe s'intéresse à une seconde thématique. Si des interrogations sur les systèmes de prévention des maladies sexuellement transmissibles (MST) et le Sida sont nombreuses (Santiago Delefosse, 1998, 2001), peu d'études s'intéressent aux représentations et prises en charge de la sexualité par les acteurs de santé (médecins généralistes, gynécologues, etc.).

 

Christine Bruchez, chercheuse FNS et doctorante sous la direction de Marie Santiago Delefosse, effectue une étude du vécu de médecins gynécologues face aux demandes d'interruption de grossesse. Pratiquer des IVG est un acte potentiellement difficile pour les soignants et qui peut les confronter à diverses difficultés, et la manière dont ils vivent ces situations est encore peu étudiée. Comme les institutions sont tenues d'effectuer les IVG et que la loi ne prévoit pas de « clause de conscience », les éventuels conflits de conscience chez les praticiens se règlent en interne. Le choix de pratiquer ou non des IVG semble plus aisé en pratique privée. D'autre part, la prévention de l'avortement passe essentiellement par la promotion de la contraception ; toutefois on connaît mal l'implication des médecins dans la prescription de contraceptifs, et seules quelques études exploratoires ont été menées à ce jour. La recherche portera donc également sur les pratiques des gynécologues en matière de prévention des IVG.

Angélick Schweizer, assistante diplômée et doctorante sous la direction de Marie Santiago Delefosse, s’intéresse à la manière dont les gynécologues intégrent ou non la sexualité en consultation. En Suisse, dès les années 2000, l’Office Fédéral de la Santé Publique a recommandé aux médecins de premier recours, dont les gynécologues, d’aborder activement la sexualité en consultation, en raison notamment de l’augmentation des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) asymptomatiques. Ce type d’infections, tel que le chlamydia, responsable de nombreux problèmes d’infertilité chez la femme, est difficilement détectable sur la base de symptômes. C’est pourquoi, afin d’améliorer le dépistage de ce type d’affections, plusieurs organismes de santé suggèrent que les médecins interrogent leurs patientes sur leurs comportements sexuels. Or, bon nombre d’études relèvent que moins d’un médecin sur deux intègrerait des questions relatives à la sexualité lors de l’anamnèse. Du côté des patientes, plusieurs études menées dans des services de gynécologie montrent que la majorité d’entre elles souhaiteraient être interrogées à propos de leur vie sexuelle, mais qu’elles n’oseraient pas initier elles-mêmes la discussion à ce propos (Berman et al., 2003).  Cette thèse vise, à l’aide de méthodes mixtes, à comprendre quels sont les facteurs menant à ces discordances au sein de la relation gynécologue patiente. Elle propose d’une part d’étudier en profondeur, par des entretiens semi-structurés, les perceptions des gynécologues sur la manière d’introduire ou non la sexualité en consultation et d’autre part d’appréhender, par des focus groupes et un questionnaire le vécu, les attentes et les besoins des femmes en matière de sexualité en consultation gynécologique. Cette recherche présentera des propositions d’amélioration du système de soin suisse.

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