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Edition 2008

Cours de formation continue 2008 | Informations pratiques
 

Cours de formation continue 2008

LA THEORIE DU CINEMA AU SERVICE DE L'ENSEIGNEMENT

Septembre 2008

Responsable de la formation : Alain Boillat (maître-assistant)

Pour tout contact: Alain.Boillat@unil.ch

 

Vendredi 5 septembre 2008

Journée d'introduction

Ce cours général présente les différents niveaux et paramètres de l'analyse du film, qu'il s'agisse des aspects de la mise en scène ou du montage, de l'utilisation du son et d'options au niveau du cadrage, de la profondeur de champ, etc. Les notions, dont l'explication prépare au suivi des cours spécifiques des modules (voir ci-dessous), seront commentées en rapport avec l'histoire du média (et des principaux discours qu'il a suscités) et dans leurs implications esthétiques et idéologiques. De nombreux exemples permettront d'illustrer les principes d'une analyse de l'organisation discursive d'un film à partir d'un bref extrait, et de pointer les aspects auxquels il peut être important de sensibiliser des étudiants.

Intervenant : Alain Boillat (maître-assistant UNIL).

 

Mardi 9 septembre 2008

Du roman au film : la question de l'adaptation

Ce cours permettra d'approfondir, sur la base d'autres exemples filmiques, certains aspects-clés discutés dans le cours sur l'adaptation dispensé en 2007, comme notamment la question narratologique du « point de vue », que le cinéma nous enjoint à appréhender également dans une dimension purement perceptive nous conduisant à réfléchir, au sein de catégories dont l'étude fournit d'importants outils d'analyse filmique, sur certaines différences entre récit scriptural et récit filmique.

Dans la première partie du cours, après une introduction historico-théorique visant à problématiser les liens souvent complexes entre l'écrit (le « scénario ») et le filmique (notamment à l'époque du Nouveau Roman), nous examinerons certains allers-retours entre oeuvre littéraire et film à partir d'extraits issus d'adaptations de Mme Bovary de Flaubert et du Procès de Kafka, séquences dont l'analyse nous permettra de dégager des principes utiles à une réflexion plus générale sur les phénomènes d'adaptation et sur l'apport de l'utilisation du cinéma pour l'enseignement de la littérature.

La seconde partie sera spécifiquement consacrée à l'adaptation de pièces de théâtre pour le cinéma. A partir de l'adaptation filmique par Cocteau de ses propres pièces et des débats théoriques suscités par son travail, nous tenterons de circonscrire les enjeux propres à de tels déplacements qui, du théâtre au cinéma, engagent une reconfiguration de l'espace et de la temporalité, des points de vue, du jeu d'acteur et du dialogue. Nous nous appuierons sur des adaptations filmiques « classiques » et récentes de pièces de Molière et de Shakespeare (de MacBeth d'Orson Welles à Romeo and Juliet de Baz Luhrmann), et procéderons à des analyses comparées d'oeuvres telles que Cyrano de Bergerac (Rappeneau d'après Rostand) et OEdipe-roi (Pasolini d'après Sophocle).

Les séquences filmiques traitées dans ce cours seront mises à la disposition des participants, et un dossier d'extraits de textes leur sera préalablement envoyé.

Intervenants : Alain Boillat (maître-assistant UNIL), Valentine Robert (doctorante FNS, UNIL).

 

Mercredi 17 septembre 2008

Introduction aux études genre (« gender studies »)

Issues des mouvements féministes de la fin des années 1960, les études genres interrogent les rapports de sexes en tant que constructions socioculturelles. La critique féministe du cinéma déchiffre traditionnellement les images (stéréotypées) des femmes qui sont implicitement et explicitement véhiculées par les films et elle discute la place de la spectatrice au sein du cinéma hollywoodien classique. Les approches plus récentes incluent en outre la question de la représentation de la masculinité et analysent la représentation des minorités (sociales, sexuelles, raciales). Elles ouvrent également à une théorie du spectateur qui englobe des publics historiquement et sociologiquement variés, tout en prenant en compte les contextes de production et de diffusion des images.

La journée se divisera en 3 parties. La matinée, présentée par Anne-Katrin Weber, sera dédiée aux questions théoriques et méthodologiques de cette approche tandis que l'après-midi permettra la discussion de deux études de cas. Charles-Antoine Courcoux axera sa présentation sur l'analyse de quelques figures masculines emblématiques de l'imaginaire cinématographique américain contemporain. Tirés de films comme Star Wars (1977-2005), Terminator (1984-2003), Matrix (1999-2003), Gladiator (2000) ou Munich (2006), ces exemples illustreront notamment le rapport traditionnellement antagoniste que l'identité masculine américaine entretient vis-à-vis de la modernité technologique depuis le 19e siècle. A l'aune du gaze (théories du regard), Rachel Noël abordera la question des biopics (biographies filmées) de créatrices (telles que Frida Kahlo, Camille Claudel, Artemisia Gentileschi, Virginia Woolf, ...) selon l'hypothèse que les fictions d'artistes instaurent des modes de représentation particuliers en fonction de la « variante » femme, introduisant surtout un traitement de la narration informé par des constructions de genre et tendant peut-être à recréer un nouveau canon de l'artiste femme au cinéma.

Un dossier de textes sera distribué avant le cours.

Intervenants : Charles-Antoine Courcoux (doctorant UNIZH), Rachel Noël (assistante diplômée ECAL, unité de cinéma), Anne-Katrin Weber (assistante diplômée UNIL).

 

Jeudi 18 septembre 2008

De la lettre à l'écran : le roman épistolaire au cinéma

L'examen de la transformation d'un roman épistolaire en film, autrement dit du passage de la lettre à l'écran, constitue un objet privilégié pour une réflexion sur l'adaptation cinématographique. Le genre épistolaire implique en effet une thématisation de l'écriture, un travail réflexif sur le dispositif littéraire. Sa « traduction » par le dispositif cinématographique engage ainsi un déplacement complet de l'économie narrative et appelle une réflexion sur les moyens artistiques de chaque média.

A travers de nombreux extraits filmiques et romanesques - empruntés aussi bien à Dracula (récit si souvent écranisé qu'on en oublie qu'il était à l'origine épistolaire) qu'à Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot de Jacques Rivette - et en s'appuyant sur un corpus de citations de textes théoriques, ce cours explorera la richesse des transferts cinématographiques qui ont changé le lecteur en spectateur, les jeux de plumes en jeux de regards, les mots écrits en paroles dites, de ceux qui ont au contraire oeuvré à différencier les deux modes d'expression artistique, ou qui les ont mêlés jusqu'à créer des « films épistolaires » et des « lettres de cinéma ». Les enjeux narratifs et esthétiques de ces rencontres et de ces déplacements entre l'écrit et l'écran seront en outre éclairés par différentes mises en scène de la lettre au cinéma, et donneront aux participants autant de clés d'analyse pour envisager comparativement la création littéraire et certaines productions cinématographiques.

Après une demi-journée introductive, nous nous concentrerons sur une étude de cas consacrée à un ouvrage qui peut être considéré comme le roman épistolaire par excellence, et qui a connu plusieurs adaptations filmiques : Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (1782). Ces « liaisons » entre roman et films paraissent bel et bien dangereuses au vu de la maîtrise de la technique narrative épistolaire et de l'élaboration du métalangage propres à ce roman par lettres. Travaillant et thématisant la maîtrise du langage verbal, cette oeuvre romanesque permettra de développer une réflexion sur les modes de « traduction » de la littérature en « langage filmique ». Au vu de l'utilisation récurrente de ce roman épistolaire aux examens de maturité ainsi que de la pluralité exceptionnelle de ses adaptations, cette partie du cours trouvera une applicabilité privilégiée auprès des enseignants de français. Unmatériel pédagogique constitué d'extraits du texte et de séquences tirées des différentes adaptations sera mis à la disposition des participants.

Intervenantes : Séverine Graff (assistante diplômée UNIL), Valentine Robert (doctorante FNS, UNIL).

 

Vendredi 19 septembre 2008

Croisements entre roman, cinéma et bande dessinée

Ce cours abordera la question de l'adaptation en parcourant trois moyens d'expression dont on tentera de saisir le fonctionnement narratif et sémiotique. Pour ce faire, nous convoquerons des exemples issus tant de la littérature, du cinéma que de la bande dessinée (ou du roman illustré). Ces études de cas permettront d'envisager certains procédés en recourant à des catégories comme le verbal et l'image, la fixité et le mouvement, la monstration et la narration, l'ocularisation et la focalisation, etc. En outre, nous nous interrogerons de façon comparative sur les modalités d'intégration à des séquences d'enseignement des supports filmique et bédéique, et aborderons certains outils de l'analyse de la BD, notamment sur la base des adaptations shakespeariennes de Gianni de Luca (Hamlet, Roméo et Juliette).

Les liens entre la BD et le champ littéraire s'étant resserrés depuis près d'une vingtaine d'années en raison de la légitimation acquise par le 9ème art (ainsi qu'en témoignent de nombreuses collections inaugurés récemment par des éditeurs généralistes), l'analyse comparée de ces deux modes d'expression narrative semble être de nos jours un apport des plus féconds pour l'appréhension de textes classiques. Ainsi Rabaté adapte-t-il Alexis Tolstoï (Ibicus), Breccia Poe ou Lovecraft (Le Coeur révélateur ou Les Mythes de Ctuhlu), tandis que Juillard ou Tardi s'approprient Faulkner ou Céline dont ils livrent une lecture personnelle par le biais de leurs illustrations. Les analyses de planches nous donneront par conséquent l'occasion de poser un nouveau regard sur certaines oeuvres, comme celles de Frank Kafka ou de Paul Auster.

Quant au cinéma, outre le recours habituel aux héros issus des comics (Dick Tracy, Superman, Batman ou encore Hulk), le cinéma entreprend désormais de véritables adaptations en transposant des albums comme From Hell, Persepolis, 300, Ghost World, American Splendor, etc.

Si l'on prend par ailleurs en compte l'incorporation de la bande dessinée à des pratiques expérimentales attestées (l'OULIPO créée un département BD), on comprendra que les distinctions entre les médias deviennent de plus en plus poreuses. D'autant que de nombreux auteurs contemporains de BD inscrivent leur travail dans la filiation d'oeuvres littéraires (voir par exemple l'influence de Marcel Schwob sur David B. et Emmanuel Guibert).

Un dossier d'extraits (planches d'albums et textes théoriques relatifs à la BD) fera office de support de cours ; en outre, un CD d'images sera distribué afin d'offrir une batterie d'exemples susceptibles d'être utilisés au gymnase.

Intervenants : Alain Boillat (maître-assistant UNIL), Raphaël Oesterle (assistant diplômé UNIL).

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Informations pratiques

Responsalbe:

Alain Boillat, maître-assistant à la Setion d'histoire et esthétique du cinéma (Alain.Boillat@unil.ch)

 

Titre obtenu:

Une attestation de participation sera envoyée à la fin de la formation.

 

Public concerné:

Les enseignants du post-obligatoire

 

Finances:

La participation à chacune des journées de cours n'est possible qu'à la condition d'avoir suivi la journée introductive en 2007 ou en 2008.

- CHF 170.- pour 1 jour de cours

- CHF 340.- pour 2 jours de cours

- CHF 450.- pour 3 jours de cours

- CHF 600.- pour 4 jours de cours

- CHF 750.- pour 5 jours de cours

 

Lieu:

Université de Lausanne, Dorigny

 

Délai d'inscription:

25.08.2008

 

 

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