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Edition 2011-2012

Formation continue

Supplément facultatif à la journée du 3 septembre, 17h-18h :
présentation du DVD-ROM Silence ! On tourne III : l'image au cinéma par Laurence Calderon et Charles-André Gilli.
Prochainement mis à la disposition des enseignants de Suisse romande, ce didacticiel interactif permet aux élèves, à travers le visionnement de plus de 400 extraits de films, d’aiguiser leur capacité à décrire et à analyser différents aspects de l’image animée.

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Formation continue 2012 Programme en format pdf

 

 

 

Inscription: http://www.hepl.ch/cinema

Programme de formation continue « La théorie du cinéma au service de l'enseignement », édition 2012

Lundi 3 septembre 2012
9h-16h45 : UNIL, salle 4215
Le film comme « discours » : introduction à l’analyse filmique

Intervenant : Alain Boillat, professeur ordinaire, UNIL
Invité (dès 16h) : Victor Wirthner, enseignant au Gymnase de la Broye et animateur de cours de formation continue consacrés au cinéma.

Cours destiné en priorité aux enseignants du Secondaire I et II

Ce cours introductif a pour objectif d’aborder certains paramètres de la description et de l’analyse du film à travers l’explication et la discussion d’outils appliqués à un vaste corpus d’extraits issus de différentes périodes. L’accent sera mis sur des adaptations cinématographiques réalisées par des cinéastes célèbres (Autant-Lara, Renoir, Ophuls, Truffaut, etc.) ainsi que sur des productions hollywoodiennes récentes tout public dont les élèves sont susceptibles d’avoir connaissance (Star Wars, la trilogie Bourne, King Kong, Avatar), qui seront inscrites dans certaines traditions narratives et iconographiques de l’histoire du cinéma. Qu’il s’agisse du cinéma « d’auteur » ou de productions appartenant à la culture de masse, nous exposerons le caractère fortement construit des significations véhiculées par ces films. L’examen des pratiques de montage, des rapports entre les sons et les images, de l’utilisation du langage verbal et de la construction de l’espace narratif permettra de montrer dans le détail comment chaque film articule à sa façon un discours sur le monde. Certains exemples seront également tirés de séries télévisées, qui seront abordées dans leurs éventuelles spécificités médiatiques.
La dernière partie de l’après-midi sera consacrée à l’exposé de quelques grands axes de l’analyse actuelle des médias en tant qu’objets d’étude académique, puis à la question de l’utilisation pédagogique d’extraits de films commentés en classe (en opposition au visionnement de films complets à fonction « illustrative »). Cette discussion sera menée au travers d’un dialogue avec Victor Wirthner, qui nous fera part de son expérience dans l’enseignement du cinéma sous différentes formes auprès des enseignants et des élèves du Secondaire.

Supplément facultatif à la journée du 3 septembre, 17h-18h :
présentation du DVD-ROM Silence ! On tourne III : l'image au cinéma par Laurence Calderon et Charles-André Gilli.
Prochainement mis à la disposition des enseignants de Suisse romande, ce didacticiel interactif permet aux élèves, à travers le visionnement de plus de 400 extraits de films, d’aiguiser leur capacité à décrire et à analyser différents aspects de l’image animée.



 

Mercredi 5 septembre 2012
9h-12h ; 14h-16h45 : UNIL, salle 4215
La Grande Guerre sur grand écran : un siècle de représentations

Intervenante : Séverine Graff, assistante diplômée, UNIL

Cours destiné en priorité aux enseignants du Secondaire I et II

Le centenaire de la Première Guerre mondiale en 2014 offre une excellente opportunité pour réfléchir en classe aux nombreux films de fiction qui se sont donné pour tâche de représenter ce conflit, et pour interroger d’un point de vue théorique les rapports entre cinéma et histoire. Ce cours se propose de questionner ce destin cinématographique extrêmement prolifique en se concentrant sur quatre périodes, afin de dégager ce que ces différentes modalités de représentation laissent transparaître de leur contexte de production. La matinée sera consacrée en premier lieu aux films patriotiques contemporains de l’événement (Noël du Poilu de Louis Feuillade, Charlot Soldat de Charlie Chaplin, Les Cœurs du monde de D.W. Griffith et le premier J’accuse d’Abel Gance). Puis on s’intéressera aux réalisations de l’entre-deux-guerres qui adoptent un discours pacifiste : le second J’accuse d’Abel Gance en 1937 et La Grande Illusion de Jean Renoir. L'après-midi sera dédié à l’étude de l’émergence, à la fin des années 1950, de réalisations contestataires comme Les Sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick ou Johnny s’en va en guerre de Dalton Trumbo. Ces discours critiques sur la Première Guerre entrent alors en forte résonnance avec les conflits algérien et vietnamien, comme le montre, ainsi que nous le verrons, la réception houleuse de ces films en France et aux Etats-Unis. Ce cours se terminera enfin par une étude des représentations récentes de la Grande Guerre qui se focalisent – avec un fort souci de réalisme – sur les traumatismes d’un individu (Capitaine Conan de Bertrand Tavernier ou La Chambre des Officiers de François Dupeyron) ou, à l’inverse, proposent une mise en scène extrêmement spectaculaire du conflit (Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet ou Cheval de Guerre de Steven Spielberg).
Ce cours s’adresse en priorité aux enseignants d’histoire mais peut aussi intéresser les professeurs de français, puisque le corpus étudié ici comprend également des adaptations d’œuvres littéraires. Les extraits filmiques et un dossier de textes théoriques seront distribués aux participants.
 

Vendredi 7 septembre
9h-12h : Cinémathèque suisse, salle du Cinématographe
14h-16h45 : UNIL, salle 4215
Tristan et Iseut au cinéma - histoires d'un mythe
 

Introduction d’Alain Boillat
Intervenant : Sylvain Portmann, chargé de cours, UNIL

Cours destiné en priorité aux enseignants du Secondaire II

La légende de Tristan et Iseut est à l'origine de nombreuses adaptations au cinéma : on recense une dizaine de films qui s’en sont inspirés plus ou moins directement. La légende est aujourd'hui principalement étudiée dans trois domaines distincts: les études littéraires médiévales ; le « champ » wagnérien (musicologie et art contemporain) ; la théorie du roman (incluant les partisans de L’Amour et l'Occident de Denis de Rougemont). Le cours propose de parcourir ces différentes approches puis d'aborder, en prenant compte des diverses variantes du récit (versions de Béroul, Thomas, etc.), le « mythe » et ses modalités d’actualisation dans le cinéma de fiction.

Nous nous concentrerons ensuite sur deux études de cas : L'Eternel retour (1943) de Jean Delannoy (scénario de Jean Cocteau), qui sera projeté dans une copie film en début de matinée ; Vertigo (titre français : Sueurs froides, 1958) d'Alfred Hitchcock, dont la musique est inspirée de l'opéra wagnérien. L’Eternel Retour propose une lecture originale du mythe en situant l’histoire dans une époque contemporaine à la réalisation du film (le début des années quarante), tout en effaçant la situation politique (Seconde Guerre mondiale / Occupation) et en opérant des choix qui le distinguent des versions antérieures. On pourra ainsi observer une « chaîne » de production qui va du Moyen-Âge aux années quarante, des textes médiévaux au scénario du film puis à sa réalisation. Les choix opérés par Cocteau pour l’élaboration du scénario et la réception critique du film à sa sortie seront spécifiquement abordés.

Dans son rapport au mythe, le cas de Vertigo est plus complexe. La musique du film, composée par Bernard Hermann, est certes directement inspirée par l’opéra wagnérien Tristan und Isolde (1865), mais le scénario est adapté du roman policier D’entre les morts (Boileau-Narcejac, 1954). Nous verrons quels ont été les choix d’Hitchcock (et de ses scénaristes), mais nous mettrons l’accent sur un autre aspect du film, en lien direct avec une interprétation proposée par le critique de cinéma d'après-guerre Barthélemy Amengual, qui considère plus généralement le mythe de Tristan et Iseut comme un lieu permettant de discuter la position du spectateur de cinéma : le rapport conflictuel qu'entretiennent entre eux les deux héros de la légende est vu chez lui comme une « modélisation » du lien complexe qu'entretient le spectateur au monde de la fiction, notamment en termes d’identification au personnage. Selon lui, Vertigo illustre de façon exemplaire ce qu’est devenu le mythe de Tristan, dans sa version dégradée dont il est question chez Denis de Rougemont.

Les deux études de cas seront accompagnées d’un corpus de textes issus de la réception, tant pour illustrer leur fortune critique à leur sortie en salles que pour observer la nature des discours de la presse spécialisée et généraliste qui traitent de l’adaptation.
 

Lundi 10 septembre
8h30-12h : Cinémathèque suisse, salle du Cinématographe
14h-16h45 : UNIL, salle 4215
Théâtre et cinéma : étude comparative de trois versions de Cyrano de Bergerac
 

Introduction d’Alain Boillat
Intervenant : Jean-Marie Cherubini, assistant diplômé, UNIL

Cours destiné en priorité aux enseignants du Secondaire I et II

Si, à l’époque du « Film d’Art » et durant les années 1910, les adaptations cinématographiques de pièces de théâtre sont nombreuses et semblent profiter à un médium avide de « sujets de qualité » susceptible de légitimer son statut artistique et de faire montre d’une ambition narrative, l’histoire des rapports entre théâtre et cinéma ne se limite pas à ce sens unique où le théâtre fait office de simple « réservoir » de sujets. En effet, le cinéma s’inscrit dans la filiation d’un ensemble de phénomènes artistiques qui, à l’instar du ballet ou du cirque, ont influencé les représentations théâtrales à travers les âges, de telle sorte qu’il est plus pertinent de parler d’échange que d’une simple imitation unidirectionnelle. Dès lors, un film dont le scénario relève explicitement, d’une manière ou d’une autre, de l’adaptation d’une pièce de théâtre peut permettre en retour une réflexion sur la « théâtralité » du texte originel et, partant, une appréhension particulière de ce dernier. En visualisant ce que la représentation théâtrale ne peut que suggérer, le cinéma offre une possible « relecture » du texte qu’il peut être productif d’intégrer à l’étude didactique de celui-ci. L’objectif du cours est par conséquent de mettre à profit cet usage en proposant une étude comparative de plusieurs adaptations de Cyrano de Bergerac –celle d’Augusto Genina (1925), Michael Gordon (1950) et Jean-Paul Rappeneau (1990) – permettant d’établir comment ces différentes « visions » du texte accentuent ou réduisent certains motifs et, de fait peuvent constituer des outils pédagogiques intéressants pour l’appréhension du texte originel. Après le projection du film de Rappenau dans son intégralité, les grands axes de cette adaptation seront discutés dans le cadre d’un exposé de certains modèles théoriques et outils d’analyse. Dans un second temps, nous examinerons dans le détail quelques scènes clés tirées des trois adaptations en les comparant entre elles et avec les passages correspondants dans la pièce de Rostand afin de mesurer les choix esthétiques des réalisateurs et de saisir en quoi les différentes approches peuvent être utiles à la lecture du texte source.
Un dossier pédagogique sera distribué durant le cours.
 

Mardi 11 septembre
9h-12h : Cinémathèque suisse, salle du Cinématographe
14h-16h45 : UNIL, salle 4215
Récit et point de vue au cinéma : Elephant de Gus Van Sant

 

Intervenant : Alain Boillat, professeur ordinaire, UNIL

Cours destiné en priorité aux enseignants du Secondaire II

A partir du film Elephant (Gus Van Sant, 2003) qui sera projeté en début de matinée à la Cinémathèque suisse, ce cours entend discuter la pertinence pour l’analyse filmique de différents outils d’analyse conçus dans le champ de la narratologie (typologie de la focalisation, analyse de la temporalité et de la structure du récit). Le long métrage de Van Sant est particulièrement intéressant pour aborder ce type de problématique dans la mesure où il propose un régime mixte, situé entre l’extériorité totale aux personnages (dont nous ne savons presque rien) et une forte proximité à ceux-ci grâce à une caméra qui les suit au plus près, sans toutefois endosser véritablement la position de leur regard. La matinée sera consacrée au rappel des principales notions et, sur la base d’un canevas d’analyse facilitant la didactisation, à la description des particularités du film en termes de pratiques de filmage, de construction des personnages, de régimes de focalisation (gestion de l’information narrative, point de vue et point d’écoute, focalisation interne variable et multiple) et, en tant que résultante de ces dernières caractéristiques, de positionnement idéologique. L’après-midi sera consacrée à l’analyse détaillée de quelques extraits du film permettant d’illustrer et d’approfondir les aspects abordés précédemment, puis à un élargissement de l’analyse de la focalisation, d’une part à d’autres films du même cinéaste (Gerry, 2002 ; Last Days, 2005 ; Paranoid Park, 2007) présentant avec Elephant des similitudes formelles et thématiques – notamment la représentation de l’adolescence, d’autre part à des références construites par ce film (la production homonyme de la BBC réalisée par Stanley Clark, les jeux vidéo à la première personne). Ces comparaisons permettront d’enrichir les connaissances théoriques et d’aiguiser la sensibilité analytique des participants.
Un dossier comprenant des textes théoriques et des propositions d’exercices sera distribué aux participants.
Sur demande, les participants inscrits à ce cours peuvent recevoir gratuitement le numéro 19 de la revue Décadrages dont le dossier est consacré au film Elephant.
 

Mercredi 12 septembre
9h-12h ; 14h-16h45 : UNIL, salle 4215
Peter Watkins et la « politique-fiction » : les frontières du documentaire

Introduction d’Alain Boillat
Intervenant : François Bovier, maître assistant, UNIL

Cours destiné en priorité aux enseignants du Secondaire II

Les films du cinéaste militant Peter Watkins, qu’ils empruntent la structure de l’anticipation politique, de la reconstitution historique ou de la biographie d’artistes, mettent en jeu une énonciation ambivalente, en mobilisant conjointement des effets de documentarisation et de fictionalisation. Watkins recourt en effet à des caractéristiques télévisuelles (tournage caméra à l’épaule, adresse au spectateur, commentaire over et omniscient). Le but explicite du cinéaste est de produire un effet de choc auprès du spectateur, et de l’inciter à s’interroger sur le degré de médiatisation et de mise en scène de la représentation. Punishment Park (Grande-Bretagne, 1971), « reportage » qui devait initialement être diffusé sur les chaînes TV, exploite sciemment cette équivocité. L’ambivalence de l’énonciation caractéristique de l’univers filmique de Watkins peut être envisagée à travers la notion de performativité que nous emprunterons au philosophe John L. Austin et dont nous aurons une compréhension élargie afin de désigner l’ensemble du dispositif énonciatif qui régule ces films de « politique-fiction » (confusion entre la personne et le personnage, le référent et sa représentation). La matinée débutera par le visionnement de Punishment Park, dont nous analyserons la structure énonciative en fonction de la logique interne à l’œuvre et des effets induits par son contexte de diffusion. Nous étudierons dans un second temps la mise en scène dans des films historiques et les « effets de réel » greffés à une situation politique imaginaire à travers une série d’extraits (Culloden et La Commune dans le premier cas, La Bombe et Evening Land dans le second). Comme Judith Butler l’a exemplairement montré (Troubles dans le genre : pour un féminisme de la subversion, Paris, La Découverte, 2005), la performativité peut également constituer une stratégie qui permet de jeter le trouble dans la fixité des identités (sexuelles, sociales, politiques). En ce sens, on verra comment les films de Peter Watkins performent une remise en cause radicale des rôles politiques et des oppositions de classe.

Sur demande, les participants inscrits à ce cours peuvent recevoir gratuitement le numéro 20 de la revue Décadrages dont le dossier sera consacré à Peter Watkins.

 

 

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