L'Open Access en quelques mots
Contexte général | Le mouvement Open Access | Le modèle hybride | Evolution
Contexte général
Le marché de l'édition scientifique est concentré dans les mains de trois grands groupes mondiaux (Elsevier, Wiley-Blackwell, Springer) et de quelques dizaines d'éditeurs de taille moyenne, pour la plupart anglo-saxons, et de quelques très grandes sociétés savantes, toutes américaines. On estime que le prix moyen des périodiques imprimés (seulement pour les imprimés !) a augmenté de 471% (!) de 1970 à 1995 dans le domaine dit STM (sciences, technologie, médecine), soit une croissance annuelle de près de 6.5%, largement supérieure à l'inflation. A ces coûts sont venus s'ajouter les coûts électroniques pour la mise à disposition en ligne de ces mêmes titres. Cf. Etude européenne de référence sur les marchés des publications scientifiques [2006] (PDF)
Le mouvement Open Access
Face à cette explosion des coûts, la communauté académique a réagi en proposant, dès 1990, une alternative, appelée communément Open Access (OA), soit la mise à disposition gratuite, sur Internet, de l'ensemble des contributions produites par la communauté scientifique. La voie royale, dite Golden Road, consiste à publier directement dans une revue en open access, soit dans l'une ou l'autre des revues répertoriées dans le DOAJ, Directory of Open Access Journals. L'alternative, dite Green Road, c'est l'auto-archivage, soit le dépôt sur un serveur institutionnel de pré-publications (pre-prints) et d'articles déjà publiés (post-prints). Comme cela se fait dans SERVAL, le dépôt institutionnel de l'UNIL (voir ci-dessous).
Dossier FNS - Recommandations ASSH
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L'Université de Lausanne soutient l'Open Access en créant, en 2009, un dépôt institutionnel propre, SERVAL. Elle encourage vivement tous les chercheurs à inventorier toutes leurs publications dans SERVAL et à déposer un maximum de documents en plein texte. Dès janvier 2012, la Faculté de Biologie et de Médecine prend en charge la totalité des coûts de publication dans BioMed et encourage ainsi de manière très active la publication en Open Access. Par ailleurs, le partenariat signé avec PLoS permet d'obtenir une remise de 15%.
Soutiens institutionnels - SERVAL - Publier dans BioMed - Publier dans PLoS
Le modèle hybride
Face à ces développements, les éditeurs traditionnels réagissent. La plupart des grands éditeurs commerciaux offrent une voie médiane (et sans doute trompeuse !), soit la possibilité de publier un article directement en open access, mais dans certaines revues uniquement. On parle souvent de "modèle hybride" puisque la revue est éditée selon un modèle commercial traditionnel mais que l'on trouvera à l'intérieur certains articles en Open Access. Parfois ce sont des revues entières qui sont en Open Access.
Pour les éditeurs commerciaux, il s'agit de tester l'intérêt des chercheurs afin de développer, éventuellement, de nouveaux modèles commerciaux. Pour les bibliothèques (et les universités), cela représente surtout des coûts supplémentaires. En effet, si une revue est Open Access chez un éditeur commercial, il faut payer une licence pour cette revue afin de prermettre aux chercheurs UNIL de publier gratuitement dans cette revue.
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Qu'en pensent les chercheurs ?
L'offre paraît intéressante. Prenons un exemple fictif. Une université publie beaucoup d'articles, dans une revue Oxford par exemple, qui est une revue en Open Access. Si cette université conclut une licence Open Access pour cette revue à Fr. 6000 par an, cela lui coûtera moins cher que si l'on additionne le coût de chaque article publié. Donc non seulement cela coûtera moins cher, mais en plus, les articles seront disponibles immédiatement en OA. Alors pourquoi s'y opposer ?
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Qu'en pensent les bibliothèques et les universités ?
Les bibliothèques, qui gèrent ces licences pour les universités, mettent en garde les chercheurs contre ces éléments apparemment intéressants. Tout d'abord, il ne s'agit pas d'un soutien à l'Open Access comme c'est le cas pour BioMed ou PLoS, qui sont des éditeurs OA à part entière. Dans le cas de Oxford, Elsevier ou Wiley, ce sont avant tout des éditeurs commerciaux. Cela représente donc pour eux des profits supplémentaires sans induire pour autant un nouveau modèle commercial.
De manière générale, leur position est donc de soutenir plutôt les véritables éditeurs Open Access et de ne pas entrer en matière sur ces modèles hybrides, même si cela représente un certain avantage financier.
Evolution
Les bibliothèques gèrent les abonnements et les licences. Pour exprimer les choses de manière très condensée: les grands éditeurs commerciaux réalisent un chiffre d'affaires global par université. Ce chiffre d'affaires comprend le coût des abonnements (imprimés ou électroniques) sur l'ensemble du campus + le coût de la licence électronique, soit le coût pour l'accès aux titres qui ne sont pas couverts par un abonnement. Ensuite, ce chiffre d'affaires est constant (un "plancher"), ce qui signifie que si on supprime des abonnements, le coût de la licence augmente d'autant. A ce coup de base s'ajoute une augmentation annuelle est de 7 à 8%, sans compter les coûts supplémentaires pour les nouveaux titres. La marge de manoeuvre est donc très étroite pour freiner l'augmentation des coûts, mais elle est exploitée chaque fois que c'est possible.
Il est donc essentiel que le mouvement Open Access reste un contre-pouvoir est non une variante parmi d'autres des modèles commerciaux déjà si contraignants.
Les universités soutiennent l'Open Access. Outre le financement des revues précitées (abonnements et licences), l'UNIL soutient l'Open Acces en finançant un serveur institutionnel, SERVAL, et en soutenant les éditeurs OA comme BioMed et PLoS. Ce soutien est important pour encourager des modèles commerciaux différents et une diffusion libre des contenus. Cependant, ce soutien a un coût et il ne remplacera sans doute jamais l'édition traditionnelle. Il s'agit de trouver un équilibre, en finesse, entre les modèles commerciaux et les modèles en open access. Quoi qu'il en soit, la publication dans une revue en open access est recommandée chaque fois que c'est possible.
La position du chercheur. La publication d'un article est insérée dans une problématique complexe et le chercheur doit prendre en compte ce contexte global. Il doit être à même de répondre au moins aux questions suivantes:
- quelles sont les revues les plus importantes dans mon domaine ? celles-ci sont-elles liées à un modèle commercial - en open access - un modèle hybride ?
- quels sont les critères à prendre en compte ? comité de lecture - facteurs d'impact - diffusion - coût à la publication
- quels sont les avantages et désavantages à publier dans une revue OA ? y a-t-il dans mon domaine des revues en OA aussi importantes que les autres commerciales ?
- quels sont mes droits lorsque je signe un contrat, notamment pour le dépôt sur Serval ? dans quel délai puis-je déposer une version après publication ? quelle version ? etc
- comment évolue l'open access dans mon domaine ? comment me tenir au courant ?
- quels sont les facteurs d'impact de ces différentes revues ? (commerciales et OA)
