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Économie Sociale et Solidaire

Présentation du thème | Richesse sociale | Gestion des entreprises sociales | Finances solidaires | Sociologie et acteurs de l'économie sociale
 

Présentation du thème

Historiquement, le terme d'économie sociale apparaît au 19ème siècle en tant que réponse à la question sociale. En France, différentes écoles (libérale, chrétienne, socialiste...) proposent des solutions spécifiques à cette problématique unique : comment répartir la richesse ? Au siècle suivant, en revanche, l'économie sociale est plutôt perçue comme un ensemble de pratiques limitées à certaines organisations (coopératives, mutuelles, associations). Depuis, l'émergence de nouveaux acteurs et la multiplication des pratiques interpellent militants et théoriciens. Si ces derniers polémiquent sur les termes et les enjeux, ils s’accordent néanmoins sur un certain nombre de règles inhérentes à la pratique de l’économie sociale. Adhérer à une coopérative ou à une entreprise dite sociale, c'est promouvoir des valeurs propres, comme le primat de la personne sur le capital, ou le principe de lucrativité limitée.

Depuis leur apparition, les organisations de l'économie sociale ont démontré qu'elles résistaient et évoluaient en fonction des besoins sociaux. C'est autour de quatre principaux sujets interdisciplinaires que nous concentrons nos recherches dans le cadre de l'Axe Philosophie Economique du Centre Walras Pareto. Analyser l'impact de ces évolutions implique avant tout de s'interroger sur la richesse sociale et sur sa mesure : qu’est-ce qui est produit de plus que dans l'économie dominante? Comment en rendre compte dans la théorie économique standard et en terme d'innovation sociale ? Quelle mesure adopter lorsqu'il est question d'utilité sociale ? (Sujet 1 : Richesse sociale) Si les organisations de l'économie sociale sont différentes des entreprises capitalistes, comment se gèrent-elles au niveau des salariés ? Il y a donc un lien nouveau avec la gestion (Sujet 2 : La gestion des entreprises sociales). De plus, comment les organisations de l'économie sociale se financent-elles? Elles dépendent parfois de certaines subventions publiques et de dons. Elles font aussi appel à des établissements spécialisés qui revendiquent leur filiation avec les principes de l'économie sociale et solidaire. Qu'est-ce que les finances solidaires et le micro-crédit et quelles sont les problématiques soulevées ? (Sujet 3 : Les finances solidaires). Finalement, un quatrième thème se développe : qui sont au juste les acteurs de l'économie sociale et comment s'organisent-ils ? (Sujet 4 : Sociologie et acteurs de l'économie sociale)

Numéro spécial de revue sur l'économie sociale et solidaire par les membres du Centre Walras-Pareto :
Baranzini Roberto et Swaton Sophie, mars 2012, "Économie sociale et solidaire : pratiques et perspectives théoriques", Revue économique et sociale, n°70.

Ouvrage des membres du Centre Walras-Pareto sur l'économie sociale et solidaire :
Swaton Sophie, mars 2011, Une entreprise peut-elle être "sociale" dans une économie de marché ?, La Question n°72, 96 p., De l'Hèbe.

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Richesse sociale

Historiquement le terme de richesse sociale est associé aux travaux d’Adam Smith. Mais il connaît depuis lors une réduction de plus en plus visible. D’abord analysé à travers les réflexions sur la félicité et le bien-être, le concept de richesse sociale est aujourd’hui limité à la définition du PIB. Evoquer le terme de richesse sociale implique un retour aux sources d’une théorie qui a vu son concept se rétrécir peu à peu. Revenir à la conception smithienne des relations interpersonnelles est fondamental pour comprendre parallèlement la notion d’accroissement de la richesse matérielle, même si cette dernière prendra un sens très différent au XIXème siècle.

Reformuler la question de la richesse sociale suppose également de nous interroger sur la notion même de mesure, qui pose tout autant de problème aujourd’hui. Que signifie cette mesure de la richesse ? Comment la repenser ? Les théoriciens actuels de l’économie sociale n’hésitent plus à poser la question. Cette réflexion est d’autant plus importante que surgissent les débats autour de "l’utilité sociale".

Penser la richesse autrement, définir l’utilité sociale en renouant avec ses références historiques nous amène à un troisième et dernier point d’étude central : celui des valeurs, en particulier le lien entre les individus et les valeurs. Si la richesse sociale ne saurait se réduire à un instrument de mesure, c’est qu’elle est porteuse de lien social. Une philosophie sociale se dessine en arrière-fond et il importe de la repérer et de l’examiner.

Dernier article des membres du Centre Walras-Pareto sur ce thème :
Baranzin Roberto et Swaton Sophie, 2013, "Walras et l'approche contemporaine de l'économie sociale", [in press].

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Gestion des entreprises sociales

Si les organisations de l'économie sociale sont différentes des entreprises capitalistes, comment se gèrent-elles au niveau des salariés ? En effet, les études en la matière tendent à montrer que les employés qui adhèrent aux organisations de l’économie sociale ont un profil spécifique et ne sont pas mus par des considérations exclusivement pécuniaires. Quant aux managers, ils doivent composer en interne avec différents types d’employés : les salariés, les bénévoles et, dans certains types d’entreprises sociales comme les entreprises d’insertion, avec les bénéficiaires de l’action. Dès lors, les enjeux et valeurs diffèrent d’une catégorie à une autre au sein de l’entreprise, et les conceptions traditionnelles de la gestion des ressources humaines s’avèrent insuffisantes et inadaptées pour concilier ces exigences différentes. Il importe donc d’innover en ce domaine.

Et, parallèlement, il est indispensable de prendre en compte les valeurs et principes de l’ESS, à commencer par la participation. Comment la rendre effective dans une entreprise de plus de 500 personnes ? Comment et pourquoi promouvoir une gouvernance démocratique au cœur des organisations de l’économie sociale ? Autant de questions qui sont traitées dans cet axe et dans les travaux et publications récentes des chercheurs du groupe.

Dernier article des membres du Centre Walras-Pareto sur ce thème :
Ohana Marc, Meyer Maryline et Swaton Sophie, "Decision-Making in Social Enterprises: Exploring the Link between Employee Participation and Organizational Commitment", Nonprofit and Voluntary Sector Quaterly, [in press].

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Finances solidaires

Pour se financer, les organisations de l'économie sociale dépendent parfois d’une part de subventions publiques et de dons. Avec la crise économique, ces subventions se voient pour partie réduites, menaçant ainsi l’équilibre financier de certaines organisations qui peuvent être tentées alors de privilégier des critères de rentabilité économique au détriment des autres principes de base tout aussi fondamentaux, comme la participation.

Dès lors, il est vital pour les entreprises de l’ESS qui souhaitent concilier impératifs de viabilité économique et promotion de ses principes, de pouvoir se tourner vers des établissements financiers spécialisés qui revendiquent leur filiation avec les principes de l'économie sociale et solidaire. Tel est précisément le cas des banques coopératives qui pratiquent les finances solidaires. Quel rapport entre finances solidaires et le micro-crédit ? N’y a-t-il pas eu des dérives en la matière avec ce dernier et une récupération par le social business ? Peut-on et comment y échapper ? Quel lien avec l’investissement socialement responsable ? Ces questions sont à l’ordre du jour dans les recherches menées au sein de cet axe en collaboration avec Jean-Michel Servet, qui est le référent scientifique du CWP sur ce sujet.

Dernier article des membres du Centre Walras-Pareto sur ce thème :
Swaton Sophie, avril 2012, "L'entreprise sociale face à la crise", in Une vision spirituelle de la crise économique : altruisme plutôt qu'avidité : le remède à la crise, Yves Michel (ed), pp.118-124.

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Sociologie et acteurs de l'économie sociale

S’interroger sur les organisations de l’économie sociale invite à se tourner vers les acteurs qui la composent et qui en font un moteur de l’innovation sociale. En matière d’économie sociale, les pratiques alimentent la théorie et la questionnent, obligeant les chercheurs qui s’y intéressent à bousculer parfois le corpus théorique. Qui sont au juste les acteurs de l'économie sociale et comment s'organisent-ils ? On élargit le champ des salariés à celui de la société civile, ce qui implique de poser la question de la responsabilité sociale des entreprises, souvent réduite à un concept opérationnel.

Nous proposons d’appréhender la question de la sociologie de l’économie sociale à un niveau plus général, notamment celui des pouvoirs et des rapports de force en jeu. Quel nouveau rôle pour les ONG ? Quelle sont les différentes grilles de lectures envisageables et envisagées pour rendre compte de l’émergence de ce type d’actions et d’acteurs ?

Dernier article des membres du Centre Walras-Pareto sur ce thème :
Akhabbar Amanar, Swaton Sophie, "L'économie sociale et solidaire pour le développement durable ?", Presses Universitaires de Louvain, [in press].

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