Lire l'esprit des autres; théorie de l'esprit et compréhension d'autrui
Descriptif de la séance
Lieu: Anthropos Café --> comment accéder à la salle: cliquez ici
Date: jeudi 10 avril 2008
Heure: 17-18h30
! suivi d'un apéro dînatoire !
Intervenant principal: Evelyne Thommen, UniFr & EESP, Lausanne
Répondant: Fabrice Clément, UniGe
Modérateur: Nicolas Perrin, UniL
Questions traitées
- La théorie de l'esprit ou les théories de l'esprit?
- Quand sait-on lire l'esprit ?
- Et si les personnes atteintes d'autisme n'avaient que des théories de l'esprit pour comprendre autrui?
- La notion d'«esprit» est-elle vraiment si cruciale pour la compréhension des actions d'autrui?
- Faut-il comprendre l'enfant d'emblée comme un «petit psychologue» toujours en quête d'un «accès» aux états mentaux d'autrui?
Abstract
Présentation de E. Thommen:
L'acquisition des théories de l'esprit par l'enfant est au centre d'un courant de recherche qui se développe depuis 15 ans (Wimmer & Perner, 1983). Le terme anglophone est dû à Premack (Premack, D., & Woodruff, G. 1978, Does the chimpanzee have a theory of mind?) et a été repris ensuite par Baron-Cohen (Baron-Cohen, S., Leslie, A. M., & Frith, U. ,1985, Does the autistic child have a 'theory of mind'?). J'argumenterai en faveur de l'idée d'un développement chez l'enfant des théories de l'esprit. Selon moi, la théorie de l'esprit n'est pas complètement acquise à 4 ans; c'est le processus de son acquisition qui commence à cet âge. Le développement se poursuit ensuite pendant toute l'enfance. C'est pourquoi j'affirme que l'enfant acquiert des théories de l'esprit. La question de l'autisme compris comme cécité mentale (Baron-Cohen) fera également l'objet d'une discussion sur ce que veut dire "lire l'esprit". J'avancerai l'idée opposée que les personnes atteintes d'autisme ne possèdent que des théories de l'esprit pour comprendre autrui.
Commentaire de F. Clément:
Ces dernières années, la psychologie du développement a consacré des efforts considérables à la compréhension de la (ou des) «théorie(s) de l'esprit» que les enfants mettraient peu à peu en place dans leurs interactions avec autrui. Certaines des étapes majeures dans l'acquisition de cette «psychologie naïve» (parfois comparées à des «révolutions conceptuelles») ont donné lieu à des résultats si impressionnants qu'ils figurent aujourd'hui parmi les acquis scientifiques les plus importants de la discipline. On peut toutefois se demander si ces succès n'ont pas débouché sur un surcroît d'enthousiasme mentaliste et fait naître l'ambition démesurée de réduire toutes les formes de compréhension des comportements d'autrui à une forme ou à une autre de théorie de l'esprit. Nous tenterons de montrer qu'il existe d'assez nombreux arguments pour montrer que l'enfant n'est pas, de manière si essentielle, un lecteur infatigable de l'esprit des autres. Il se sert d'autres formes d'inférence, recrute d'autres types d'indices qui nous laissent penser qu'il serait tout autant, si ce n'est plus, un sociologue spontané qu'un psychologue naïf.
Lectures
Baron-Cohen, S., Leslie, A. M., & Frith, U. (1985). Does the autistic child have a 'theory of mind'? Cognition, 21, 37-46.
Premack, D., & Woodruff, G. (1978). Does the chimpanzee have a theory of mind? The Behavioral and Brain Sciences, 4, 515-526.
Thommen, E. (2001). L'enfant face à autrui. Paris : Armand Colin.
Thommen, E. (2007). Le développement des théories de l'esprit. In A. Blaye & P. Lemaire (Eds.) Le développement cognitif de l'enfant (pp. 65-94). Bruxelles : De Boeck.
Thommen, E. (2007). L'enfant et les phénomènes mentaux: les théories de l'esprit. Langage & pratiques, No 39, 9-19.
Thommen, E., & Rimbert, G. (2005). L'enfant et les connaissances sur autrui. Paris: Belin.
Wimmer, H. & Perner, J. (1983). Beliefs about beliefs: representation and constraining function of wrong beliefs in young children's understanding of deception. Cognition, 13, 103-128.
Kaufmann___Clement_2003.pdf
(130 Kb)
Thommen_2007_debut_.pdf
(1304 Kb)
Thommen_2007_suite_.pdf
(1395 Kb)


