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246 (1997/1-2) Cassirer 1945-1995. Sciences et cultures - Edité par Nathalie Janz

SOMMAIRE

Nathalie JANZ - Introduction. Ernst Cassirer 1945-1995: Sciences et culture (p. 3-8)

Fabien CAPEILLERES - Fonction et système: sur le paradigme de l’intégrale et de la dérivée dans le concept de «forme symbolique» (p. 9-30)

Cet article développe la notion cassirérienne de «système complexe» des formes symboliques à partir du paradigme mathématique de l'intégrale et de la dérivée, paradigme que le philosophe utilise à maintes reprises. On entend par là proposer une solution au problème de la systématicité des formes symboliques grâce à l'élucidation de la fonction symbolique chez Cassirer (c'est une fonction au sens mathématique et sa forme est du type F(x)). Cette hypothèse de lecture permet en outre de penser de façon cohérente la continuité, affirmée par le philosophe, entre Substance et Fonction, où la forme mathématique apparaît pour la première fois comme modèle pour penser une activité spirituelle, et la Philosophie des formes symboliques, qui élargit considérablement le projet originel. Enfin, elle permet de donner un sens strict et consistant à la reprise typiquement néokantienne du projet kantien de mettre la philosophie en la sûre voie de la science.

Massimo FERRARI - Cassirer et l’empirisme logique: la discussion entre Cassirer et Schlick (p. 31-46)

La discussion entre Cassirer et Schlick, qui se développa dès 1918 jusqu'à la fin des années vingt, est en même temps un débat sur la théorie de la connaissance, sur la théorie de la relativité et la physique moderne, sur Kant et les concepts fondamentaux de réalité objective, de phénomène, de symbole et de coordination. Mais on peut aussi lire ce débat philosophique vraiment exemplaire dans le cadre plus large de l'histoire et de la systématique de deux grands courants de la philosophie du XXe siècle: le néokantisme, à savoir le néokantisme de Marbourg, et l'empirisme logique. En tous cas, il ne s'agit guère d'une discussion démodée, qui aurait seulement à faire avec l'intérêt et le goût archéologique de l'historien des idées.

Hans Günther DOSCH - The Concept of Sign and Symbol in the Work of Hermann Helmholtz and Heinrich Hertz (p. 47-61)

On peut rendre compte de l'application du concept de signe et de symbole dans le travail scientifique de Helmholtz et Hertz par deux cas typiques: la théorie de l'harmonie et de la disharmonie de Helmholtz et l'élimination de la «force» dans la mécanique de Hertz. Cette particularité est située dans le contexte du développement de la physique de Newton aux temps modernes.

Christiane SCHMITZ - Science et symbole: un regard cassirérien (p. 63-72)

Qu'est-ce que la science? La philosophie d'Ernst Cassirer permet une réponse nouvelle et surprenante à cette question. Celle-ci est rendue possible grâce à une analyse approfondie des différents modes de fonctionnement du symbole et une discussion à son sujet aide à surmonter certaines difficultés auxquelles semblait encore se heurter l'idée fondatrice de la «philosophie des formes symboliques».

Ion-Olimpiu STAMATESCU: Sur une «crise de l’intuition» dans la théorie de la relativité et de la mécanique quantique et la discussion cassirérienne sur la physique moderne (p. 73-98)

Dans la physique moderne, l'intuition classique a priori et les concepts théoriques de l'espace-temps représentent des conditions d'objectivation contradictoires. Les arguments présentés ci-dessous suggèrent qu'une reconstruction des concepts théoriques non-classiques à partir d'une intuition classique serait artificielle et ne résoudrait pas cette contradiction. Cela signifie ou bien que l'intuition perd son caractère immuable et devient «historique», ou bien que le processus d'objectivation n'est pas basé sur des conditions absolues mais se sert de divers «instruments» en relativisant ceux-ci simultanément. L'analyse essaie de suivre la position d'Ernst Cassirer sur la question d'une «crise de l'intuition» et les conclusions qui s'ensuivent.

Enno RUDOLPH - La réception cassirérienne de l’humanisme de la Renaissance (p. 99-114)

Parmi les philosophes européens, Ernst Cassirer fait partie des rares connaisseurs de la Renaissance qui aient rendu manifeste l'unité de la philosophie de la Renaissance. Ce que Jakob Burkhardt a fait pour l'histoire de l'art, Cassirer l'a complété pour l'histoire de la philosophie: la découverte de la Renaissance comme premier paradigme des Lumières dans l'histoire européenne de l'esprit. Ernst Cassirer l'a démontré dans plusieurs études spécifiques sur des philosophes de la Renaissance – Nicolas de Cues, Ficin, Pic de la Mirandole, Pietro Pomponazzi – et, il a, à la suite de Leibniz et Humboldt, contribué avec ses résultats à justifier la signification constructive de la philosophie de la Renaissance pour la constitution des temps modernes. De plus, Ernst Cassirer et le Cercle de Warburg ont essayé de déduire de la signification culturellement révolutionnaire de la Renaissance un concept de culture actuel.

Jean SEIDENGART - L’héroïsme philosophique de Giodano Bruno à l’apogée de la Renaissance d’après Cassirer (p. 115-142)

Dans cette étude, nous nous proposons de déterminer dans quelle mesure l'œuvre de Giordano Bruno constitue aux yeux de Cassirer une sorte de révolution philosophique, à la fin de la Renaissance, qui prépara le tournant décisif de la révolution scientifique, sans l'avoir voulue ni souhaitée comme telle. La pensée brunienne a su tirer toutes les conséquences que les profonds bouleversements de l'astronomie copernicienne impliquaient sur le plan de la métaphysique et de la théorie de la connaissance. Cependant, d'un côté, Bruno a lutté énergiquement, à l'aide de sa cosmologie infinitiste, contre les résistances farouches des philosophes péripatéticiens, en faisant place à une conception fonctionnelle de la connaissance. Mais d'un autre côté, la critique brunienne des mathématiques, alliée à sa métaphysique du Minimum indivisible, finit par dévaloriser l'intérêt des mathématiques dans la connaissance de la nature et de l'univers. Cassirer prend en compte la complexité de l'infinitisme brunien et tente d'en apprécier la portée pour la naissance de la science classique.

Nathalie JANZ - Le symbole cassirérien entre voiles et dévoilement (p. 143-162)

Il existe de nombreuses définitions du concept de symbole: son origine étymologique nous renseigne sur son rôle de médiateur; ses deux acceptions traditionnelles sur sa fonction d'abstraction et son rôle comme signe arbitraire. Dans La Philosophie des formes symboliques, Cassirer brise ce cadre trop étroit en étudiant le symbole jusque dans ses manifestations les plus primitives, contribuant ainsi à sa dispersion sémique. Le symbole est redéfinit à l'aide de la métaphore du voile: le philosophe cherche à accéder à la vérité – l'image voilée de Saïs, mais sans pouvoir se déjouer du voile de Maya. La tâche du philosophe cesse d'être aporétique quand elle abandonne la tentation de dévoiler la vérité pour examiner la texture même du voile, révélateur du principe de formation de la culture, de la pensée et de l'expérience humaine.

John Michael KROIS - On Editing Ernst Cassirer’s Unpublished Papers : Technical and Philosophical Perspectives (p. 163-184)

Part 1 of the essay gives basic information about Ernst Cassirer's unpublished papers and a brief history of their transmission. Part 2 contains a description of the physical nature of Cassirer's papers, their organization and the general ideas guiding the plan of the edition. Part 3 examines the intellectual content of Cassirer's unpublished papers and the intellectual and historical circumstances when they were written. Particular attention is drawn to Cassirer's reception of and reaction to the Vienna Circle of Logical Positivism and his reaction to Heidegger's philosophy. The relationship between Cassirer's published and unpublished writings is also discussed. Attention is drawn to the breadth of topics found in the unpublished papers, which includes work on systematic philosophy, the history of philosophy, and the history of ideas. Part 4 deals with the dating, identification, and organization of the papers for the edition. Part 5 offers concluding remarks.

Compte rendu bibliographique:

Armand FRANCILLON - Rosaria Patanè Ceccantini, Il motivo del Locus amoenus nell'Orlando furioso e nella Gerusalemme liberata, Université de Lausanne, Faculté des Lettres, Section d'italien, Quaderni italo-svizzeri, n° 2, 1996, p. 59 (p. 185-156)

Chronique annuelle de la Faculté des lettres, année académique 1995/1996:

Mémoires de licence soutenus à la Faculté des lettres en 1996 (p. 187-196)

Thèses de doctorat soutenues à la Faculté des lettres en 1996 (p. 197-198)

Ecole de français moderne (p. 199-203)

 

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