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251 (1998/3-4) La Fabrication de l'humain dans les cultures et en anthropologie - Edité par Claude Calame et Mondher Kilani

SOMMAIRE

Claude CALAME, Mondher KILANI : Anthropopoiésis : introduction (p. 5-14)

Francesco REMOTTI - Thèses pour une perspective anthropopoiétique (p. 15-32)

Ce texte pose les fondements philosophiques et épistémologiques de l’idée de l’anthropopoiésis ou de l’anthropogenèse qu’il confronte aux différentes manifestations et conceptions de la culture produites par les hommes de l’histoire. S’inspirant d’une vaste littérature anthropologique et de nombreuses études de cas, il montre comment les hommes, en inventant la culture, donnent en même temps lieu à eux-mêmes.

Alain BALLABRIGA - La fabrication de l’humain dans les mythes orientaux et grecs (p. 33- 48)

L’étude des mythes anthropogoniques en Grèce et en Orient conduit à reconnaître que la pensée mythique ne se réduit pas à une combinatoire structurale mais présente assez généralement et très tôt dans les temps historiques une dimension évolutive et potentiellement critique. Ainsi en Grèce archaïque le mythe des races hésiodique semble bien être une version réformée du mythe de Prométhée et de Pandore tout comme, dans la Bible, la genèse postexilique corrige le mythe d’Adam et Eve. Mais cet aspect évolutif de la pensée mythique est contrecarrée par des forces d’inertie, des pesanteurs idéologiques et sociologiques qui s’opposent au libre jeu de la raison.

Annamaria RIVERA - La construction de la nature et de la culture par la relation homme-animal (p. 49-72)

Le point de départ de ce texte est l’hypothèse que la manière de penser l’animalité dans les différentes sociétés révèle le rapport et éventuellement l’opposition qu’on y établit entre la nature et la culture. Pour démontrer cette thèse, ce texte s’appuie sur des exemples aussi bien «exotiques» que modernes. Il montre ainsi combien la comparaison de l’homme avec l’animal contribue à provoquer dans les cultures une bestialisation des hommes et une naturalisation du social. Ce texte s’arrête notamment sur la manière de représenter l’animalité dans les «naturalismes» qui se veulent scientifiques.

Geoffrey E. R. LLOYD - Humains et animaux: problèmes de taxinomie en Grèce et en Chine anciennes (p. 73-92)

Les espèces naturelles sont-elles ou non des universaux transculturels? Tandis que certains spécialistes en sciences cognitives ont soutenu que la notion d’animal correspond à un «module nodal», les tenants d’un relativisme culturel ont insisté sur la diversité des classifications animales attestées à travers le monde, une diversité qui reflète les différents intérêts, expériences et idéologies des sociétés en question. Ni l’un ni l’autre de ces points de vue extrêmes ne rend justice à la complexité des problèmes philosophiques et historiques. Tout d’abord, les recherches modernes sur la taxinomie biologique ont problématisé non seulement la notion d’essence, mais également celle d’espèce. Ensuite, l’examen des classifications animales en Grèce et en Chine anciennes met en lumière des problèmes supplémentaires.

Thomas W. LAQUEUR - L'homme, l’humanitaire et la catégorie de l’humain au XVIIIe siècle (p. 93-110)

Ce texte s’emploie à focaliser l’attention sur le XVIIIe siècle et sur la réflexion morale quant à la nature de l’homme et de la catégorie de l’humain, réflexion provoquée auprès des colons américains et enregistrée par les institutions politiques dans la confrontation avec la réalité de l’esclavage des Noirs africains. Il suggère que la fabrication de l’humain et de l’humanité ne se réalise pas par l’altérité mais par la communauté. Il y aurait toutefois une limite dans l’intégration de l’étranger en soi, en nous-mêmes.

Claude BLANCKAERT - Contre la méthode: unité de l’homme et classification dans l’anthropologie des Lumières (p. 111-126)

Depuis le XIXe siècle, les anthropologues considèrent que la démarche classificatoire est naturelle à l’esprit humain. C’est un principe d’ordre dont la légitimité n’est pas questionnée. Pourtant la plupart des naturalistes du siècle des Lumières, à l’exception notable de C. Linné, ont violemment critiqué le parti-pris taxinomique, ses hiérarchies et sa trop lourde métaphysique raciale. En suivant l’argumentaire anti-méthodiste, de Buffon à Sonnini, l’historien découvre deux paradigmes antagoniques, fondés notamment sur le rôle de la géographie et sur l’opposition race/variété. Les discours naturalistes ne sont donc pas uniformes. Au-delà d’une question de mots, ils engagent toute une fabrique symbolique de l’humain.

Wiktor STOCZKOWSKI - Les conceptions de la «nature humaine» dans les scénarios de l’hominisation (p. 127-138)

En analysant cinq scénarios de l’hominisation publiés dans la seconde moitié du XXe siècle, on s’interroge sur les visions de la «nature humaine» qui y sont mobilisées, ainsi que sur le rôle joué par celles-ci dans les conjectures métaphysiques où domine la hantise de la rechute de l’homme dans l’animalité et le désir de trouver un moyen d’amélioration définitive de la condition humaine.

Françoise HÉRITIER - Les fabrications possibles et pensables d’un produit humain (p. 139-154)

Ce texte insiste tout d’abord sur le fait que la plupart des conséquences entraînées par les techniques toutes récentes de la procréation artificielle, au niveau de la représentation généalogique, avaient déjà été envisagées par les sociétés traditionnelles dans leurs figurations et leurs utilisations sociales des structures de la parenté. Il débouche ensuite sur des questionnements relatifs à la représentation sexuée des genres, aux figures du même et du différent, à la métaphysique de l’immortalité, aux utopies et aux fantasmes de nouvelles humanités.

Silvana BORUTTI - Construire l’humain? (p. 155-162)

En retraçant le parcours partagé entre conceptions culturelles et taxinomies scientifiques de l’homme et de l’humanité, on saisit les implications épistémologiques de modèles dont l’élaboration, pour les autres et pour nous, est traversée par la nécessité mimétique du «faire voir». La logique fictionnelle qui sous-tend les modèles a un caractère configurant. Elle est configuration de l’informe du monde dans des objets possibles. La perspective épistémologique de la fiction met en évidence les modèles comme suppléance formelle de la distance irrémédiable de l’objet, comme capacité de voir quelque chose de plus.

Collaboratrices et collaborateurs (p. 163-164)

Etudes de lettres. Table des matières 1998 (p. 165-166)

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