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290 (2012/1-2) Etudes pontiques. Histoire, historiographie et sites archéologiques du bassin de la mer Noire - Edité par Pascal Burgunder

L’espace qui s’offre aux Grecs lorsqu’ils franchissent le détroit du Bosphore est celui d’un continent maritime. Ils en explorent les rivages et dressent bientôt la carte d’une mer devenue familière : le Pont-Euxin. A notre tour d’en prospecter le littoral ! Au cours de l’automne 2009, l’Université de Lausanne accueillait en ses murs archéologues et historiens pour une série de conférences dédiées à cette région captivante du monde antique. Le présent volume réunit leurs contributions. On y traite de l’histoire du royaume du Bosphore Cimmérien, de questions d’historiographie touchant une aire géographique s’étendant du Pont-Euxin à l’Oxus, enfin de sites archéologiques du Pont occidental et septentrional.

SOMMAIRE

Pascal BURGUNDER - Introduction (p. 7-14)

Histoire du royaume du Bosphore Cimmérien

Pascal BURGUNDER - Une introduction à l’archéologie du royaume du Bosphore Cimmérien (p. 17-56)

L’exploration archéologique des établissements grecs fondés sur le littoral septentrional de la mer Noire, en particulier des cités de l’antique royaume du Bosphore Cimmérien, a suscité quelques récentes publications accessibles à un lectorat non russophone. Cette vitalité éditoriale nous invite à un mouvement rétrospectif visant à présenter des éléments d’histoire de la recherche archéologique de cette région. On découvre ainsi que des Suisses se sont intéressés au patrimoine archéologique de la Russie méridionale dès le XIXe siècle. On décrit ensuite les développements que connut l’archéologie bosporane durant la période soviétique, par l’exemple de l’épigraphie, puis en parcourant les publications de savants soviétiques destinées au public occidental. Un bref passage en revue des études récentes sur ce propos conclut notre étude. 

Jurij Alekseevič VINOGRADOV - La colonisation grecque du Bosphore Cimmérien (p. 57-86)

Les colons arrivés sur les rives du détroit de Kertch se sont trouvés en contact étroit non seulement avec les populations d’agriculteurs barbares (les Sindes et les Méotes), mais aussi avec des populations nomades (les Scythes). La colonisation des rives du détroit a commencé entre la fin du VIIe s. et le début du VIe s. av. J.-C. Les mouvements périodiques des Scythes à travers le Bosphore (Hérodote IV.28), durant l’hiver, ont exercé une forte influence sur ce processus. Les Grecs ont fondé sur les rives du détroit une trentaine d’établissements, mais tous n’étaient pas des cités-Etats. Le recoupement des sources que nous possédons permet de supposer que sept de ces établissements étaient des poleis : Théodosie, Panticapée, Nymphaion, Phanagorie, Hermonassa, Kèpoi et Port des Sindes/Gorgippia, alors que les autres établissements furent probablement fondés à la suite de la colonisation interne de la région (Kytée, Myrmèkion, Tiritaka, Porthmion, etc.). 

Aleksandr Vasil’evič PODOSINOV - Le royaume du Bosphore Cimmérien aux époques grecque et romaine : un aperçu (p. 87-110)

Le présent article propose un aperçu de l’histoire du royaume du Bosphore Cimmérien sur presque un millénaire, depuis le début du Ve siècle av. J.-C. et jusqu’à l’invasion des Huns au IVe siècle de notre ère. On y analyse les processus d’avènement et de développement du royaume bosporan, une formation étatique unique dans l’histoire du monde antique, qui conciliait des éléments d’une organisation politique de type polis avec une forme de gouvernement monarchique. Ici, comme nulle part ailleurs, on peut observer les traits d’une synthèse gréco-barbare ethnopolitique et culturelle, qui se fit précédemment aux campagnes d’Alexandre le Grand. Tous les aspects de l’histoire du royaume bosporan sont examinés dans cette étude : politiques, socio-économiques, religieux, culturels, domestiques, etc. 

Ecriture de l’histoire antique en Russie et en Asie centrale

Igor L’vovič TIKHONOV - L’archéologie classique à l’Université de Saint-Pétersbourg du XVIIIe siècle à nos jours (p. 113-150)

Le présent article traite du processus de formation de la recherche scientifique dans le domaine de l’archéologie du monde antique, ainsi que des traditions d’enseignement de cette branche au sein de l’Université de Saint-Pétersbourg, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. Dès le XVIIIe siècle, les premiers professeurs d’histoire T. S. Bayer et G. F. Miller donnèrent des enseignements sur les monuments antiques et scythes de Russie méridionale. Dans la première moitié du XIXe siècle apparut à l’Université une chaire d’archéologie classique ainsi qu’un Musée des Antiquités. A la fin du XIXe siècle, le professeur N. P. Kondakov forma toute une pléiade de spécialistes en archéologie antique. Ses élèves, M. I. Rostovcev, S. A. ebelev, Ja. I. Smirnov et B. V. Farmakovskij donnèrent différents cours sur l’archéologie antique et menèrent également des fouilles. A partir de 1922, les archéologues du département d’archéologie de l’Université profitèrent d’une formation spécifique. En 1936, l’archéologie classique fut intégrée à la chaire d’archéologie de la faculté d’histoire, où le cours principal sur l’archéologie antique était donné par le professeur V. F. Gajdukevič. 

Caspar MEYER - Le sacrement scythe. Rostovtseff, son interprétation de l’art gréco-scythe et l’étude de l’interaction culturelle dans le royaume du Bosphore (p. 151-182)

Cet essai analyse le modèle par lequel Rostovtseff proposait d’interpréter l’archéologie du littoral septentrional de la mer Noire, en le replaçant dans le contexte de la science et de l’historiographie russe et européenne de son époque. La discussion porte principalement sur les scènes de commensalité représentées dans la toreutique gréco-scythe et sur les possibilités qu’offre leur interprétation en rapport avec les anciennes religions à mystères, en amplifiant le discours sur la fusion culturelle entre l’Orient et l’Occident, tel que le public occidental le connaît surtout par son ouvrage Iranians and Greeks in South Russia (1922). L’auteur cherche à faire apparaître les tendances téléologiques de cette explication, qui est en bonne partie liée à la volonté de voir l’identité historique de la Russie tsariste réalisée dans son rôle d’Empire chrétien à la charnière de l’Orient et de l’Occident. 

Svetlana GORSHENINA - L’archéologie russe en Asie centrale en situation coloniale : quelques approches (p. 183-220)

Le présent article examine les approches possibles pour une analyse de l’histoire de l’archéologie russe en Asie centrale, notamment dans le contexte colonial qu’a vécu le Turkestan au tournant des XIXe et XXe siècles. L’étude met en évidence les traits spécifiques de ce qu’est une archéologie en situation coloniale et qui transparaissent à travers diverses pratiques dans l’organisation des recherches scientifiques.

Sites archéologiques du bassin pontique

Dmitrij Efimovič ČISTOV - La Borysthène archaïque (site de l’île de Bérézan). Première colonie grecque du nord de la mer Noire, d’après le matériel des fouilles récentes du Musée d’Etat de l’Ermitage menées dans la partie orientale de l’île (p. 223-260)

Il semble que l’établissement de Bérézan, qui portait dans l’Antiquité le nom de Borysthène, puisse être considéré comme l’un des monuments clefs de l’archéologie antique du nord de la mer Noire. Dans les couches anthropiques de l’établissement de la période archaïque étudiées jusqu’à aujourd’hui, on distingue deux phases principales : la première, qui s’étend de la fin du VIIe siècle jusqu’au milieu du VIe s. av. J.-C., est constituée exclusivement de structures d’habitation de type « cabanes semi-enterrées » ainsi que de fosses domestiques. C’est dans les années 540 av. J.-C. environ qu’apparaît à Bérézan un site urbanistique : un réseau de rues et de quartiers, avec des maisons « en surface », faites de pierre et de brique crue. Manifestement, ces changements frappants furent occasionnés par l’arrivée d’une nouvelle vague de colons, après la soumission des villes ioniennes à l’Empire perse. Un établissement de type urbain se maintint à Bérézan approximativement jusqu’à la fin du premier quart du Ve s. av. J.-C., ensuite de quoi il fut abandonné par les habitants. De nouvelles fouilles, entreprises par l’expédition de l’Ermitage dans la partie orientale de l’île, montrent que cette phase « urbanistique » peut être à son tour divisée en deux étapes délimitées par les traces d’importants incendies et de destructions qui eurent lieu au cours du dernier quart du VIe s. av. J.-C. Le tournant des VIe-Ve s. av. J.-C. marque l’étape finale de l’existence de la ville archaïque ; à cette époque apparaît un nouveau complexe d’édifices publics dans la partie orientale de l’établissement : il pourrait s’agir d’un téménos, partiellement mis au jour lors des fouilles de ces dernières années. 

Valentina Vladimirovna KRAPIVINA - Olbia Pontica. Principaux résultats des fouilles menées de 2006 à 2010 (p. 261-278)

Entre 2006 et 2010, les investigations de terrain menées à Olbia Pontica ont été entreprises dans les secteurs particulièrement endommagés par les éléments naturels. Le secteur R-25 au sud-est de la ville haute, la zone des portes de ville sur l’enceinte septentrionale de la citadelle, le secteur T-3 dans sa partie en terrasses, le secteur NGS au nord de la ville basse et deux secteurs à l’endroit de la nécropole figurent au nombre des principales surfaces fouillées à Olbia.

Alexandru AVRAM et Iulian BÎRZESCU - Fouilles récentes dans la zone sacrée d’Istros (p. 279-310)

Les auteurs présentent les acquis des nouvelles recherches dans le téménos d’Istros (Histria, Roumanie). Après un bref aperçu des résultats des anciennes fouilles (voir Histria VII), ils discutent notamment la « fosse sacrée » identifiée à l’est du temple d’Aphrodite et un nouvel édifice cultuel du dernier tiers du VIe s. av. J.-C. (monument M), détruit pendant la première moitié du Ve siècle av. J.-C. et qui pourrait être interprété comme le temple d’une divinité féminine. Ils ajoutent des considérations sur les premiers aménagements cultuels ayant précédé la construction des temples en pierre, ainsi que sur les changements qu’a connus successivement le téménos aux époques classique et hellénistique. Seules les trouvailles jugées les plus significatives sont illustrées. 

Vladimir Fjodorovič STOLBA - La vie rurale en Crimée antique : Panskoe et ses environs (p. 311-364)

Cet article dresse un bilan original des recherches archéologiques menées de longue date sur l’établissement de Panskoe I, l’un des monuments les plus importants et les mieux étudiés de l’époque classique tardive et du début de l’époque hellénistique dans la chôra lointaine de Chersonèse Taurique, au nord-ouest de la Crimée. Témoignant d’intéressants métissages d’éléments à la fois grecs et locaux, la culture matérielle riche et singulière de l’établissement apporte une lumière sur les aspects principaux de l’activité culturelle et domestique de ses habitants. Attendu l’histoire très courte du monument, les trouvailles archéologiques offrent, au fond, un instantané de la vie quotidienne de la paysannerie locale. 

Adresses des auteurs (p. 365-366)


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ISBN 978-2-940331-27-7

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Revue des études anciennes 114, 2012

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