Femmes, victimisation et délinquance
Dr. Véronique Jaquier, chargée de cours
Cours
Ce cours sera donné au semestre de printemps 2013 du 18 au 22 mars dans la salle 5112 (5ème étage du Batochime) à confirmer Vous avez rendez-vous à la cafétéria du 2ème étage du Batochime à 14h45 avant le 1er cours, afin que vous puissiez savoir comment vous y rendre.
- lundi 18 de 15h à 18h
- mardi 19 de 8h à 10h et de 15h à 18h
- jeudi 21 de 13h à 17h
- vendredi 22 de 9h à 12h et de 13h à 16h
Descriptif
Historiquement, l'implication des femmes dans le phénomène criminel n'a que peu intéressé le champ criminologique. Chercheurs et praticiens considéraient plus pertinent de se concentrer sur les hommes étant donné la surreprésentation de ces derniers parmi les agresseurs. Les femmes n'étaient pas absentes des premiers traités sur la délinquance, cependant, dès lors qu'elles représentaient une «minorité marginale», les auteurs ne jugeaient pas opportun de s'en préoccuper. Le champ théorique criminologique s'est donc essentiellement construit autour de l'explication de la délinquance masculine, jusqu'à l'apparition des premières perspectives féministes dans la seconde moitié des années 1970.
Une des observations constantes de la criminologie est le fait que les femmes commettent moins de délits que les hommes, phénomène qualifié de «gender gap in offending». Cependant, au cours des dernières décennies, plusieurs auteurs ont constaté que les femmes commettent aujourd'hui davantage de délits que par le passé, et que donc l'écart entre délinquances féminine et masculine s'est amoindri. Ce cours examine les données empiriques portant sur la délinquance des femmes et des filles, mettant en lumière la nature et l'ampleur de leur délinquance, en regard de celles des hommes et des garçons. Passant en revue les théories classiques de la criminologie, il explore de quelle manière ces dernières appréhendent la délinquance féminine et comment elles tentent de faire coïncider les parcours délinquants des femmes et des hommes.
À l'inverse, les femmes ont toujours été considérées comme des victimes par excellence, ce du fait d'une vulnérabilité physique et émotionnelle considérée comme supérieure à celle des hommes. Il apparaît rapidement que les conclusions fondées sur la simple comparaison des prévalences de victimisation des hommes et des femmes sont biaisées, hommes et femmes n'étant avant tout pas victimes des mêmes actes de violence. Ce cours étudie la spécificité des expériences de victimisation des femmes, la manière dont ces dernières sont mesurées et comment certaines explications théoriques tentent d'articuler les différents facteurs de risque mis en évidence par la recherche empirique. Ces risques dits objectifs sont mis en perspective avec le sentiment d'insécurité des femmes et les adaptations auxquelles ces dernières ont recours.
Pour terminer, ce cours interroge la présence des femmes dans les agences et les institutions du système pénal et les manières dont elles interviennent, réagissent et jugent le crime en regard des pratiques masculines.
Objectifs
Ce cours a pour objectifs d'amener les étudiants à:
- Identifier les enjeux actuels des interrelations entre genre, victimisation et délinquance.
- Décrire l'implication des femmes dans la délinquance au moyen d'exemples nationaux et internationaux.
- Comparer les différentes perspectives théoriques et la manière dont elles conçoivent l'implication des femmes dans la délinquance.
- Décrire les schémas de victimisation des femmes au moyen d'exemples nationaux et internationaux.
- Comparer les facteurs de risque identifiés, leurs interactions et les différentes perspectives théoriques qui tentent d'expliquer la victimisation.
- Décrire l'impact de la présence des femmes dans les agences et les institutions du système pénal.
- Développer une réflexion critique permettant d'établir des liens avec d'autres enseignements du programme de Maîtrise, en s'efforçant de poser de manière systématique la question de l'impact du genre.
Modalités
Ce cours comprend une série d'exposés et différentes lectures. La participation active des étudiants est encouragée afin de favoriser les discussions en classe, de stimuler leur réflexion sur la matière présentée et d'exercer leurs capacités réflexives et critiques en vue de l'examen.
Examen
Ce cours est sanctionné par la reddition d’un texte individuel dont la problématique spécifique s’insérera, au choix, dans l’une des quatre thématiques du cours, soit le féminisme en criminologie, la délinquance des femmes, la victimisation des femmes ou les femmes agentes de la réaction sociale. Les modalités spécifiques du travail seront présentées en classe.


