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Emilie Ait Yahya Graison

« Ma fille et ma thèse, je les ai portées pareil »

Concilier carrière de chercheur et vie de famille n’est pas évident pour une jeune femme. Emilie Ait Yahya Graison s’y emploie avec succès. 

La Parisienne de 32 ans, maman de deux filles de 3 ans et demi et deux mois, a rejoint le Centre intégratif de génomique de l’UNIL en septembre 2008. Elle avait en poche un titre de maître ingénieur en biologie et informatique de l’Université d’Evry-Val-d’Essonne et un doctorat en biotechnologie de l’Université Denis Diderot de Paris.

Après un an de travaux préparatoires dans le groupe du prof. Alexandre Reymond, Emilie Ait Yahya Graison dépose son projet de postdoc et décroche une bourse individuelle Marie Curie. Ce financement de l’Union européenne est réservé à des chercheurs expatriés afin d’encourager leur mobilité. «C’est un excellent tremplin pour le lancement d’une carrière. Cette bourse permet de travailler sereinement avec un salaire adapté à nos conditions familiales, comme des frais de garde d’enfants. Elle tient compte de notre futur en nous offrant d’autres bourses pour retourner dans notre pays.» Ce moment est encore loin pour la biologiste, occupée pour deux ans encore, à sa recherche qui porte sur un phénomène génétique complexe, les CNV (copy numbers variants).

En effet, la découverte des CNV a mis en évidence le fait que le génome humain varie davantage d’un individu à l’autre qu’on l’imaginait. Il semblerait que nos chromosomes abritent environ 1500 régions CNV et que ces dernières comptent pour plus de 10% du génome humain. Si cette variation du nombre de copies contribue à la variabilité entre les individus, elle permettrait aussi de conférer des susceptibilités différentes à certaines maladies comme le cancer, l’autisme. Mais l’application clinique est fort éloignée du champ d’observation de la biologiste française, centrée sur la recherche fondamentale.

Ses travaux visent à comprendre l’impact des CNV sur l’expression des gènes chez une lignée de souris de souche pure. L’étude de l’expression des gènes a été facilitée par une technologie émergente basée sur le repérage des ARN dans une cellule : le séquençage à haut débit. Cet outil de travail, déjà bien implanté à l’UNIL, avait à l’époque encouragé la postdoctorante à venir en Suisse : « Peu de laboratoires français étaient équipés de cette génération de séquenceurs en 2008. Grâce au partenariat avec la plate-forme technologique de l’Arc lémanique, le Centre intégratif de génomique a accès à ce matériel de pointe», observe la chercheuse.

La passion de la scientifique pour la biologie n’a pas été immédiate. Son rêve, devenir pédiatre, a été balayé par un échec au concours de médecine après une année de fac. L’étudiante se réoriente vers la biologie moléculaire, s’emballe pour une discipline prometteuse, la génétique, se forme en bioinformatique. En travaillant sur le génome humain, elle renoue avec son intérêt pour les maladies. Le lien entre ses domaines de prédilection se concrétise par une thèse sur l’étude des processus de dérégulations géniques apparaissant dans la trisomie 21.

Une thèse défendue avec brio un mois avant d’accoucher : «Ma fille et ma thèse, je les ai portées pareil. J’ai le sentiment d’avoir eu deux bébés, sourit-elle. On est investi d’une telle énergie qu’on veut mener le projet jusqu’au bout, comme une grossesse. » Depuis, sa seconde fille est arrivée, en novembre dernier. A quinze jours de sa naissance, la future mère finalisait dans son laboratoire une étape importante de son postdoc.

Marie-Françoise Macchi
 

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