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Richard Benton

L'ivresse de l'inspiration

Richard Benton, professeur assistant au Centre intégratif de génomique de l’Université de Lausanne et en prétitularisation conditionnelle, a obtenu en 2007 un subside de recherche de l’European Research Council (ERC). Son étude, Olfactory perception in Drosophilia, porte sur la relation entre l’environnement, le système olfactif et le cerveau de la mouche.

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Felix Imhof © UNIL

En Grande-Bretagne, les écoliers choisissent leur orientation très tôt. Ainsi, dès l’âge de seize ans, le jeune citoyen britannique Richard Benton a étudié la biologie, les mathématiques et la musique. La musique, il n’a plus trop le temps d’en faire depuis que ses enfants sont nés, mais la biologie occupe une grande partie de sa vie. Sa vocation de scientifique a surgi d’une révélation, explique-t-il en souriant : «Pour mon bac, j’ai effectué un petit projet en laboratoire, qui portait sur la fonction des protéines. J’ai commencé par étudier la littérature existante, et d’un coup m’est venue une idée d’expérience. C’était une idée à moi. Et un moment très fort dans ma vie. J’ai découvert combien la science était une discipline créative.»

Du coup, il décide de se spécialiser en biochimie. D’abord, il travaille durant six mois dans un laboratoire de Cambridge, puis six mois à Heidelberg. «Une période très enrichissante. J’y ai exploré des domaines de recherche différents, et des façons de travailler différentes, dit-il dans un français parfait, légèrement teinté d’accent britannique. C’était un laboratoire connu où j’ai découvert la pression, le plaisir et la récompense.» La récompense? Ce sont les quelques minutes ou secondes durant lesquelles on sait quelque chose que l’on est le seul à savoir. «Il y a un moment où nos émotions atteignent un pic. On ne dort plus, on est très excité.»

Ensuite, il retourne à Cambridge où il accomplit sa thèse, intitulée The molecular function of the Drosophila PAR-1 kinase in establishing cell polarity. Elle porte sur la biologie du développement de l’ovocyte de la drosophile, dénommée aussi mouche à vinaigre. «J’ai cherché comment s’établissent les axes du corps dans l’œuf de la mouche. C’est à-dire les axes qui vont préfigurer la disposition de l’organisme adulte. Où iront la tête, les pattes, le corps et l’abdomen», explique-t-il, en montrant une éprouvette contenant une colonie de minuscules mouches allant du brun foncé au blanc en passant par le beige et le jaune : les mouches, les œufs et les larves. Fascinant.

Plus tard, son passage dans le laboratoire de Leslie Vosshall, à la Rockefeller University, change le cours de sa carrière et de sa vie. «J’avais lu une biographie du grand spécialiste de la mouche, Seymour Benzer, qui étudiait la base génétique présidant au comportement de la mouche, relate-t-il. C’est ma mère qui m’avait offert cet ouvrage pour Noël. Elle avait vu une mouche sur la couverture et pensé que cela m’intéresserait.» Sa deuxième révélation. Les questions ouvertes par la neurobiologie lui ont semblé infinies. J’ai quitté la biologie cellulaire pour le domaine de la neurobiologie.

A cette époque, Richard Benton se marie avec Sophie Martin, rencontrée à Cambridge, chercheuse comme lui et également bénéficiaire du subside de l’ERC, une Suissesse qui l’emmène à Lausanne lorsqu’elle décroche un poste à l’UNIL. Par chance, il y trouve lui aussi une opportunité professionnelle: le poste qu’il occupe actuellement. Simultanément, Richard fait une demande pour obtenir le subside de l’ERC, qu’il obtient. « J’étais ravi, ce subside offre une somme d’argent très importante, et elle m’apportait de la visibilité, souligne-t-il. C’est de l’argent sans chaînes. La plupart des bourses de recherche exigent que l’on travaille en réseau, et le travail administratif est gigantesque. Alors qu’avec l’ERC, je suis totalement libre et les démarches pour l’obtenir m’ont paru simplissimes.»

Son projet, qu’il mène avec une équipe de six personnes, porte sur la relation entre le système olfactif et le cerveau de la drosophile: «Nous cherchons à identifier les gènes et neurones du système olfactif permettant aux mouches de reconnaître les odeurs et de répondre avec un comportement approprié, d’identifier ce qu’elle peut manger et ce qui est poison pour elle, ou pour adapter son comportement sexuel.» Richard Benton sourit : «La drosophile est minuscule, mais elle a un comportement très sophistiqué.»

Il considère la recherche comme un métier à la fois créatif et social. «Il est plein de surprises, affirme-t-il. Aucun jour ne ressemble au précédent. Si vous êtes passionné par la science, il n’y a aucun autre métier qui offre autant de joie. Et je travaille avec des gens intéressants, qui en savent plus que moi dans leur domaine.» Certes, précise-t-il, les moments de découverte sont rares, mais tellement intenses. En résumé, ce n’est pas un travail, c’est un plaisir, qui habite le scientifique. «On y pense 24 heures sur 24, relève-t-il. Même quand on dort, on y pense. » Un remède contre l’ennui.

Fabienne Bogadi


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