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Niko Geldner

A la recherche du mutant

Professeur de biologie à l’Université de Lausanne, Niko Geldner s’est spécialisé dans le développement de la biologie cellulaire des végétaux. Depuis 2007, son projet de recherche baptisé Plant endomembrane trafficking in physiology and development bénéficie d’un subside de recherche de l’European Research Council (ERC).

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Quand j’étais adolescent, je voulais devenir journaliste ou écologiste. J’étais influencé par le Zeitgeist», sourit le chercheur d’origine allemande Niko Geldner. Très vite pourtant, le jeune étudiant se rend compte que c’est la science qui l’intéresse. D’abord la chimie. Puis la biologie quand elle devient moléculaire, c’est-à-dire dès le moment où les chercheurs «posent l’ADN sur la table» pour l’analyser. «La biologie moléculaire, c’était de la vie et de la chimie en même temps. C’était fascinant.» Dans la cafétéria du campus où nous nous rencontrons, au centre du bal incessant des étudiants qui vont et viennent, Niko Geldner semble ailleurs, entièrement immergé dans sa passion, qu’il décrit avec dynamisme et un plaisir visible. «Dès que j’ai pu manipuler de l’ADN, c’est devenu magnifique», raconte-t-il. Avant de nuancer: « Le terme manipulation, unidirectionnel, n’est pas approprié à vrai dire. La recherche est un dialogue avec la nature. Le chercheur altère des gènes, et la nature lui renvoie une réponse.»

A la fin de ses études de biologie à l’Université de Mayence, il rejoint l’équipe du professeur Gerd Jürgens, à Tübingen, spécialiste en biologie moléculaire, de renommée mondiale. Sous sa direction Niko Geldner obtient son doctorat. Une rencontre déterminante: «Cela a été la meilleure décision de ma vie, se souvient-il. Il y avait une atmosphère intellectuelle très intéressante, très créative, dans son laboratoire.»

Sa recherche porte sur un mutant, appelé « gnom». Le jeune chercheur veut comprendre comment les premières cellules constituent la plante. Il se demande pourquoi les cellules du haut forment les feuilles et les cellules du bas, les racines. Et pourquoi certaines cellules vont aussi bien vers le bas que vers le haut. Et c’est ce gène mutant, qu’il découvre, qui en est responsable. Une révolution: «J’étais au bon endroit au bon moment», résume Niko Geldner.

Mais il rêve de faire son post-doc aux États-Unis, l’eldorado des chercheurs. Il trouve un engagement au Salk Institute, à La Jolla en Californie, où il travaille sous la supervision de Joanne Chory. Il y reste trois ans, avant d’être engagé par la Faculté de biologie et médecine de l’Université de Lausanne, en 2007. La même année, il obtient le subside de l’ERC pour un projet de recherche portant sur une petite plante, l’arabidopsis, «la souris des plantes, car bien qu’elle ne soit pas intéressante en soi, elle nous permet de comprendre les plantes en général.» Avec son équipe, il travaille en particulier sur une assise cellulaire, l’endodermis. L’objectif? Comprendre comment cette assise protectrice qui entoure les veines centrales de tous les végétaux, s’y prend pour protéger la plante des éléments en excès ou toxiques contenus dans la terre, tout en laissant passer les nutriments nécessaires à sa survie.

«L’ERC est le seul organe européen qui soutienne la recherche fondamentale, explique Niko Geldner. Il a une philosophie libre, et n’essaie pas d’orienter nos recherches pour les rendre utiles à l’industrie. Ils nous font confiance. C’est un immense avantage.» Et l’inconvénient? «La bureaucratie à Bruxelles, dont l’ERC fait partie, crée un gigantesque boulot administratif pour rien.» Il considère son métier de chercheur comme un privilège : «Je suis payé pour jouer et je jouis d’une grande liberté. Dans les multinationales, mes collègues ont des salaires élevés, ils voyagent, mais ils sont prisonniers de leur hiérarchie. Alors que le chercheur est son propre chef.» Pour être un bon chercheur, il faut être intelligent, intuitif et créatif. Et surtout, savoir communiquer et interagir en communauté. «Avec les nouvelles technologies, le chercheur n’est plus seul dans son labo. Il travaille en réseau.»

Fabienne Bogadi 


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