Pierre-Nicolas Carron

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Professeur ordinaire à la Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL
Médecin chef du Service des urgences du CHUV 

Questions personnelles

Petit, vous vouliez être…?
J’étais plutôt attiré par un métier manuel, dans la nature.

Votre livre de chevet?
L’énigme du retour, de Dany Laferrière, auteur haïtien. Je pourrais aussi citer Nicolas Bouvier.

Le film qui vous accompagne?
Soleil trompeur, de Nikita Mikhalkov.

Un ou une artiste qui vous inspire?
Maurice Béjart, que j’ai rencontré malheureusement dans le cadre hospitalier. Pour le regard perçant, l’interaction: une vraie présence.
Dans un tout autre registre, Yann Lambiel. Pour sa capacité à se renouveler, à parler de choses sérieuses avec légèreté.

La ville de vos rêves?
Prague en 1968. Je n’étais pas né, et je n’y suis jamais allé, c’est en quelque sorte une ville et une période fantasmées, un lieu et un moment d’espérance.

Un lieu, un jardin secret où vous aimez vous ressourcer?
La forêt.

La fleur que vous aimez?
Le forsythia, pour ses fleurs jaune doré qui apparaissant au début du printemps.

Un animal-totem?
La salamandre tachetée, reliée au Feu dans la tradition.

Quel don souhaiteriez-vous posséder?
Ecouter mieux. C’est-à-dire être capable, malgré le stress quotidien, les obligations, de s’arrêter pour donner son attention complète à l’autre.

Et si vous aviez un superpouvoir?
Faire rire les autres. D’un naturel un peu timide, discret, je trouve que c’est une des choses les plus positives à apporter aux autres.

Vos héros/héroïnes dans l’Histoire?
Spontanément, Kennedy. Héros est peut-être un grand mot, je dirais plutôt un personnage emblématique. Je citerais aussi Jean-Pierre Pedrazzini, un photographe de presse franco-suisse mortellement blessé à Budapest en 1956. Pour l’engagement.

Et si vous étiez un personnage de fiction?
Corto Maltese.

Technophile, technophobe?
Techno-perplexe. Nous faisons un travail très technique, mais il ne faut pas que cela occulte la dimension humaine.

Vos 3 priorités aujourd’hui?
1. Au niveau professionnel, avoir un service et une équipe de haut niveau
2. Soigner ma vie de famille
3. Arriver à concilier les deux.

Votre devise?
«Servir et disparaître».

Votre rêve de bonheur?
C’est un peu ce que je vis maintenant: je suis médecin dans un hôpital universitaire en Suisse, dans un environnement superbe, j’ai une famille adorable, des conditions de vie exceptionnelles...

Comment aimeriez-vous mourir?
N’importe comment, pourvu que ceux qui restent le vivent sereinement.

Quelle forme de spiritualité vous inspire?
Je suis d’éducation catholique, j’ai été pratiquant, mais j’observe aujourd’hui un discret détachement. J’ai envie de quelque chose de moins structuré, protocolé. Je suis attiré aussi par la vision japonaise, shinto des kami.

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Questions professionnelles

Un facteur, une rencontre qui a déterminé votre carrière?
Pierre-François Unger, alors chef des urgences aux HUG, où j’ai effectué mes études de médecine. Et Jean-Pierre Berger, à l’hôpital de Vevey.

Dans dix ans, vous vous verriez bien...?
Toujours travailler aux Urgences, avec un service développé, une équipe étoffée et préparer la relève.

Les 3 missions d’une Faculté de biologie et de médecine?
1. Donner envie de s’investir dans ces carrières
2. Défricher: par la recherche, mais aussi en tâchant d’imaginer aujourd’hui ce que seront les nouveaux axes de recherche de demain
3. Modeler nos étudiants, nos jeunes médecins pour qu’ils soient de bons professionnels
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En deux mots, pour vous, le CHUV c’est…?
Cela m’évoque deux mots: «grand», par la taille et la qualité. Mais aussi «local», c’est-à-dire enraciné dans une ville, une culture locale. Ce qui implique parfois des compromis.

Entre recherche fondamentale et appliquée, où vous situez-vous?
Appliquée. D’abord, je l’admets, par manque d’expérience dans le fondamental, ensuite parce que je mets l’accent sur l’humain dans son environnement.

Pour une recherche au service du patient ou plutôt de la connaissance?
On peut avoir une préférence, mais je ne crois pas que l’on puisse différencier les deux.

Comment définiriez-vous les défis actuels de la formation, de la transmission du savoir?
Pour nous, le gros enjeu, cela va être de définir vraiment ce qu’est un urgentiste, et de définir la place, le rôle des urgences dans notre système de santé.

Un outil essentiel pour assurer une relève de qualité?
Je ne pense pas que l’on puisse parler de collaborateurs comme d’«outils», mais c’est l’idée: bien former les collaborateurs qui devront ensuite être inspirants et former les urgentistes du futur.

Bien communiquer, c’est?
Etre honnête.

Dans votre domaine de compétences, un projet qui vous tient particulièrement à cœur?
Créer les conditions qui permettront aux urgentistes d’avoir une identité propre: cela implique donc une notion de spécialité, un titre. J’en reviens à ma définition claire des urgentistes, de leur rôle, et donc du besoin d’une formation ad hoc.

Par Nicolas Berlie - Communication FBM
14 mai 2018

 

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© Laurianne Aeby, SAM

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