L'année 2017 à l'EFLE

La mode est à l’évaluation...

Presque à chaque interaction numérique, vous recevez un questionnaire vous demandant de bien vouloir évaluer la prestation fournie. Dans le monde universitaire, dans sa version lausannoise en tout cas, les étudiant·e·s sont sollicités pour évaluer les enseignements, les enseignant·e·s et les membres du personnel administratif pour évaluer leurs différents programmes, les services qu’ils offrent et ceux auxquels ils recourent, le parking, la cafétéria, etc. etc. Et, pourtant, avouons-le, le sentiment d’avoir, même faiblement, contribué à modifier, infléchir, corriger un dysfonctionnement est plutôt rare.

Dans le monde des langues, les échelles d’évaluation se sont uniformisées depuis le début du vingt-et-unième siècle : le Conseil de l’Europe, à travers le Cadre Européen Commun de Référence pour les langues (CECR) nous a offert six niveaux (de A1 à C2) pour évaluer la maîtrise langagière des personnes dans les différentes langues qu’elles utilisent. Si les traditionnels niveaux débutant, moyen ou avancé semblaient se baser sur des intuitions, des critères peu explicites et variables, cette nouvelle échelle se base sur des travaux scientifiques, dont les premiers ont été menés d’ailleurs en Suisse, à Rüschlikon, dans les années 1990.

Aujourd’hui, ces niveaux sont couramment utilisés: dans la Loi fédérale sur les étrangers et dans celle sur la nationalité, la maîtrise linguistique exigible des personnes dans une des langues nationales est fixée selon ces niveaux. Mais, si les bases de ces niveaux sont scientifiques, cela signifie-t-il pour autant qu’ils soient déterminés, descriptibles complètement et une fois pour toute? Non, parce qu’ils rendent compte d’habiletés dont la personne doit faire preuve pour que son utilisation de la langue étrangère soit évaluée à tel ou tel niveau. Ainsi, à un niveau A2, par exemple, les habiletés dans le maniement grammatical, dans la correction orthographique peuvent être faibles si l’accent est mis sur l’habileté argumentative ou sur la fluidité à l’oral. Au contraire, la personne capable d’écrire une lettre de remerciements très simple mais satisfaisant complètement les attentes sociales d’un destinataire pourra se voir accorder le même niveau A2, alors que son oral est très hésitant. A l’Ecole de français langue étrangère, par exemple, nous avons mis l’accent, pour définir notre niveau A2, sur la capacité à utiliser le français dans le monde scientifique, parce que, pour nous, ce sont ces aspects d’acculturation académique qui sont primordiaux.

Ainsi, l’évaluation en termes de niveau du CECR reste dépendante des contextes éducatifs, institutionnels ou commerciaux dans lesquels elle est déterminée... Oui, l'utilisation de ces niveaux sert à la régulation sociale mais non, avoir le niveau A2 en français ne signifie pas toujours et partout la même chose !

Thérèse Jeanneret
Directrice de l'EFLE

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Rapport d'activité 2017

 

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