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Recherches

Recherches

C’est autour de la notion de « genre » que s’articulent, dans leur ensemble, les travaux de recherche en linguistique française menés à l’Université de Lausanne. Cette notion permet de faire apparaître des modes de fonctionnement propres à chaque type de texte et de rendre ainsi compte des récurrences observables dans la diversité des discours. Les chercheurs de l’Unité sont en effet particulièrement sensibles au fait que l’analyse linguistique des textes ne saurait se réduire à la description de faits langagiers décontextualisés.

Parce que l’Unité de linguistique française est rattachée à la Section de français, ses travaux portent notamment sur les spécificités langagières des textes littéraires, mais ils dépassent ce seul domaine pour considérer des pratiques discursives de tout type. On trouvera ci-dessous quelques indications plus précises sur les deux axes de recherche actuellement les mieux représentés dans l’Unité. Ces axes n’épuisent cependant pas toute l’activité scientifique des collaborateurs, dont les travaux individuels peuvent porter sur de tout autres objets, comme on le verra en se reportant aux pages personnelles des membres de l’Unité.
 

Stylistique et génétique des textes littéraires

L’étude stylistique des textes littéraires développée à Lausanne a pour ambition de réfléchir sur le développement et le fonctionnement des formes langagières attestées, en tant que celles-ci s’organisent en des microsystèmes soumis à la variation historique. Isolé des autres faits stylistiques observables, et sans prise en considération large des règles d’évolution des textes littéraires, un trait de langue reste en effet sans lisibilité. Les collaborateurs de l’Unité s’efforcent dès lors de dégager, à travers l’histoire de la littérature, des patrons qui rendent prévisible et interprétable la présence de tel ou tel fait langagier dans tel texte. Ces patrons sont eux-mêmes historicisés, conjointement aux genres.

Si un fait de langue n’appelle donc pas la même description selon le faisceau de traits dans lequel il s’inscrit, sa visée et son effet varient également selon le moment auquel un patron est produit ou sollicité. En effet, la description proprement linguistique n’est qu’un aspect de l’analyse stylistique ; celle-ci n’a de pertinence que si elle engage une réflexion sur les imaginaires langagiers qui conditionnent le texte et sa réception. Par « imaginaire », il convient d’entendre un ensemble mouvant de représentations, d’interrogations et de valeurs préconstruites, peu ou pas interrogées, le plus souvent collectives et toujours efficaces. L’histoire de la sensibilité à la langue et à la littérature, notamment dans sa dimension communicationnelle, peut dès lors se penser de façon synchronique et diachronique, c’est-à-dire en termes de moments et en termes d’évolution ; la stylistique gagne ainsi à s’enrichir des catégories et des problématiques de l’analyse du discours et à se libérer d’une définition « individualisante » de ses objets.

Bien que l’horizon d’une telle démarche ne soit donc pas prioritairement la description des écritures d’auteur considérées dans leur possible singularité et en vue d’une interprétation ponctuelle des œuvres, la pratique de la stylistique à Lausanne revendique un fort ancrage génétique, et l’Unité de linguistique française participe à de nombreux projets dans ce domaine, qu’ils soient théoriques et éditoriaux. La démarche des collaborateurs obéit ici aux principes évoqués précédemment ; s’y ajoute le souci de rendre compte de la spécificité énonciative et textuelle des brouillons dans le cadre d’une réflexion large sur la possibilité d’une linguistique de l’écrit.


Textualité et discursivité de l’argumentation

L’unité de linguistique française de l’Université de Lausanne développe par ailleurs, dans le sillage des travaux de Jean-Michel Adam, une approche linguistique de l’argumentation. Elle entend saisir le phénomène à la fois comme :

• un fait textuel, (i) par l’étude des modes d’agencement micro-linguistique des énoncés dans des séquences, formant ce que la tradition appelle des types d’arguments, et (ii) par une ouverture vers l’agencement macro-linguistique de ces regroupements d’énoncés dans l’unité hautement complexe qu’est le texte.

• un fait discursif et interactionnel, qui invite au repérage et à la description des agencements d’énoncés dans des productions verbales situées, orales ou écrites et relevant de genres discursifs et de formats interactionnels variés.

Les travaux réalisés par les collaborateurs s’attachent donc à proposer une description fine de processus argumentatifs divers, mais toujours saisis à la fois à travers les formes linguistiques qu’ils engagent et à travers les fonctions qu’ils endossent dans les dynamiques discursives et interactionnelles en jeu. On retravaille par exemple certains types d’arguments (argument d’autorité, argument par la définition...), ainsi que les preuves éthiques et pathétiques théorisées dans la tradition rhétorique (ethos et pathos, avec des études approfondies de l’inscription de l’identité et de l’affectivité dans le discours argumentatif).

Sur le versant théorique, les recherches visent à consolider une approche résolument discursive de l’argumentation, qui entend saisir l’argumentation à la fois comme un phénomène verbal et social. Il s’agit ainsi de réfléchir aux visées qui caractérisent l’argumentation en tant que fait de discours spécifique, aux formes qui assurent le caractère « observable » de l’argumentation dans la matérialité langagière, aux principes méthodologiques qui guident la constitution des corpus suivant une telle perspective. Pour mener à bien de tels objectifs, les données soumises à l’analyse sont extrêmement variées en termes de genre et de format de communication. Un accent particulier est porté sur les domaines médiatique et politique : on traite de l’oral polygéré (avec, par exemple, le débat – qu’il soit diffusé par les médias professionnels de type radio et télévision ou enregistré par le chercheur dans des contextes politiques à l’échelon local), de l’oral polygéré retranscrit par les institutions elles-mêmes (avec, par exemple, les comptes rendus officiels des débats au Parlement), de l’oral monogéré (avec, par exemple, les allocutions officielles d’acteurs politiques) et de l’écrit monogéré (avec, par exemple, les textes d’opinion dans la presse écrite, les programmes de partis politiques, les tracts de militants).


Quelques ouvrages récents

ADAM J.-M. (2011), Genres de récits. Narrativité et généricité des textes, Louvain-la-Neuve, Academia.
ADAM J.-M. & HEIDMANN U. (2010), Textualité et intertextualité des contes. Perrault, Apulée, La Fontaine, Lhéritier..., Paris, Garnier.
BRUNET É. & MAHRER R. (2011), Relire Benveniste. Réceptions actuelles des ‘Problèmes de linguistique générale’, Bruxelles, Academia.
BURGER M., JACQUIN J. & MICHELI R., dir. (2011), La Parole politique en confrontation dans les médias, Bruxelles, De Boeck.
BURGER M. & MARTEL G., dir. (2005), Argumentation et communication dans les médias, Québec, Nota Bene.
CAPT V. (2013), Poétique des écrits bruts, Lausanne/Limoges, Collection de l'Art Brut/Lambert-Lucas.
CAPT V. (2012), Écrivainer. La langue morcelée de Samuel Daiber, Lausanne/Gollion, Collection de l'Art Brut/Infolio.
GOLLUT J.-D. (2008), Le Sens du style, Lausanne, Antipodes.
HEIDMANN U. & ADAM J.-M. (2009), Le Texte littéraire. Pour une approche interdisciplinaire, Louvain-la-Neuve, Academia.
JACQUIN J. (2014), Débattre. L'argumentation et l'identité au cœur d'une pratique verbale, Bruxelles, De Boeck.
JACQUIN J. (2012), L’Argumentation de Georges Pompidou face à la crise. Une analyse textuelle des allocutions des 11 et 16 mai 1968, Sarrebruck, Éditions universitaires européennes.
MICHELI R. (2010), L’Émotion argumentée. L’abolition de la peine de mort dans le débat parlementaire français, Paris, Le Cerf.
PHILIPPE G. (2013), Le Rêve du style parfait, Paris, PUF.
PHILIPPE G. (2010), Le Français, dernière des langues. Histoire d’un procès littéraire, Paris, PUF.
PHILIPPE G. & PIAT J., dir., (2009), La Langue littéraire. Une histoire de la prose en France de Gustave Flaubert à Claude Simon, Paris, Fayard.
VERSELLE V. (2013), Faire dire, pour décrire. Caractérisation langagière des personnages et poétique du récit dans la littérature comique et satirique (XVIIe et XVIIIe siècles), Metz, Centre de recherches sur les médiations (Université de Lorraine).
ZUFFEREY J., dir (2012), L’Autofiction : variations génériques et discursives, Louvain-la-Neuve, Academia.
ZUFFEREY J. (2006), Le Discours fictionnel. Autour des nouvelles de Jean-Pierre Camus, Louvain, Peeters.
 

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