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Littérature française médiévale

Littérature médiévale | Littératures de la France médiévale
 

Littérature médiévale

Pour les étudiants de français, l'enseignement de la littérature médiévale vient naturellement compléter celui de la littérature moderne, envisagé dans la double perspective, historique et anthropologique, décrite ci-dessus. Il invite les étudiants à se pencher sur un autrefois à la fois lointain et actuel, dans lequel la littérature et la civilisation françaises plongent leurs racines. La langue, certes, demande un effort d'adaptation, car ce que l'on appelle l'ancien français au sens strict (la langue qui s'écrit du XIe au XIVe siècle) repose sur des structures en partie différentes de celles du français moderne, mais dont les bases sont vite maîtrisées. Du XIVe au XVIe siècle, c'est la période du moyen français, à cheval sur le Moyen Âge et les temps modernes, où se met progressivement en place le système du français d'aujourd'hui. L'étude des oeuvres en ancien et en moyen français permet donc non seulement de découvrir la moitié (au moins chronologiquement) de la littérature française, puisque, de la Chanson de Roland à François Villon et aux "rhétoriqueurs", dont les expériences verbales préparent la Renaissance, le Moyen Âge couvre cinq siècles - autant que de Rabelais à nos jours! Elle prépare à l'étude des textes postérieurs, car elle nous rend sensibles au fait que chaque époque a sa langue, ses habitudes littéraires, mais révèle aussi combien il serait arbitraire de cloisonner artificiellement les périodes de notre histoire littéraire en niant par exemple toute continuité entre Moyen Âge et Renaissance ou entre Moyen Âge et modernité.

Le Moyen Âge a produit une littérature d'une richesse et d'une variété souvent insoupçonnées: c'est l'époque où s'épanouit un nouveau lyrisme, avec les troubadours et les trouvères qui chantent la fine amor, mais aussi avec Rutebeuf qui semble bien être l'un des inventeurs de la pose du "poète maudit". Le XIIe siècle voit naître le roman moderne, qui ne commence donc pas, comme on l'a trop dit, avec Cervantès: celui-ci n'a en effet brocardé dans le Don Quichotte que les fruits tardifs et abâtardis d'une tradition autrement plus subtile, qui avait su répondre aux attentes de son temps en promouvant l'éthique courtoise. Les XIIe et XIIIe siècles voient aussi le rire jaillir de la truculence des fabliaux, dont la descendance dans la littérature européenne sera considérable; à la fin du Moyen Âge leur succéderont les farces et les soties qui, avec les mystères illustrent l'une des productions les plus originales de l'histoire du théâtre. La même époque voit, après la séparation de la musique et de l'écriture, le lyrisme partir à la conquête de nouveaux champs d'expression.

Le Moyen Âge, c'est enfin l'époque où prend naissance et s'épanouit un imaginaire que peuplent les héros épiques, les chevaliers arthuriens, mais aussi les fées, nains, géants et autres enchanteurs qui les accompagnent et qui continuent de hanter la conscience moderne, dans la littérature aussi bien qu'au cinéma ou dans la bande dessinée.

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Littératures de la France médiévale

 

Je suis Arthur, votre roi, fils d'Igerne, frère d'Uter Pendragon, et je tins cour jadis à Camalot. Je suis ressuscité, et depuis quelques jours je suis venu à pied jusqu'ici, ne me montrant qu'à des paysans, qui me prirent pour une apparition et desquels, en ce peu de temps, grâce à mes dons naturels, j'ai appris à m'exprimer en votre langage.

Apollinaire, Arthur
roi passé roi futur

(« Le poète assassiné »)

Dans le De vulgari eloquentia, Dante distingue trois idiomes romans : la langue du "si" (l'italien), la langue d'"oc" (le provençal) et la langue d'"oïl" (le français). Trois langues qui, illustrées par les troubadours au Sud, les trouvères au Nord et les trovatori en Italie, vont donner naissance à des littératures vernaculaires qui, pas à pas, affirment leur dignité et leur originalité face au latin. Sous Charles V les traductions se multiplient, et le français part à la conquête des derniers domaines réservés jusqu'alors à la langue des clercs. Chez les premiers humanistes apparaissent les signes avant-coureurs d'une rivalité entre le français et l'italien, qui s'affirmera dans la seconde moitié du XVe siècle : rivalisant en vue d'une suprématie poétique (et politique), les deux langues s'influencent l'une l'autre.









Littérature latine
du Moyen Age


(ne fait pas l'objet d'un
enseignement à l'UNIL,
voir UNIGE)

Littératures vernaculaires

Littérature
en ancien français

(~ du XIe au XIIIe s.)

de la Chanson de Roland
à Adam de la Halle,
trouvère arrageois






Littérature provençale
du Moyen Age


des troubadours
au Consistoire
du Gai Savoir

Littérature
en moyen français

(~ du XIVe au XVIe s.)

de Guillaume de Machaut
à François Villon
et aux «rhétoriqueurs»
de la pré-Renaissance

Littératures! Le pluriel se justifie non seulement pour l'Europe médiévale, mais au sein même du domaine français. Au Moyen Age, le français est d'abord dialectal, et les oeuvres ont le parfum de leur terre d'origine ou de l'atelier du scribe. L'oeuvre change, se dégrade parfois d'un manuscrit à l'autre, dont les leçons peuvent différer sensiblement. A la "mouvance" des textes médiévaux correspond le foisonnement d'une littérature qui se cherche et évolue : les gestes du saint ou du héros épique gardent les traces de l'oralité, tandis que des clercs, férus de rhétorique, récrivent l'histoire de Troie et de Thèbes. Le monde arthurien s'élabore à partir des mythes celtiques, le chant courtois des troubadours et des trouvères s'élève pour dire la perfection de la fin'amor. A l'exaltation d'un idéal s'oppose, dans le "dit", le monde à l'envers du carnaval avec la mise en scène d'un moi dérisoire, à travers lequel l'écriture s'ouvre à une forme inédite de subjectivité, porteuse d'avenir.

La Belle Dame sans mercy

Le rire, souvent grivois, jaillit à la lecture des fabliaux et, plus tard, des nouvelles et des farces, quand ces textes ne sont pas exemplaires et didactiques. Utilitas et delectatio font souvent bon ménage, et les oeuvres s'adaptent aux goûts du jour, à la cour des princes ou dans les centres urbains en plein essor dès le XIIIe siècle. Le poète conditionne aussi la mode littéraire, lorsqu'il s'inspire, discute et transforme, voire rejette, dans une récriture chaque fois reprise, le legs des générations précédentes.

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