Diaboliques

Satan, ange révolté et vassal félon, n'apparaît guère dans les arts avant les XIe et XIIe siècles. Il faut même attendre la fin du du Moyen Âge et la Renaissance, époque des grands procès en sorcellerie, pour que se répande la crainte face au diable désormais omniprésent.

Maître de la ruse et du mensonge, il est à la fois le grand séducteur et, associé aux hérétiques, aux juifs et à la femme, l'image de l'Autre inquiétant. Les figures diaboliques sont, fondamentalement, des êtres doubles que le Moyen Âge dote d'attributs humains et animaux. Au théâtre, ils apparaissent volontiers avec des masques ou sous un déguisement; leurs noms mêmes les placent sous le signe de l'ambiguïté et du paraître. Mais les trompeurs de l'humanité y sont aussi – comme dans le folklore – des êtres faciles à berner, dont on peut rire.

Illustration du psaltérion de la reine Ingeborg de Danemark
d'après le Miracle de Théophile de Rutebeuf, II. 13e siècle

Bibliographie

  • Delumeau (Jean), La Peur en Occident, XIVe-XVIIIe siècles, Paris: Fayard, 1978, chap. 7.
  • Dubost (Francis), Aspects fantastiques de la littérature narrative médiévale (XIIe-XIIIe siècles). L'Autre, l'Ailleurs, l'Autrefois, Paris: Champion, 1991, chap. 9 et 20.
  • Russell (Jeffrey B.), Lucifer. The Devil in the Middle Ages, Ithaca (NY): Francis Cairns, 1984.
  • Koopmans (Jelle), Le Théâtre des exclus au Moyen Âge. Hérétiques, sorcières et marginaux, Paris: Imago, 1997.

Sources

La Quête del saint Graal, éd. par A. Pauphilet, Paris : H. Champion (CFMA), 1980.

Rutebeuf, Le Miracle de Théophile, éd. et trad. par J. Dufournet, Paris : Flammarion (GF), 1987.

Le Mystère de la Passion d'Arras, éd. par J.-M. Richard, Genève : Slatkine Reprints, 1976 (= Arras 1891).

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