La Réforme

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Suscitée par l'exigence d'une foi austère et par une protestation contre les insuffisances et les abus du clergé à la fin du Moyen Age, la Réforme a été nourrie par les conceptions de la modernité naissante. Les idéaux du "retour aux sources" et les pratiques textuelles nées de l'imprimerie ont stimulé l'étude des textes bibliques et favorisé la lecture personnelle. Le refus du dogmatisme et de l'autorité participe de la responsabilité nouvelle prise par l'individu. L'usage des langues vernaculaires pour le culte et les textes répond à la volonté d'élargir la diffusion des idées, que prône l'humanisme. Sur le plan doctrinal, les diverses formes du protestantisme partagent des orientations fondamentales: Christ rédempteur, rôle de la Bible, rejet des images, nécessité de la Grâce, sacerdoce universel...

Le mouvement prit des inflexions différentes selon les pays d'Europe où il put être diffusé. En Allemagne, les thèses de Luther sur les indulgences (1517), qui déclenchèrent la Réforme, rencontrèrent un soutien populaire puissant et furent appuyées par des princes et des villes impériales, parfois pour des raisons politiques. Des querelles nombreuses divisèrent les protestants d'Allemagne jusqu'à la Diète d'Augsbourg en 1555. En Suisse, plusieurs villes passèrent à la Réforme, les plus en vue étant Zurich (dès 1525 avec Zwingli) et Genève, où Calvin instaura une Cité-Eglise à partir de 1541. En France, les tentatives de réforme connurent des succès importants, mais aussi des résistances extrêmes. Des guerres fratricides déchirèrent le pays durant tout le siècle, dans les Cévennes, dans le Sud-Ouest, dans le Centre, jusqu'à Paris même (le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572). Les homme de pensée, les poètes, les érudits prenaient part aux querelles: voyez par exemple Du Bellay ou Agrippa d'Aubigné. Henri IV parvint à apaiser les différends en 1598 en promulgant l'Edit de Nantes, qui assurait aux huguenots la liberté de culte en des lieux prescrits et leur rendait certains droits civils et militaires. En Angleterre, en Ecosse, dans les pays scandinaves, la Réforme prit aussi des formes particulières, alors que dans les pays méditerranéens l'Eglise catholique continua de régner seule. A la fin du siècle, la carte religieuse de l'Europe était profondément modifiée; les conséquences en furent considérables dans tous les domaines de la vie sociale, et particulièrement dans le domaine des idées, de l'éducation et de la culture.

Deux personnalités exceptionnelles marquèrent l'instauration de la Réforme: Martin Luther (1483-1546) et Jean Calvin (1509-1564). Luther était un moine profondément religieux, remarquable prédicateur et écrivain fécond, fondateur de la prose en langue allemande par sa traduction de la Bible et ses écrits théologiques. Il fut aussi un politique habile, ménageant les princes et les bourgeoisies urbaines, réussissant à faire admettre par tous une doctrine conciliante qui fut appelée l'évangélisme. Calvin, fils d'une famille de la bourgeoisie picarde, se passionna d'abord pour les lettres antiques, puis s'intéressa à la théologie luthérienne et participa aux premières luttes protestantes en France. A Genève, où il arriva pour la première fois en 1536, il fut à la fois un administrateur rigoureux, un prédicateur et un écrivain. Son oeuvre écrite est capitale d'un point de vue théologique, mais aussi littérairement: L'institution chrétienne, parue d'abord en 1536 et augmentée d'édition en édition, constitue un remarquable exemple de prose argumentative en langue française moderne. - Erudition antique et biblique, audace et rigueur personnelle, puissance de la parole orale et écrite, capacité d'organisation, foi profonde associée à une pensée rationnelle: Luther et Calvin ont beaucoup de points communs. Tous deux représentent un type d'homme que seule leur époque a pu produire.

La traduction de la Bible. Luther dans le cercle des érudits.

Luther in Erlangen. Bilder - Namen - Wirkungen,

Catalogue d'exposition,

Erlangen, Universitätsbibliothek, 1983, p. 56.

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Bibliographie

  • Joutard, Philippe (sous la direction de), Historiographie de la Réforme, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1977.
  • Febvre, Lucien, Le Problème de l'incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais, Paris, Albin Michel, 1968 [1942].

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Sources

  • D'Aubigné, Agrippa, "Les Tragiques", in Oeuvres, Paris, Gallimard, La Pléiade, 1969.
  • Du Bellay, Joachim, "Genève", Sonnet CXXXVI des Regrets [1558] et le "Sonnet d'un quidam" publié en réponse, in  Oeuvres poétiques II, édition critique par Henri Chamard, Paris, Société Nouvelle de Librairie et d'Edition, "Société des Textes Français Modernes", 1910, p. 162 et p. 206-207.
  • Pascal, Blaise, Pensées, texte établi par Louis Lafuma, Paris, Seuil, 1962.
  • Sponde, Jean de, "Sonnets sur la mort", XII, in Essai de quelques poèmes chrétiens [1588], Oeuvres littéraires, éd. Alan Boase, Genève, Droz, 1978.

Ce sonnet figure également dans: Poètes français de l'âge baroque, Anthologie (1571-1677), choix, présentation et notes par Jean Serroy, Paris, Imprimerie nationale Editions, 1999.

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