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Présentation du domaine gallo-roman

Du point de vue géographique, le domaine gallo-roman se subdivise en deux domaines principaux, à savoir :

  • le domaine d'oïl, qui comprend les dialectes français (au cours de l'histoire, il a connu une extension au détriment du breton en Haute-Bretagne, et au détriment du domaine d'oc dans le Sud-Est du Poitou, en Angoumois et en Saintonge, ainsi que dans le Sud du Berry, dans le Bourbonnais, dans le Sud-Est de la Bourgogne et de la Franche-Comté);

  • et le domaine d'oc, qui englobe les dialectes francoprovençaux (auxquels appartient la plus grande partie de la Suisse romande) et les dialectes provençaux au sens large (relatifs à l'ancienne Provincia Narbonensis), ainsi que le gascon, considéré au Moyen Age comme une langue à part faisant transition vers les parlers ibériques. Si l'on s'en tient à la particule affirmative, l'aire francoprovençale se rattache bien au domaine d'HOC, qui aboutit soit à oi, soit à ouèi (avec une diphtongaison conditionnée).

Domaine_GR.jpg
Carte du domaine gallo-roman

Du point de vue chronologique, les documents gallo-romans du Moyen Âge se répartissent en trois catégories :

  • les plus anciens textes (du IXe au XIe sècle), qui se réduisent à une douzaine à peine et sont écrits parfois dans une langue mixte, mêlant des traits linguistiques du Nord et du Sud;

  • les textes en ancien français et en ancien provençal (XIIe et XIIIe sècles);

  • les textes en moyen français et en moyen provençal (XIVe et XVe siècles).

Sur le plan littéraire, on observera que les deux aires latérales du domaine d'oc partagent une caractéristique commune : pendant tout le Moyen Âge, les auteurs originaires de ces régions ont renoncé spontanément à leur parler natal au profit de la langue d'oc ou d'oïl. Cela se vérifie dès les origines avec les troubadours gascons (comme Cercamon, Marcabru, etc.) aussi bien qu'avec les auteurs originaires du domaine francoprovençal : après s'être tournés vers le provençal dès le XIe siècle (Auberi de Besançon, roman d'Alexandre) et dans la première moitié du XIIe siècle (auteur anonyme de la version originale de Girart de Roussillon), ils optent résolument pour le français (dans la Bresse : Renaut de Bâgé, Le Bel Inconnu [vers 1185] ; en Lyonnais : Aimon de Varennes, roman de Florimont [1188] ; en Franche-Comté : Robert de Boron et sa Grande Histoire du Graal [1200-1205], etc.), en affirmant parfois leur attachement à leur langue maternelle. Ce n'est qu'à partir du XVIe siècle que l'on assistera à l'avènement de littératures dialectales.

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