Qu'est-ce que la "Renaissance"?

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L'usage du terme "Renaissance", traditionnel dans l'historiographie française, est discutable. Les historiens anglais ou américains, par exemple, parlent plus volontiers de "early modern": une "première modernité", ou un "seuil de la modernité". Les Italiens parlent du "Quattrocento", du "Cinquecento". La terminologie a son importance, parce qu'à l'idée de Renaissance est associée la représentation erronée d'un Moyen Age sombre et ignorant, dont l'Europe serait sortie d'un coup pour son plus grand bonheur. En fait, entre le Moyen Age tardif et la modernité commençante, il n'y a pas de rupture soudaine, mais des inflexions, des discontinuités partielles et locales qu'on peut observer sur une période de presque trois siècles. Les savoirs, les croyances, les techniques, les représentations du monde, les sociabilités, les formes du pouvoir et de la richesse, l'art, la guerre et la paix, tout change dans un processus progressif et différencié selon les domaines et les pays. Le mouvement commence en Italie dès la fin du XIVe siècle et s'étend tout au long du XVe; il se propage au nord des Alpes où il faut attendre le XVIe siècle pour qu'il trouve son plein épanouissement. Il touche ainsi toute l'Europe par degrés et par étapes.

Les hommes de cette époque ont eu conscience des changements qu'ils vivaient, ils ont combattu pour les freiner ou les imposer. C'est une époque de passions et de luttes (souvent âpres, parfois sanglantes), et ce sont les contemporains eux-mêmes qui ont forgé, pour des raisons polémiques, l'idée d'un renouvellement complet de la culture. Voyez Rabelais, par exemple, dans son Pantagruel (1532), qui exalte l'éducation nouvelle et les connaissances émergentes. En même temps, la "Renaissance" reste marquée par une vision religieuse et par des conceptions magiques: la théorie des correspondances entre macrocosme (l'univers) et microcosme (l'homme) est acceptée par tous, l'alchimie est tenue pour une science, le surnaturel habite encore le monde: on exorcisera des démons et on brûlera des sorcières jusque tard dans le XVIIe siècle.

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Bibliographie

  • Jean Delumeau, La Civilisation de la Renaissance, Paris, Arthaud, collection "Grandes Civilisations", 1967.
  • Anne Denieul-Cormier, La France de la Renaissance, Paris, Arthaud, 1962.
  • Claude-Gilbert Dubois, L'Imaginaire de la Renaissance, Paris, Presses Universitaires de France, 1985.
  • Robert Mandrou, Des Humanistes aux hommes de science, "Histoire de la pensée européenne", Paris, Seuil, 1973.
  • Jean-Charles Payen, Les Origines de la Renaissance, Paris, Société d'Edition d'Enseignement Supérieur, 1969.
  • Olivier Soutet, La Littérature française de la Renaissance, Paris, Presses Universitaires de France, "Que sais-je?", 1980.

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Source

  • Rabelais, "Pantagruel", in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Pléiade, 1955, p. 165-313.

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