La Géographie Théorique et Quantitative : Histoire de l'émergence et du développement d'un mouvement scientifique
Dans le cadre des «Réunions Citadyne»
Jeudi 8 décembre 2011 (14h30 - 16h00) - Anthropole UNIL - Dorigny - 4070.1
Conférencier(s) / animateur(s):
M. Sylvain CUYALA Doctorant - Université Paris 1 UMR Géographie-Cités
Résumé
Ce travail de thèse étudie le processus d'émergence et de développement d'un mouvement scientifique particulier : la « Géographie
Théorique et Quantitative » (GTQ) en Europe francophone (fin des années 60 à nos jours).
Plusieurs questions m'intéressent
particulièrement :
- Dans quelle mesure l'histoire de la GTQ peut-elle s'analyser selon une grille d'interprétation kuhnienne
incluant une période de révolution/bifurcation, normalisation (et peut-être crise)?
- En quoi les localisations particulières
des vecteurs de l'émergence ont-elles orienté la diffusion de la GTQ ? Plus largement, comment la GTQ s'est-elle diffusée
et selon quelles logiques ? Dans quelle mesure des effets de lieux importants ont pu influer sur sa structuration spatiale?
Je
fais l'hypothèse de l'émergence d'un mouvement scientifique dans des lieux spécifiques (l'Est de notre aire d'étude) et d'une
diffusion/normalisation de ce mouvement à partir de ces lieux suivant des logiques de renforcement ou encore d'essaimage ainsi
que de l'instauration progressive d'une certaine routine. Plus globalement, je cherche à comprendre, et à déterminer, dans
une problématique d'histoire des sciences, la dynamique d'un mouvement scientifique par des entrées précises (vocabulaire,
relations inter-individuelles, parcours biographiques) dans une visée de généralisation à l'étude d'autre champs scientifiques
et avec un regard sur la spatialité de la science. Trois moments se dégagent : l'émergence, la diffusion et la diversification.
Trois corpus différents nous permettent de les révéler :
- Le vocabulaire spécifique au champ à travers les concepts et
les labellisations (les mots de la GTQ). Son analyse vise à étudier l'évolution d'un mouvement par les mots qui le caractérisent.
- Les
relations entre les acteurs du mouvement. Il s'agit d'étudier les réseaux de géographes quantitativistes et leur structure.
- Des
entretiens individuels. Ces derniers doivent mettre en lumière les grandes étapes collectives et personnelles que les acteurs
ont connues, les raisons de l'engagement et la matérialisation du développement de la GTQ.
Ce travail est en cours. Cette
présentation permettra d'en préciser les objectifs et d'en montrer les avancées. Elle abordera rapidement la question du vocabulaire
mais aussi celle des réseaux d'acteurs du mouvement à travers l'exemple des co-publications dans L'Espace Géographique et
des contributions européennes francophones aux différents Colloques Européens de Géographie Théorique et Quantitative. L'analyse
des premiers entretiens réalisés principalement auprès des pionniers du mouvement sera présentée en profondeur.
Les documents:
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