Doctorat, FAQ

1. Il faut être un·e génie pour faire un doctorat?

On ne fait pas une thèse dans l’idée de devenir prix Nobel. La thèse est l’achèvement d’une réflexion originale et de longue haleine, demandant beaucoup d’investissement personnel et de créativité. Il faut être passionné·e tant par sa discipline, que par son sujet d’étude. Si votre recherche ne révolutionnera pas forcément la science, elle apportera une avancée importante dans la compréhension d’un sujet. Vous deviendrez expert·e d’un domaine, en même temps que vous aiderez à l’avancée des savoirs.
D’autre part, il n’est pas nécessaire d’avoir une idée précise de ce que l’on veut faire lorsqu’on démarre une thèse. La première année est justement prévue pour définir son projet de recherche.

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2. On commence un doctorat généralement juste après son master?

De nombreux doctorant·e·s commencent un doctorat juste après le master, d’autres se lancent dans un doctorat après une ou plusieurs expériences professionnelles.

Dans certains domaines, il peut en effet être intéressant d’avoir une expérience pratique qui a pu faire émerger des questions de recherche. Dans d’autres domaines, il est préférable de commencer tout de suite après le Master afin de ne pas finir trop tard, surtout si l’on souhaite poursuivre une carrière académique.

3. Faire un doctorat me permet d’avoir un contrat de travail ?

Faire un doctorat ne signifie pas forcément avoir un contrat de travail. Vous pouvez en effet faire une thèse (donc être immatriculé·e en tant qu’étudiant·e de troisième cycle) sans être rémunéré·e par l’Université ou le FNS (Fonds National Suisse de la recherche scientifique). A l’UNIL, environ 53 % des doctorant·e·s n’ont pas de contrat d'assistant-e (ce pourcentage varie fortement entre les facultés avec 69% de doctorant·e·s sans contrat en Lettres et 35 % en FGSE ou FBM). Certains ont un autre emploi à temps partiel à côté de leurs études doctorales (par ex. dans un hôpital, dans une école ou un musée). Il faut dans ce cas être attentif à avoir assez de temps à consacrer à sa thèse.

4. Faire un doctorat c’est avoir un job comme un autre ?

Il faut bien se rendre compte que « faire une thèse, c’est s’investir dans une expérience de longue durée qui requiert une grande discipline personnelle, la capacité de travailler seul·e sur le long terme et de savoir rebondir en cas de passage à vide.(…) Aussi, c’est avant toute chose en fonction de ses motivations personnelles et intellectuelles que la décision de se lancer dans une thèse doit se prendre» plutôt que dans la perspective d’avoir un emploi rémunéré. (Extrait de la brochure "Bien démarrer sa thèse").

5. Même si je ne suis pas motivé·e par le thème proposé, c’est un bon moyen de démarrer ?

Certain·e·s doctorant·e·s travaillent sur leur propre idée de recherche. D’autres sont engagé·e·s dans le cadre de projets de recherche déjà préalablement défini·e·s par les professeur·e·s. Dans ce cas, il est essentiel que le thème de recherche proposé vous intéresse car vous allez y consacrer un certain nombre d’années.

6. Mon/ma directeur-trice de thèse est là pour me dire ce que je dois faire ?

Il est attendu d’une personne qui fait un doctorat qu’elle prenne des initiatives et qu’elle avance dans son travail de manière relativement autonome. La personne qui dirige la thèse s’engage à suivre régulièrement le travail de son doctorant ou sa doctorante et à lui donner du feedback. Elle introduit également le doctorant ou la doctorante à la culture de la recherche, en l’aidant à développer une réflexion critique, à devenir un scientifique indépendant et à développer un réseau. (Voir à ce propos la charte du doctorat UNIL).

7. Faire un doctorat c’est travailler la majorité du temps seul·e ?

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all images © 1997-2017 Jorge Cham

Faire un doctorat c’est non seulement faire une recherche de manière relativement autonome mais c’est aussi être inséré·e dans une communauté de chercheur·euse·s (participer à des colloques d’équipes, présenter ses résultats lors de congrès). Les doctorant-e-s qui font leur thèse dans le cadre d’un projet FNS seront intégré·e·s à une équipe de recherche. Une grande partie des doctorant-e-s participent également à un programme doctoral. A l’UNIL, les doctorant·e·s ont le choix parmi 54 programmes doctoraux.  Certains de ces programmes sont conjoints à d’autres universités suisses.

 

8. L’autonomie et la gestion du temps sont des compétences importantes ?

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all images © 1997-2013 Jorge Cham

La thèse est un travail passionnant mais exigeant qui prend beaucoup de temps. C’est un projet qu’il faut savoir gérer sur le long terme. Il est ainsi important, par exemple, de se fixer des objectifs à plus court terme afin, entre autres, d’éviter la procrastination et de garder un certain niveau de motivation. L’autonomie et une bonne gestion du temps sont ainsi importantes dans la gestion de son projet de thèse.

Des ateliers sont proposés aux doctorant·e·s pour les aider à gérer leur temps et à s’organiser, notamment dans le programme transversal de la CUSO.

9. Faire un doctorat permet de concilier vie privée et vie professionnelle ?

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all images © 1997-2017 Jorge Cham

Le doctorat offre une certaine flexibilité dans les horaires et une possibilité de travailler depuis la maison, ce qui peut permettre, dans une certaine mesure, de mieux concilier vie privée et vie professionnelle.

Cette liberté n’est cependant pas toujours facile à gérer et peut amener à faire passablement d’heures supplémentaires. À certaines périodes de la thèse (notamment lors de la rédaction finale), la thèse peut d’ailleurs parfois déborder sur la vie privée en vous demandant un grand investissement en temps.

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​all images © 1997-2017 Jorge Cham

10. Combien de temps dure un doctorat ?

La durée varie beaucoup et dépend de plusieurs facteurs, dont le temps que vous pouvez consacrer à votre thèse. Avec un contrat d’assistant·e, vous pouvez consacrer 50% de votre temps de travail à votre thèse alors qu’avec un contrat lié à un projet financé par le FNS et dirigé par un-e professeur-e, vous pouvez en principe consacrer 100% de votre temps de travail à la recherche en lien avec votre thèse. Comme l’indique le tableau 1, la durée moyenne, pour les doctorant·e·s qui ont débuté entre 1998 et 2002, est d’un peu moins de 10 semestres et varie en fonction des facultés. Il faut être attentif au fait que le nombre de doctorants est parfois faible (par ex. 7 en FTSR) et que les écarts-types sont souvent importants. Par ex. avec une moyenne de 10 semestres et un écart-type de 4, cela veut dire que 68% des doctorant·e·s du groupe ont fini leur thèse entre 6 et 14 semestres.

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Tableau 1. Durée moyenne en semestres du doctorat à l’UNIL pour les doctorant·e·s ayant débuté entre 1998 et 2002 en fonction des facultés (Braun, 2013)

Braun, V. (2013). Suivi de cohortes de doctorants (COHDO). Présentation à la Commission de la Relève accadémique du 11 juin 2013. Lausanne: Université de Lausanne

11. Quel pourcentage de personnes obtiennent leur titre de docteur après 10 ans ?

Comme le montre le tableau ci-dessous, le pourcentage de personnes qui a obtenu son titre après 10 ans est de 59% pour les doctorant·e·s qui ont débuté leur thèse entre 1998 et 2002. Les taux de graduation varient en fonction du type de contrat (les doctorant·e·s avec un contrat FNS ont un taux de graduation plus élevé et les doctorant·e·s qui n’ont pas de contrat UNIL ou FNS un taux de graduation plus bas). D’autres études (par ex. Hermann et al., 2014) montrent que certains facteurs, comme le sentiment d’être intégré·e à un environnement de recherche et la qualité de la relation avec son directeur ou sa directrice de thèse, favorisent l’avancement du doctorat.

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Braun, V. (2013). Suivi de cohortes de doctorants (COHDO). Présentation à la Commission de la Relève accadémique du 11 juin 2013. Lausanne: Université de Lausanne

12. Il y a plus d’hommes que de femmes qui font un doctorat ?

En 2012, la moitié (49.7%) des personnes inscrites en doctorat à l’UNIL étaient des femmes. Bien sûr, cette proportion varie beaucoup selon les disciplines. Par exemple, en 2012, les femmes étaient 68% des doctorant·e·s en psychologie et seulement 35% des doctorant·e·s en HEC (voir l’annuaire statistique de l'Unil pour plus de détail). Afin de soutenir les doctorantes, des programmes romands spécifiques ont été conçus, notamment un programme de mentoring (StartingDoc) et des ateliers (ateliers REGARD).

13. Quel est le pourcentage à l’Unil de doctorant·e·s provenant d’autres pays ?

En 2012, il y avait à l’UNIL 41% de doctorant·e·s provenant d’autres pays que la Suisse. A savoir 793 sur un total de 1916 doctorant·e·s. 29% provenaient d’autres universités suisses et 30% avaient une licence ou un master de l’UNIL.

14. Les compétences développées ne sont utiles que pour une carrière académique ?

Le doctorat apporte toute une série de compétences (par ex. gestion du temps, l'analyse critique, sens de l’initiative, autonomie, prise de parole en publique) reconnues sur le marché du travail hors académique, à condition d’en être conscient·e et de savoir en parler à son futur employeur. Le doctorat constitue généralement un atout pour briguer un poste à responsabilité. Toutefois, pour mettre toutes les chances de son côté, mieux vaut planifier son entrée sur le marché de l’emploi à l’avance et s’y préparer. En effet, une formation complémentaire ou une expérience pratique peuvent être demandées dans certains secteurs. (Voir à ce propos la brochure Au-delà du doctorat).

15. On fait un doctorat seulement si on veut devenir professeur·e ?

34% des titulaires d’un doctorat exercent un emploi sur le marché académique un an après l’obtention de leur titre.  « Le doctorat est la première étape d’une carrière académique, mais il ouvre aussi à d’autres professions proches des milieux scientifiques. Le marché de l’emploi non académique offre en effet des opportunités de carrière diverses et variées aux docteurs et docteures. » Seule une petite partie des personnes engagées dans un doctorat poursuit une carrière académique sur le long terme.  (Extrait de la brochure Bien démarrer sa thèse).

16. Après le doctorat, on devient rapidement professeur·e ?

La carrière académique peut être plus ou moins longue selon les disciplines. Après avoir obtenu sa thèse, il est fortement recommandé de partir dans une autre université, idéalement en dehors de la Suisse, afin d’avoir une expérience dans une autre institution. Généralement, entre le doctorat et le professorat, on doit gravir plusieurs échelons et le passage d’un échelon à l’autre est rarement automatique. La carrière académique est marquée par une succession de postes à durée déterminée. (Voir à ce propos la brochure Au-delà du doctorat).

Tableau des postes et fonctions

Phases de la carrière académique en Suisse Fonctions académiques en Suisse* Période indicative par fonction en Suisse
Professorat Professeur·e ordinaire de 4 à 6 ans, renouvelable
Professorat Professeur·e associé·e de 4 à 6 ans, renouvelable
Professorat Professeur·e assistant·e/ Professeur·e boursier·e FNS de 4 à 6 ans
Chercheur·e avancé·e Maitre d’enseignement et de recherche de 4 à 6 ans, renouvelable
Post-doctorat Maître assistant·e/ Maître assistant·e FNS de 4 à 6 ans, renouvelable
Post-doctorat Premier assistant/Première assistante de 1 à 6 ans
Doctorat Assistant·e diplômé·e /Doctorant·e FNS de 3 à 5 ans

*Nous identifions ici quelques fonctions classiques. Cependant, d’autres fonctions sont également possibles, même s’il n’est pas aisé de les placer dans une hiérarchie: privat-docent, chef·fe de groupe, responsable de recherche, chargée de cours, junior/senior researcher, etc.

17. Est-il possible de partir à l’étranger durant son doctorat ?

Le doctorat offre de multiples opportunités de partir à l’étranger. Vous serez régulièrement amené·e à participer à des conférences/congrès internationaux afin de présenter votre recherche ainsi que d’échanger avec d’autres chercheurs. Le FNS propose également des bourses afin de faire une expérience de recherche à l’étranger de 6 à 18 mois.

18. Le taux de chômage est plus élevé pour les détenteurs d’un doctorat ?

Selon les données de l’OFS de 2013, le taux de chômage des docteurs s’élève à 1.4 % alors qu’il est de 2% chez les détenteurs d’un Bachelor et de 2.3% chez ceux qui ont un Master.

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