Intelligence et conscience animales

Conférence du 10 mai 2017

Questions - Réponses

 

Georges Chapouthier, CNRS, Paris

Longtemps le statut donné par les hommes aux animaux a oscillé entre un animal « humanisé » et un animal-objet. Le développement de la biologie et la théorie de l’évolution ont clairement montré qu’en ce qui concerne leur « nature », les êtres humains étaient des animaux, proches des autres espèces, mais avec des différences marquées en ce qui concerne l’intelligence et la « culture ». Les récents progrès des neurosciences et de l’éthologie ont permis de rapprocher l’intelligence des animaux les plus développés sur le plan cérébral, vertébrés et pieuvres notamment, de l’intelligence humaine. Des aptitudes de mémoire complexes peuvent être démontrées chez ces animaux. Des ébauches de culture peuvent être observées chez eux : utilisation d’outils, de règles cognitives, de communications, voire de langages, ébauches de comportements moraux ou de choix esthétiques. Des formes de conscience proches de la conscience humaine peuvent y être associées, y compris une « conscience de soi », ce qui permet de considérer que ces animaux possèdent, comme les êtres humains, des aptitudes de douleur et de souffrance. Dès lors où se situent finalement les différences intellectuelles entre notre espèce et les (autres) espèces animales ? Et quelles conséquences morales doit-on tirer de ces observations scientifiques dans notre manière de traiter les animaux ? Les connaissances sur l’intelligence et la conscience des animaux doivent-elles nous amener à renouveler notre éthique ?

Bibliographie

  • Georges Chapouthier, Kant et le chimpanzé – Essai sur l’être humain, la morale et l’art, Editions Belin, Paris, 2009
  • Georges Chapouthier et Françoise Tristani-Potteaux, Le chercheur et la souris, CNRS Editions, Paris, 2013
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