Contenu de la formation
Six champs de compétences
Cette volonté de remettre le risque dans le contexte plus global de la préoccupation environnementale permet d'expliciter les contenus de l'offre de formation du Master en géosciences de l'environnement. Ces contenus sont articulés autour de six champs de compétences présents au sein de la FGSE. Il s'agit de:
1. Compétence liée à l'essence de la préoccupation environnementale
Ce champ renvoie à la fois à l'histoire des sciences de la préoccupation environnementale (en référence à C.J. Glacken, Traces on the Rhodian Shore, 1967, par exemple), à la philosophie et à l'éthique. Il concerne notamment des questions traitant de responsabilité individuelle et collective, de modernité (complexité croissante de nos sociétés), de postures scientifiques et méthodologiques (prévoyance, prévention, précaution, modalités et contenus de l'évaluation environnementale).
2. Compétence liée à la connaissance des mécanismes fondamentaux de l'environnement
Ce contenu renvoie aux processus physiques et chimiques de l'environnement. Il concerne des questions liées à la compréhension des interrelations fondamentales et aux modalités de leur représentation/modélisation/simulation.
3. Compétence liée à la connaissance des dangers et des aléas
Ce contenu renvoie à la mobilisation des «sciences naturelles» pour identifier les dangers, les connaître, les mesurer, les modéliser, les simuler et apprécier la probabilité de leur occurrence (calcul de probabilité, incertitude). Il concerne a priori, et compte tenu des compétences disponibles au sein de la FGSE, les dangers naturels et, dans une moindre mesure, les menaces technologiques (contamination des sols, par exemple). Il renvoie à des savoirs offerts par la géologie, la géomorphologie, la géophysique et la géochimie.
4. Compétence liée à l'analyse de données et à la représentation des dangers et des aléas
Ce contenu concerne la manière de conceptualiser (probabilité, fréquence, amplitude) et de rendre visible le danger ou la menace. Trop souvent les aléas sont représentés par le biais d'une cartographie classique procédant par zonage, or bon nombre de dangers - y compris dans le champ des dangers naturels - requièrent des modes de représentation plus sophistiqués intégrant la temporalité et l'incertitude afin de rendre compte de phénomènes de diffusion et d'altération de la menace (logique des bassins du risque, par analogie aux bassins versants). Ce contenu renvoie à des savoirs offerts par la géomatique, les SIG, la télédétection, les méthodes quantitatives et la géostatistique.
5. Compétence liée à la construction des risques
Ce contenu oblige à intégrer les vulnérabilités des "établissements" humains (formes urbaines) et des "conduites" humaines, d'une part et les méthodes aptes à les évaluer (écologie industrielle et méthodologie du métabolisme des activités économiques), d'autre part. La préoccupation environnementale n'est qu'une des dimensions parmi d'autres qu'une société doit gérer. Sa prise en compte n'est pas donnée. Elle dépend de facteurs conjoncturels. En ce sens, son intégration est toujours le fruit d'une négociation qui mêle à la fois «recevabilité sociale», connaissance de l'aléa, appréciation de la vulnérabilité et construction des risques. Pour simplifier, nous pourrions dire que le risque est "construit" lorsqu'il y a consensus sur la limite... Ce processus de construction est essentiel puisque c'est à partir de ce consensus que des mesures peuvent être définies et mises en oeuvre.
6. Compétence liée à la régulation des risques
Ce contenu revient à traiter de l'insertion de la problématique des risques dans les politiques territoriales, l'accent portant notamment sur les articulations et les mises en synergie. Cette entrée est un sous-ensemble de l'entrée précédente qui est plus générale et qui mêle des aspects liés aussi bien aux comportements individuels que collectifs et aux acteurs publics et privés. Ici, il s'agit plus précisément de revenir à la question de la gouvernance de la préoccupation environnementale, en sachant que cette gouvernance implique de plus en plus souvent des partenariats publics, privés, d'une part et des jeux d'échelles géographiques, d'autre part. En outre, cette compétence implique de traiter la question de la qualité des mesures préconisées via la construction du risque (compatibilité juridique, mais aussi sociale, politique, environnementale, économique) et d'aborder les thématiques liées à la participation et à la négociation en tant que processus social et savoir-faire.


