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Programme

27 février 2012

Polémiques climatiques : arguments et acteurs

Edwin Zaccaï, physicien, philosophe - Université Libre de Bruxelles

Après avoir rappelé quelques éléments récents par lesquels ces polémiques se sont manifestées, ce premier exposé tracera une toile de fond de différents aspects qui les fondent. Les acteurs considérés comprennent les scientifiques du climat et d’autres spécialités, des acteurs économiques et politiques, les médias, l’opinion publique. Quant aux arguments on repèrera une série de niveaux de discours et d’arguments récurrents, dans les manifestations de ces polémiques en Europe et aux Etats-Unis. 

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5 mars 2012

Les représentations sociales de l’effet de serre : structures et évolutions

Daniel Boy, juriste, politologue - Centre de recherche politique de SciencesPo, Paris

Depuis l'année 2000, l'Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie réalise chaque année au printemps un sondage sur les représentations sociales de l'effet de serre et du réchauffement climatique. Cette enquête est administrée par téléphone auprès d'un échantillon de Français âges de 15 ans et plus. Les informations accumulées dans cette base de données permettent de répondre à une série de questions fondamentales pour comprendre les perceptions du grand public dans ce domaine.

  • En quoi consiste concrètement pour le public l'effet de serre et le réchauffement climatique ?
  • L’explication de ces phénomènes est elle fondée sur des certitudes scientifiques ?
  • La responsabilité de l'action humaine est elle clairement établie ?
  • Quelles solutions, réglementaires ou liées à initiative individuelle, peuvent contribuer à remédier à cette situation ?
  • Enfin quelles ont été les grandes évolutions de l'opinion sur cette période de 12 ans ?

 

Le changement climatique : science ou pseudoscience ? A moins que la question ne soit mal posée

Pierre Lagrange, sociologue des sciences - Centre Norbert Elias, Université d’Avignon 

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12 mars 2012

Genèse et généalogie d’une théorie populaire du climat

Stéphane Foucart, journaliste - Le Monde

Depuis quelques années s'est construite une théorie du changement climatique "alternative" --ou "climatoscepticisme"--, qui prétend concurrencer et faire pièce à la théorie standard incarnée par les rapports de synthèse du GIEC. Cette théorie alternative s'est forgée par agrégation d'arguments principalement mis en circulation par des organisations-écrans et/ou des personnalités proches des milieux d'affaires nord-américains dès la fin des années 1980; ce processus d'agrégation et de mise en cohérence d'arguments hétéroclites (sociologiques, pseudo-scientifiques ou politiques) a été rendu possible par les nouveaux médias. Une analyse des grands jalons chronologiques de cette "théorie populaire" du climat permet de comprendre l'importance des médias collaboratifs dans l'élaboration de nouvelles formes de propagande. Elle permet aussi de prendre la mesure du succès de celles-ci. 

 

Populisme climatique, quand des scientifiques perdent le nord

Sylvestre Huet, journaliste, historien - Libération

L'un des phénomènes les plus étranges du climatoscepticisme consiste en la participation de scientifiques, retraités mais aussi encore en activité dans un laboratoire de recherche public, à ce combat douteux. Cette participation prend une double forme : d'une part l'intervention dans l'espace public, en particulier les médias traditionnels et web ainsi que la conférence en direction de publics divers, et d'autre part la production d'articles scientifiques destinés à publications dans des revues primaires. Cette production se traduit la plupart du temps par une sorte de suicide professionnel puisqu'elle se termine par des publications dans des revues extrêmement sous-cotées par rapport au standing de ces scientifiques et par une perte de réputation certaines, qui prend parfois la forme de la contestation de récompenses académiques. Le groupe de l'IPGP formé par Vincent Courtillot est un des représentants les plus curieux de ce phénomène. 

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19 mars 2012

Le climat fragile de la modernité. Du climat comme lieu de la réflexivité environnementale 1700-1900

Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement - Imperial College London

L’hypothèse que je voudrais explorer, est que la notion de climat a été un lieu essentiel où les sociétés du passé ont pensé leur réflexivité environnementale. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, le climat acquiert une certaine plasticité : les savants et les administrateurs s’intéressent à ses variations, à ses altérations et au rôle de l’agir humain dans son « amélioration » ou sa « dégradation ». On passe d’un climat pensé comme un lieu, à un climat conçu comme un ensemble de processus qui concourent à produire le climat. Cette transformation est essentielle car l’activité humaine peut alors se concevoir comme un processus parmi d’autres au sein de cet ensemble de causes qui génèrent le climat.

 

Entre carbocentrisme et climato-scepticisme. La « voie étroite » de l’histoire du climat

Monsieur Garner étant malade, la conférence n'a malheureusement pas pu avoir lieu.

Emmanuel Garnier, historien des sciences - Université de Caen et Université de Cambridge

Privilège de sa discipline, fondée sur le dépouillement d’archives, l’historien appréhende la question climatique dans une perspective scientifique dépouillée de ses oripeaux polémiques contemporains. De facto, du haut de ses 500 ans d’archives, saisies et interprétées sous la forme de bases de données en Europe, il observe que la question des « dérangements du temps » ou encore du « renversement des saisons » fut régulièrement d’une « brûlante » actualité. Fort de ce constat historiographique, il convient de s’intéresser aux fluctuations du discours climatique à l’aune de la réalité du climat qu’il faisait. En effet, les sources anciennes livrent pléthores d’exemples sur les « monstruosités et « novelletés » du temps ou encore sur la fin annoncée de l’enneigement dans les espaces montagnards, chaque génération d’hommes ayant le sentiment de vivre au quotidien ce que nous appellerions aujourd’hui un changement climatique. C’est donc bien la mémoire et sa « durabilité » en matière météorologique qu’il s’agit d’interroger, notamment au prisme des événements extrêmes qui, en raison de leur caractère brutal, ont laissé de nombreux jalons documentaires. Malheureusement, et contre toute raison, l’approche nuancée du disciple de Clio est assez systématiquement instrumentalisée, comme s’il devait forcément choisir son camp. C’est accorder un bien grand crédit au tenant des sciences dites « molles » dont le devoir consiste plus modestement à apporter des éclairages sur le caractère permanent d’une conscience du risque climatique et sur les formes d’adaptation qu’élaborèrent nos ancêtres au fils des siècle pour faire face à l’adversité du temps. 

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26 mars 2012

Controverse scientifique et sophisme climato-sceptique en France

Olivier Godard, économiste - Ecole Polytechnique de Paris

Faussement présenté comme l’expression d’une controverse scientifique, le discours climato-sceptique ne constitue pas une contre-expertise, mais s’inscrit dans des projets idéologiques divers. Il a bénéficié de la complaisance de certains médias, avides de confrontations et détournant les règles du débat démocratique pour installer en une fausse symétrie la confrontation « d’opinions ».

 

Le rôle du droit dans la lutte contre le changement climatique et dans l’expertise climatique internationale

La conférence de Mme Torre-Schaub n'a malheureusement pas pu avoir lieu

Marta Torre-Schaub, juriste - Ecole normale supérieure de Cachan et Paris I Panthéon-La Sorbonne

La problématique du changement climatique a crée des institutions au niveau international mettant à la disposition des décideurs des expertises scientifiques et sociales. La production de ces expertises, le recueil des données, l’organisation et en somme la gouvernance de ces savoirs ont nécessité des normes et des structures juridiques. Comprendre la manière dont la « vérité » scientifique s’est construit puis s’est imposée implique que chercheurs et experts soient régulés par le droit international. La construction de ces normes et la manière dont elles ont été appliquées au contexte scientifique de l’expertise climatique internationale feront l’objet d’étude de cette contribution. 

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2 avril 2012

Le cadrage du problème climatique et l'articulation global/local : analyses, critiques et perspectives

Amy Dahan-Dalmedico, mathématicienne, historienne et philosophe des sciences - Centre Alexandre Koyré, Paris

L'exposé reviendra sur le cadrage du problème climatique tel qu'il s'est construit et imposé dans le régime international climatique depuis le début des années 1990. Par cadrage, nous entendons la construction scientifique de l'alerte climatique, le processus politique censé y répondre, enfin, la relation science-politique, elle-même déterminée par l'organisation très singulière qu'est le GIEC. Au cœur de ce cadrage est l'articulation du global au local, et les rapports controversés entre atténuation du CC et adaptation au CC. En mettant fin aux ambitions d'une gouvernance cosmopolitique à la Beck du problème climatique, l'insuccès de la Conférence de Copenhague a ouvert la voie à une offensive critique, centrée sur la constitution et l'histoire de ce cadrage et sur le rôle qu'y joue le GIEC. En revenant sur les divers éléments de cette situation, l'exposé tentera d'éclairer les perspectives du régime climatique.

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16 avril 2012

Le nouveau passage du Nord-Ouest. Quel très long terme se dessine ?

Nicolas Bouleau, mathématicien, philosophe des sciences – Ecole des Ponts ParisTech, Paris

Science normale et révolutions scientifiques, économie orthodoxe et crises, les réactions au changement climatique interrogent l'épistémologie : comment sortir des à-coups et envisager une science de meilleure qualité, notamment vis à vis des risques futurs? Elle fait nécessairement socialement appel à davantage de pluralisme. Une forme de monisme est le business as usual et son support idéologique du climate realism, où cela mène-t-il ? Quel long terme souhaitons nous ? Y a-t-il un passage pour seulement les riches ? Il est utile de formuler des "désastres-types" par analogie aux idéaux-types de Max Weber. Le relativisme de la sociologie des sciences était une erreur, il ne faut pas confondre relativisme et pluralisme, c'est la condition d'avancer vers des structures politiques adaptées. 

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