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Tradition Classique

Mercredi 15 novembre 2006

Anthropole, salle 2024 de 17h00 à 19h00

Soirée d'ouverture

Allocution de la Doyenne de la Faculté des lettres

Conférences inaugurales des titulaires des chaires de latin et de grec :

D. van Mal-Maeder : "La peste, les dieux et les hommes. Cheminements d'une tradition"

D. Bouvier : "Lieux et non-lieux de la guerre de Troie"

Un apéritif offert par la Faculté des lettres sera servi à l'issue de la soirée.

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Jeudi 16 novembre 2006

Salle de conférence de l'ISDC - Institut Suisse de Droit Comparé

Programme :

9h15

P.-Y. Brandt

«L'inspiration divine pour justifier la nouveauté : quand la créativité humaine est occultée»

Le monde antique range du côté du délire les diverses formes de l'inspiration. Dans l'univers de l'Ancien Testament, les prophètes sont possédés par l'Esprit de Dieu. Platon parle de délire (μανία) pour ranger, à côté de l'inspiration prophétique, la divination, l'inspiration poétique et l'inspiration amoureuse. Dans chaque cas, l'inspiration divine sert d'explication pour justifier un saut qualitatif dans la production humaine. Une psychologie de l'insight s'accommodera aisément d'une telle interprétation. La psychologie de la créativité, en revanche, y voit une occultation de la part active de l'entreprise humaine.

9h55

G. Aragione

«La transmission du savoir entre "tradition" et "plagiat" dans l'Antiquité classique et chrétienne»

Accusés de suivre une doctrine d'origine barbare, dont on déplore la naissance récente et l'absence de tradition, les chrétiens répliquent que c'est justement aux Barbares, notamment aux Juifs, que les Grecs doivent toutes leurs connaissances. Dans ce débat sur l'antériorité de la sagesse des Grecs ou des Barbares, l'accusation de "plagiat" joue un rôle significatif. On analysera donc les contextes d'élaboration de cette notion et on essaiera d'en repérer les enjeux et les conséquences.

10h35

Pause

11h00

D. Marguerat

«Les Actes des apôtres, un récit de fondation de colonie? (Ac 10-11)»

Le genre littéraire des récits de fondation de colonie (κτίσεις) a-t-il inspiré l'auteur des Actes des apôtres? Le rapprochement est éclairant : la dialectique lien/séparation s'y retrouve dans le détachement qui s'instaure entre la synagogue et le mouvement chrétien. L'auteur a-t-il voulu ainsi rendre compréhensible à ses lecteurs gréco-romains le processus conduisant à l'émergence du christianisme ? On adoptera pour lieu-test les chapitres 10-11.

11h40

E. Junod

«Eusèbe de Césarée innovateur du fait de son attachement à plusieurs traditions»

Dans les premières années du IVe siècle, Eusèbe de Césarée, contemporain de l'empereur Constantin, compose, dans les champs de la chronographie et de l'écriture de l'histoire, des ouvrages dont le caractère novateur tient pour une bonne part à leur attachement à des traditions divergentes.

12h20

Repas

14h00

A.-F. Jaccottet

«Hypatie d'Alexandrie entre réalité historique et récupérations idéologiques. Réflexions sur la place de l'Antiquité dans l'imaginaire moderne»

En 415 de notre ère, Hypatie, philosophe et mathématicienne, fille de Théon membre du Musée, est sauvagement attaquée dans la rue et écorchée vive. La mort sordide de cette intellectuelle charismatique va, au siècle des Lumières, permettre une récupération idéologique du personnage historique. Devenue l'emblème de la liberté de pensée anéantie par le christianisme triomphant, Hypatie sera célébrée, entre autres, par Voltaire comme une martyre païenne, victime de l'obscurantisme religieux. Mais pourquoi les figures de l'Antiquité ont-elles un rôle aussi marqué dans la construction de l'imaginaire moderne?

14h40

J.-C. Mühlethaler

«Enée à la fin du Moyen Age en France : heurs et malheurs d'une figure exemplaire»

Traître à la patrie, traître en amour, Enée a mauvaise presse en France au moins depuis le XIIe siècle. Les versions en prose du Roman de Troie, mais aussi les chroniques transmettent cette image négative jusqu'à la fin du Moyen Age et à la Renaissance. Des voix plus nuancées, voire des tentatives de récupération se manifestent pourtant avant qu'Octovien de Saint-Gelais ne traduise l'Enéide pour Louis XII parti à la conquête de l'Italie. Ce sont quelques jalons de cette revalorisation que nous proposons d'étudier ici.

15h20

M. Praloran

«Aspects de la réception classique dans la Renaissance italienne : le monologue lyrique et la narration épique»

Au cours de cette présentation, il s'agit de mettre en évidence deux typologies différentes de la réception de la culture classique au cours des XIVe et XVe siècles dans la culture italienne. Dans le premier cas, il s'agira d'observer la manière dont Pétrarque façonne son moi littéraire en l'insérant dans la littérature latine en prose (surtout en relation à Sénèque et Cicéron). Dans un deuxième temps, je ferai quelques remarques sur la façon dont le monde chevaleresque italien recupère avec des finalités quelque peu divergentes un élément caractéristique du style de la poésie épique latine: l'allittération.

16h00

Pause

16h30

A. Corbellari

«Alix et Astérix»

Dans le monde de la bande dessinée francophone traditionnelle, la peinture de l'Antiquité se partage, pour ainsi dire exclusivement, entre deux séries mythiques illustrant chacune une modalité opposée de la peinture du passé: au grave Alix s'oppose le désopilant Astérix, aux scénarios lourdement historiques et (presque) impeccablement documentés de Jacques Martin l'univers loufoque et tout en clins d'oeil de Goscinny. Mais à cette évidente opposition du sérieux et du comique se superposent d'autres différences tout aussi diamétrales qui engagent l'idéologie de nos deux séries et nous prouvent que la rigueur de la reconstitution ne garantit pas davantage l'objectivité de la peinture que la désinvolture de la satire n'anéantit tout référent: constat banal sans doute, mais qui doit nous mettre en garde contre la caractérisation trop facile d'Alix en "série historique" et d'Astérix en "série parodique" comme si seul l'humour permettait de faire communiquer l'Antiquité romaine (ou plutôt "romano-gauloise", pour emprunter ici une expression typiquement astérixienne ) avec notre présent.

17h10

D. Maggetti

«Rodolphe Töpffer et les références classiques»

Inventeur de la bande dessinée et écrivain à succès pendant la Monarchie de juillet, le Genevois Rodolphe Töpffer est entré à l'Académie de Genève, où il a été nommé professeur, en misant sur sa connaissance des disciplines classiques... dont il a par ailleurs fait la satire dans sa production littéraire. C'est cette relation particulière à un savoir diversement investi que cette communication se propose d'explorer.

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Vendredi 17 novembre 2006

Salle de conférence de l'ISDC - Institut Suisse de Droit Comparé

Programme :

9h15

U. Heidmann

«Littérature comparée et tradition classique»

Cette conférence propose quelques réflexions d'ordre interdisciplinaire au sujet de l'importance des textes anciens pour l'étude comparative des cultures et littératures européennes, des enjeux d'une méthodologie de la comparaison et du concept de dialogue intertextuel pour aborder les problèmes de source et de filiation.

9h55

R. Wachter

«Fouiller les mots. L'histoire de la langue comme partie de la tradition classique»

La tradition classique se manifeste le plus clairement dans les textes grecs et latins qui ont profondément influencé la pensée de notre culture occidentale. De plus, les témoignages archéologiques notamment en Grèce et en Italie de même que les oeuvres d'art splendides se trouvant dans les musées du monde entier ont inspiré maints architectes et artistes jusqu'à nos jours. Mais il existe un troisième fond dans lequel l'antiquité se conserve et que nous utilisons tous les jours, généralement sans nous en rendre compte: c'est la langue. Nous verrons pourquoi il vaut la peine de mener ces fouilles qui se trouvent toutes ouvertes devant nous yeux.

10h35

V. Barras

«La "tradition classique" de la médecine»

Le fossé semble immense entre la médecine de l'époque moderne (XVI-XVIIIe siècles), sa langue, sa pensée, ses pratiques, et celles des siècles ultérieurs. La proximité avec l'antique, par contre, saute immédiatement aux yeux. Faut-il pour autant parler, dans l'histoire de la médecine, d'une simple césure séparant l'antique - qui aurait duré d'Hippocrate jusqu'au XIXe siècle - et le contemporain? Sans minimiser l'importance de cette césure, qui occupe une large part des réflexions en histoire de la médecine, il convient de se pencher sur les fonctions que le rapport avec le passé antique a si longtemps rempli, voire continue de remplir, dans l'idéologie, dans la capacité réflexive de la médecine.

11h15 Pause
11h40

F. Gregorio et C. König-Pralong

«Un épisode de la tradition de l'éthique grecque au XIIIe siècle : la figure du philosophe divin»

En 1247, l'évêque de Lincoln Robert Grosseteste donne la première traduction latine intégrale de l'Éthique à Nicomaque d'Aristote. Il y joint la traduction de commentaires byzantins de l'Éthique. Dans le même temps, le monde latin hérite de la philosophie arabe. Ce nouveau dossier de textes philosophiques produit des lectures divergentes par rapport aux standards de la morale chrétienne latine : la figure nouvelle du philosophe divin émerge.

12h20

E. Barilier

«L'homme est-il merveilleux ou terrible?»

Pour Heidegger, un seul mot de l'Antigone de Sophocle, le mot "δεινόν" suffit à fonder toute la métaphysique occidentale. Ce qui est sûr, c'est que les diverses traductions de ce mot, au fil des siècles et jusqu'à nos jours, ont façonné notre moderne approche de l'homme, et de son mystère.

13h00 Repas
14h00

S. Romano

«Rhétorique et narration dans la peinture médiévale : les dettes à l'Antique»

La conférence abordera le vaste thème de la technique narrative médiévale, en analysant le problème des niveaux rhétoriques du discours, notamment en relation à leur position dans les divers secteurs de la paroi.

14h40

C. Michel

«Changement du canon ou changement du regard? Le basculement de la tradition classique à la fin du XVIIIe siècle»

Le "retour à l'antique" qui semble définir historiographiquement l'ensemble des productions artistiques de la fin du XVIIIe siècle est généralement associé aux découvertes archéologiques des villes de Campanie. Il s'agit dans cette communication de montrer comment c'est plutôt un regard renouvelé sur des oeuvres connues depuis la Renaissance qui modifie la pratique des artistes. Plus que d'un retour à l'antique, il conviendrait de parler d'une mutation du rapport à l'antique.

15h20

N. Forsyth

«Milton : son exploitation de la tradition antique»

On a l'habitude d'inscrire Milton dans la tradition des grands écrivains littéraires de l'antiquité. Et c'est lui, bien sûr, qui nous dirige vers Homère, Virgile, Ovide, auteurs de grandes épopées qu'il cite souvent, parfois de façon explicite, dans Le paradis perdu, ou encore vers Eschyle, Sophocle, et Euripide qui sont ses modèles pour Samson Agonistes.

Mais il y a aussi une autre tradition classique qui est d'une importance capitale pour ce grand révolutionnaire: la littérature "républicaine", de Platon et Cicéron à Lucain, une tradition qui arrivait directement à Milton par ses études, mais qui passait aussi par des auteurs comme Machiavel, et qui faisait partie intégrale des discours de la révolution anglaise. Y a-t-il une contradiction entre ces deux aspects de sa relation à l'antiquité?

16h00 Pause
16h30

A. Paschoud

«Athalie de Racine à la lumière des sources hébraïques et grecques : le conflit des sacralités»

OEuvre de commande destinée aux chastes pensionnaires de Saint-Cyr, Athalie (1690) marque la fin de la carrière théâtrale de Racine. Inspirée des grands textes de l'Ancien Testament, notamment le Livre des Rois, cette pièce puise également dans un vaste ensemble de sources grecques dont Ion d'Euripide. Tragédie du "schisme" (Roland Barthes), Athalie réforme dans le sens de la foi un matériau antique disparate offert aux variations sur la mort, le pouvoir, la filiation, l'origine obscure et l'élection. Plus précisément, la tragédie fait grand usage du mysterium tremendum que suggère le Dieu de l'Ancien Testament : "terreur", "horreur", "tremblement", mais aussi "ravissement" et "éblouissement" sont autant de termes qui se rapportent à une fascination pour ce que nous nommerions aujourd'hui le sacré. En peignant non sans ambiguïtés la lutte qui oppose Dieu et les dieux, Athalie présente un rapport différentiel avec le tragique.

17h10

P. Voelke

«Les Electre d'Antoine Vitez»

Depuis quelque cent cinquante ans, les représentations de tragédies grecques se sont multipliées sur les scènes occidentales. Entre recherche d'effets propres à souligner la distance temporelle et mise en évidence d'un propos pertinent - souvent politique - pour le spectateur moderne, ces mises en scène constituent par excellence un lieu où se négocie notre rapport à l'Antiquité. Comme exemples de cette appropriation moderne de la tragédie grecque, nous examinerons les trois mises en scènes de l'Electre de Sophocle proposées par Antoine Vitez en 1966, 1971 et 1986. Se tenant d'emblée à l'écart de toute tentative de restitution de type archéologique, mais également de toute actualisation qui nierait l'histoire, Vitez s'efforce de faire de ses mises en scène un point d'articulation entre le présent et l'antique, propre à faire émerger la pérennité des idées inscrites dans une pièce qu'il assimile à un «théorème».

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Samedi 18 novembre 2006

Gymnase d'Yverdon, de 10h50 à 12h15

A la suite du colloque, une table ronde sur l'Antiquité au XXIe siècle prolongera nos réflexions dans le cadre de la journée du GREGL (Groupe Romand des Etudes Grecques et Latines).

Avec la participation de :

  • Claude Calame (Professeur, EHESSet Université de Lausanne)
  • Matteo Capponi (metteur en scène, Groupe de théâtre antique, Université de Neuchâtel)
  • Laurent Flutsch (directeur du Musée romain de Lausanne-Vidy)
  • Michèle Praong (directrice du théâtre du Grütli)
  • Isabelle Rüf (journaliste, Le Temps)

Modérateurs : David Bouvier et Danielle van Mal-Maeder

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