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Atelier EDOCSA - Entre philologie, philosophie et littérature: jusqu'où expliquer une oeuvre

Université de Lausanne

15-16 septembre 2011

(Anthropole, salle 2013)

organisé par

Prof. D. Bouvier (Unil, langue et littérature grecques), Prof. F. Karfik (Université de Fribourg, philosophie antique), Prof. T. Schmidt (Université de Fribourg, langue et littérature grecques) et Prof. A. Schniewind (Unil, philosophie antique)

Présentation

Un des problèmes récurrents des doctorants qui travaillent sur des œuvres littéraires, philosophiques ou sur des documents est celui d'une inflation explicative. Souvent tâtonnant dans la phase initiale, le chercheur accumule un matériel exhaustif qui le décourage bientôt. Face à un texte, jusqu'où faut-il développer un commentaire? Quelle information donner à son lecteur pour qu'il comprenne l'interprétation avancée? «Entre philologie, philosophie et littérature», cet atelier veut partir d'exemples précis, proposés par les participants, pour aider le chercheur qui travaille sur les textes grecs antiques à cibler son propos dans son travail exégétique.

Cet atelier d'école doctorale n'impose pas une thématique. Chacun est libre de venir avec la matière ou le document qui l'intéresse. En revanche, on attend du participant qu'il expose un problème rencontré dans son analyse, un moment difficile de l'écriture. Sur tel aspect, tel problème ou telle question, qu'est-ce qui vient bloquer son analyse et la progression de son travail? Trop d'informations? Pas assez d'informations? Long détour pour exposer un point mineur mais nécessaire à la démonstration, problèmes de traduction, etc.

Cette formule de travail devrait permettre au jeune chercheur de présenter à la fois sa matière et d'interroger les participants sur des solutions possibles aux problèmes rencontrés.

Programme

JEUDI 15 SEPTEMBRE 2011

9h30 Mise en route - accueil
   
10h00-10h30 Marie-Rose Guelfucci (Besançon)
  Introduction

A. présidence: Alexandrine Schniewind (UNIL) – Filip Karfik (UNIFR)

10h30-11h15 Michael Hertig (UNIL)
Séminaire, conférence, article scientifique, chapitre de thèse? Déterminer le degré de précision et la longueur d'un argument

Résumé:
Au livre VII de son Ethique à Nicomaque, après avoir présenté le personnage de l'akratês, le type d'agent souffrant de faiblesse de la volonté, Aristote introduit son opposé: l'enkratês. Il les différencie par le fait que ce dernier, au contraire du premier, s'en tient (emmenei) à sa décision. Il résiste en quelque sorte aux appétits qui le poussent à renoncer à ce qu'il croit être le meilleur. Au contraire, l'akratês se laisse emporter par ses désirs, bien qu'il sache que son action n'est pas vertueuse. Autrement dit, il ne s'en tient pas à sa décision.
Aristote n'explique pas cette différence. Il ne fait que quelques remarques sur l'explication du phénomène de l'akrasia, qui ont laissé plus d'un commentateur perplexe, et ne donne tout simplement pas d'explication de l'enkrateia. Récemment, David Charles a proposé une explication de l'akrasia basée sur la notion de persuasion (pistis). D'après lui, l'akratês échoue à accomplir ce qu'il croit être le meilleur, car il n'a pas suffisamment de conviction dans sa décision d'agir.
Dans cette présentation, je poursuis la position de Charles en l'applicant au cas de l'enkratês et en faisant du concept de pistis une propriété caractéristique de la connaissance pratique. L'enkratês, au contraire de l'akratês, possède suffisamment de persuasion dans sa propre croyance pour résister à des désirs irrationels. L'argument que je vais présenter repose donc sur la proximité sémantique présumée entre deux notions: pisteuein et emmenein. La raison principale qui permet à l'enkratês de tenir bon consiste en la confiance suffisante qu'il a dans sa croyance.
   
11h15-12h00 Marianne Garin (UNIFR)
Le trop et le trop peu. Problèmes d'interprétation au sein du corpus fragmenté d'Héraclite

Résumé:
Le mot «texte» est issu du terme latin textus qui signifie «tissu». Or, s’atteler aux textes appartenant aux corpus présocratiques, c’est bien souvent se pencher sur une bande de tissu trouée dont il incombe au chercheur de restituer la forme première en «rapiéçant», souvent de manière très spéculative, une trame devenue lacunaire. La tâche est d’autant plus ardue que les motifs originellement pensés par ces intellectuels de la Grèce archaïque nous parviennent de manière hétéroclite, en une forme de cadavre exquis où s’enchaînent les époques et les doxographes les plus variés et, ce faisant, les intentions, les arrière-fonds, les terminologies et les interprétations de seconde main (au meilleur des cas).
Mon travail actuel porte sur l’énonciation au sein des Fragments d’Héraclite d’Ephèse dont je tente de dégager, au travers de l’identification de la voix qui énonce et de ses possibles destinataires, un autoportrait philosophique et la vision d’une discipline que chevauchent encore allègrement anatomie, astronomie, physique ou théologie.
Dans le cadre de cette Ecole doctorale consacrée à la difficulté d’interprétation de textes oscillant entre philosophie et littérature, j’aimerais présenter, à l’aide d’un petit corpus de Fragments, deux nerfs douloureux de mon travail de recherche: (1) d’une part, la question de la cohésion interne d’un corpus dans lequel un même terme peut endosser plusieurs sens, opérant dans des contextes fort différents, (2) d’autre part, le problème de ce que j’appellerai «les interprétations par connotations».
Mon exposé portera donc sur l’analyse de plusieurs Fragments représentatifs de ces deux problèmes méthodologiques que sont (1) la polysémie parfois déroutante de termes techniques utilisés par l’auteur à des fins apparemment contradictoires et (2) la nécessaire évaluation de diverses nuances inhérentes au vocabulaire et d’intonations qui sont plus affaire de conviction que de démonstration.
   
12h15-14h00 Repas

B. présidence: Michel Fartzoff (Besançon) – Antonio Gonzales (Besançon)

14h00-14h45 Daniel Battesti (Besançon)
Thucydide, V, 43: commentaire philologique et analyse géopolitique

Résumé:
Pour Thucydide, «une ambition, due à l’orgueil, dictait aussi [à Alcibiade] son opposition [aux Lacédémoniens] – οὐ μέντοι ἀλλὰ καὶ φρονήματι φιλονικῶν ἠναντιοῦτο –» (V, 43, trad. J. de Romilly). La plupart des traductions françaises (pour nous en tenir temporairement à celles-là) et des commentateurs mettent en avant cette “ambition” et cet “orgueil” d’Alcibiade, mais sans définition claire et en négligeant complètement ses compétences pour la guerre. Pourtant, le texte grec semble moins exclusif et pourrait être commenté à l’aide d’une autre méthode.
En effet, l’édition même du texte est problématique. Alors que les six manuscrits les plus anciens sont identiques en V, 43, des corrections ont été faites au XIXe siècle et sont désormais suivies. En outre, malgré une apparente uniformité des traductions, deux lignes s’opposent à propos des acceptions de φρονήματι et de φιλονικῶν. Enfin, ce commentaire philologique devrait aussi réinscrire ce passage dans le contexte géopolitique décrit par Thucydide: les négociations croisées au cours de la première année de la paix de Nicias, véritable «paix belliqueuse» pour reprendre la formule de Raymond Aron.
   
14h45-15h30 Laurène Leclercq (Besançon)
Décrire l'humain chez Thucydide

Résumé:
L’œuvre de Thucydide est «un trésor pour toujours», car il s’intéresse au ressort humain des événements. A cause de son détachement, Denys d’Halicarnasse qualifie Thucydide d’auteur trop intellectuel. Pourtant l’historien décrit l’homme dans sa grandeur et sa bassesse jusque dans certains détails délaissés. Il raconte la nature humaine en situation de guerre et les déviations engendrées par ce «maître aux façons violentes» (III, 82, 2). Il peint la libération des pulsions bridées par les conventions et la paix.
Où poser les limites du sujet? Pour saisir le ressort humain de l’histoire suffit-il de s’arrêter à l’histoire politique, aux réflexions générales sur l’homme et au corpus formé par la famille du mot anthrôpinon (I, 22, 4)?
Vient ensuite le problème de bibliographie, foisonnante, mais relativement pauvre sur le sujet. Comment choisir ce qui est utile? Jusqu’où étendre la bibliographie?
- Comment en faire une aide pour comprendre Thucydide tacticien, médecin, juriste, rhéteur…?
- Peut-on, par ailleurs, en faire un outil exploratoire pour traiter certaines parties du sujet?
- Comment faire face aux problèmes d’interprétation ou de surinterprétation du texte lui-même?
- Entre surinterprétation et utilisation, que retenir des analogies élaborées par la suite dans des conditions similaires?
Reste le plus difficile, l’universalité du sujet et la méthode de Thucydide. En quoi cette méthode est-elle un art d’écrire particulier?
   
15h30-16h00 Pause

C. présidence: Rudy Chaulet (Besançon) – Jérôme Meizoz (FDI-UNIL)

16h00-16h45 Valérie Von Allmen (Besançon)
Questionnements méthodologiques autour des manuscrits de Jules Chifflet (1615-1676). Normes de transcription, paratexte, intertextualité et "plurilinguisme"

Résumé:
L’ordre de chevalerie de la Toison d’or fut fondé en 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Or, si la bibliographie s’est longuement intéressée jusqu’ici à la période antérieure à 1560, on en sait finalement fort peu sur ce qu’il advint de l’Ordre au XVIIe siècle. C’est dans ce cadre d’une étude de l’Ordre au XVIIe siècle que s’inscrivent la transcription puis l’examen de certains manuscrits de Jules Chifflet (1615-1676) conservés à Besançon. Cependant, au moment de définir des normes de transcription, premier passage obligé, se posent certains problèmes de méthodologie. En effet, ces manuscrits se caractérisent par une écriture foisonnante, celle d’un homme issu d’une famille d’érudits franc-comtois, à la fois historiographe, abbé de Balerne et chancelier de l’ordre de la Toison d’or à Madrid, et qui se place ainsi sous le double héritage bourguignon et espagnol. Au-delà des problèmes de lisibilité de certains passages et de la question de la modernisation ou non du texte, le lecteur de ces manuscrits est ainsi confronté à des textes principalement écrits en français, mais où abondent les citations en langue espagnole (écrits antérieurs sur l’ordre de la Toison d’or par exemple), en langue latine (référence à des auteurs antiques) ou encore en italien. En plus de ces nombreuses références intertextuelles et du «plurilinguisme» qui pose le problème de la traduction ou non des passages en question, le lecteur doit faire face à un péritexte abondant (phrases en marge du texte par exemple). Comment établir alors des normes de transcription qui respectent cette richesse des textes tout en permettant au lecteur un accès direct aux textes et à leur contenu? Telle est la question à laquelle nous nous proposons de répondre ici.
   
16h45-17h30 Matthieu Pellet (UNIL)
Corpus de recherche, établissement et usage de graphiques: un parcours informatique?

Résumé:
Travailler sur une catégorie fortement présente dans la littérature grecque antique, le «ἥρως» dans notre cas, demande forcément d’établir un corpus de recherche précis. Or, si l’on ne se concentre pas sur un auteur en particulier ou encore sur une typologie héroïque spécifique, comment sélectionner les textes les plus pertinents pour repenser cette figure dans son ensemble?
Si le chercheur peut compter sur une tradition de recherche concernant son sujet, il peut également se servir d’outils informatiques lui permettant d’ordonner et de sélectionner la presque totalité des occurrences d’un terme dans l’ensemble des textes grecs anciens. Cette présentation questionnera alors les résultats d’une telle méthode en la confrontant aux textes eux-mêmes, de sorte de voir ses atouts et ses limites.
   
  Souper

 

VENDREDI 16 SEPTEMBRE 2011

A. présidence: Jean-Yves Guillaumin (Besançon) – Marie-Rose Guelfucci (Besançon)

09h00-09h45 Emilie Piguet (Besançon)
Un corpus épigraphique de 500 inscriptions: comment gérer et jusqu’où commenter les textes? Entre analyse interprétative et outil informatique

Résumé:
Notre thèse de doctorat porte sur l’étude du culte et des sanctuaires du dieu de la médecine grecque, Asclépios, dans les îles égéennes et dans les cités côtières d’Asie Mineure à l’époque hellénistique et au Haut-Empire romain. Les sources faisant connaître le culte d'Asclépios sont pour l’essentiel épigraphiques.
Comment rassembler les textes? Notre recherche consiste en une analyse sérielle de la documentation épigraphique, afin d'établir un catalogue raisonné des inscriptions. Nous avons dépouillé systématiquement les corpus régionaux et thématiques, ainsi que les revues qui référencent annuellement les nouvelles publications (SEG, Année épigraphique et Bulletin épigraphique). Près de 500 textes ont été répertoriés.
Dès lors, comment gérer un corpus aussi volumineux? Nous avons décidé de classer la documentation épigraphique selon les exigences scientifiques modernes et donc de la gérer sous la forme d’une base de données qui sera mise en ligne via internet. Une réflexion préalable très poussée a été indispensable pour la constitution d'une métasource fonctionnelle. Il a fallu sélectionner les informations à conserver, choisir comment les conserver et comment les lier entre-elles. En mettant à terme en accès direct les inscriptions sur Asclépios, l’objectif est double: il s’agit de donner accès au plus grand nombre à un outil méthodologique, autant que de permettre une lecture non linéaire des inscriptions, par le croisement de l’information.
Jusqu’où commenter chaque texte? Il s’agit de mettre l’épigraphie au service d’une étude historique ciblée. Grâce à la variété des inscriptions permettant des approches multiples, il est question d’observer et de comprendre quelle place le culte d’Asclépios tenait dans la vie politique, religieuse et sociale. A travers un exemple significatif – une loi sacrée relative à l’incubation dans l’Asklepieion de Pergame (IvP II, n° 264) –, nous montrerons les problèmes rencontrés et la méthode utilisée.
   
09h45-10h30 Julien Demaille (Besançon)
Peut-on reconnaître un individu d’origine italienne dans le corpus épigraphique de Dion (Piérie, Macédoine)?

Résumé:
La question de méthodologie soulevée est celle de l’exploitation du corpus épigraphique de la colonie romaine de Dion et de son territoire. Il s’agit d’un ensemble de textes composé en grande partie d’inscriptions funéraires de l’époque impériale. Il faut donc mettre en place une méthodologie spécifique pour dégager une sociologie de la colonie.
Cette étude épigraphique qui s’appuie avant tout sur une analyse des formulaires onomastiques, est orientée délibérément vers une approche culturelle davantage que juridique, même s’il convient de prendre en compte les statuts sociaux. Notre objectif est de tenter de différencier à travers les noms des personnes les individus d’origine italienne des individus d’origine hellénique ou même d’autres origines.
Cette analyse permet de dégager des critères onomastiques précis qui permettent à leur tour de reconnaître l’origine des personnes. Malgré ces critères, il demeure pour une partie de la population concernée des doutes concernant leur origine culturelle.
Jusqu’où possède-t-on les éléments nécessaires pour procéder à cette reconnaissance onomastique? Ces limites sont-elles préjudiciables pour les conclusions de notre recherche?
   
10h30-11h00 Pause

B. présidence: Thomas Schmidt (UNIFR) – Pierre Voelke (UNIL)

11h00-11h45

Sophie Gällnö (UNIGE)
Des hommes maniant la quenouille en Egypte romaine? A propos d'un passage lacunaire dans un procès-verbal du Conseil de la ville d'Oxyrhynque

Résumé:
Cette présentation s’inscrit dans le cadre de ma thèse de doctorat, qui porte sur la représentation du travail féminin et masculin dans les papyrus documentaires, dans une perspective de genre.
L’intérêt pour ce sujet d’étude est né d’un constat paradoxal: alors qu’à l’époque romaine et byzantine, l’Egypte était un important centre de production de textiles, et que d’autre part, une étape essentielle de la fabrication du textile – le filage – constituait une activité typiquement féminine, les attestations papyrologiques de femmes exerçant cette activité sont extrêmement rares. En revanche, d’autres étapes du travail textile, effectuées cette fois par des hommes, apparaissent relativement souvent dans les papyrus.
Mon hypothèse est que la documentation papyrologique ne reflète pas le travail de la même manière selon qu’il est effectué par des hommes ou par des femmes, les activités de ces dernières ayant tendance à être nettement moins présentes dans les sources. Ceci expliquerait en partie pourquoi cette tâche traditionnellement féminine qu’est le filage apparaît de manière aussi discrète.
A ce titre, le papyrus que je propose d’examiner présente un intérêt double. D’une part, il constitue la seule source papyrologique de l’époque romaine mentionnant des femmes impliquées dans une grande production de filé. D’autre part, un passage lacunaire pourrait faire penser que le filage n’était finalement pas une activité exclusivement féminine. Le but de l’exposé sera de discuter des différentes interprétations possibles de ce passage aussi intéressant que difficile.

   
11h45-12h30 Christian Pernet (UNIFR)
Sophron à la chandelle, Satyros à Olynthe. Commenter l’exemplum historique

Résumé:
Choricios de Gaza, auteur du VIe siècle, nous a laissé une production abondante et variée. Ses œuvres peuvent être classées en deux catégories: des discours ayant pour thème des événements contemporains et des exercices de rhétorique. Dans le texte qui nous occupe, l’Apologie des Mimes, l’auteur se charge d’une défense audacieuse, celle d’un genre dont la renommée était sulfureuse, décrié entre autres par la morale chrétienne; la diatribe de St-Jean Chrysostome en est un témoignage édifiant. Si l’auteur est chrétien, son discours et ses exemples ne laissent rien transparaître de cette appartenance religieuse; ils poseront des problèmes d’interprétation sérieux à plus d’un érudit moderne. Parmi ces exemples qui peuvent être tant de nature mythologique, qu’historique, deux d’entre eux ont retenu notre attention. Ces derniers permettent de formuler des questions sur le commentaire à leur apporter.
Le premier d’entre eux a pour sujet Sophron de Syracuse, auteur de Mimes dont nous avons conservé une partie. L’anecdote raconte comment Platon aurait emporté les mimes de Sophron de la Sicile vers Athènes. Là, Platon les aurait pour ainsi dire gardés comme lecture de chevet. Le premier point de commentaire porte sur la véracité de l’anecdote. Quels renseignements possède-t-on sur le personnage de Sophron? Peut-on déterminer quelle est la source de l’anecdote? Mais ce n’est pas tout. Il faudra également donner la valeur «rhétorique», la fonction de cette anecdote dans le discours. Dans ce cas précis, nous sommes en présence du premier exemple de «nature humaine», après des exemples mythologiques/divins. Il s’agit également de rappeler aux auditeurs le rapprochement entre les genres mimique et dialogique.
Le deuxième exemple que nous aborderons comporte des traits communs. Il s’agit également d’une anecdote; le personnage principal est Satyros, un acteur de mime. Lorsque celui-ci était à la cour de Philippe II de Macédoine à Olynthe, il plaida en faveur de la libération d’otages, des jeunes filles prisonnières. A nouveau, on pourra s’interroger sur le personnage de Satyros, ce point n’étant certainement pas ici le plus important. A la différence du premier exemple, Choricios ne fait que paraphraser un texte bien connu. Il s’agit d’un passage de Démosthène dans son discours Sur les forfaitures de l’Ambassade. Il faudra donc réaliser une petite étude comparative, pour mettre en évidence les parallélismes, les reformulations. Cela permettra de mettre en évidence, la lutte et l’émulation dont nous parle Quintilien à propos de la paraphrase.
Comment présenter ces deux passages, comment les commenter? Quelles informations faut-il donner au lecteur? Quant au commentaire général du texte, doit-il être linéaire? Ou faut-il rédiger des notes pour les éléments isolés et regrouper dans un commentaire plus élaboré la valeur/fonction de chaque passage en fonction de sa thématique? Telles sont les questions qui restent ouvertes.
   
12h30-14h00 Repas

C. présidence: Guy Labarre (Besançon) – Dominique Jaillard (UNIL)

14h00-14h45 Virginie Alibert (Besançon)
Quand traduire c'est déterminer: les fonctions attribuées aux esclaves syriens

Résumé:
S’il faut en croire Juvénal, Rome était submergée par les peuples provenant de l’Oronte et de l’Asie Mineure. Libres, ces étrangers fréquentaient la capitale romaine lors d’échanges commerciaux. Mais les guerres, la piraterie et le brigandage favorisèrent leur arrivée sous le joug de l’esclavage. L’abondance du vocable latin, référençant leurs fonctions, illustre l’importance de ces esclaves dans l’Urbs. De prime abord les sources littéraires accordaient peu d’intérêts quant aux origines géographiques de ces derniers. Toutefois la traduction de certains termes semble démentir ces propos. De la sorte, tibicina et ambubaia désignaient les joueuses de flûte. Alors que le premier mot fait appel à une certaine généralité le second est toujours traduit par "joueuse de flûte syrienne". Ainsi pourquoi dans l’historiographie moderne les traducteurs ont-ils choisi d’intégrer une précision géographique? En était-il de même pour les auteurs de la période romaine?
   
14h45-15h30 Florence Pasche Guignard (UNIL)
De quelques difficultés à aborder des sources grecques en histoire comparée des religions

Résumé:
Ma présentation abordera quelques problèmes majeurs auxquels est confrontée l’historien·ne des religions qui choisit d’aborder des sources antiques de façon comparatiste. Sur la base d’exemples tirés de mon travail de thèse, qui porte sur les représentations littéraires de figures féminines en lien à des dieux masculins, je montrerai quelques-unes des principales difficultés auxquelles j’ai été confrontée au cours de l’élaboration de ce travail, de la formation des corpus à la présentation des résultats. S’inscrivant dans un cadre méthodologique qui est d’emblée interdisciplinaire, cette recherche fait appel aux outils de la philologie, de l’histoire et de l’analyse littéraire aussi bien qu’à des apports des sciences sociales, comme l’anthropologie et les études genre. Comment et à quel point faire usage de tous ces outils? Alors que la comparaison différentielle s’est révélée être un processus heuristique très fructueux dans la phase de recherche et d’analyse des documents, elle a posé certains problèmes au moment de formuler par écrit les résultats. Jusqu’où doit-on contextualiser les sources grecques quand le corpus sélectionné est fragmenté et s’étend sur plus de huit siècles? Comment tirer des éléments pertinents pour la comparaison sans devoir ouvrir à nouveau des dossiers contestés (p. ex. la question des pratiques ménadiques et de leur représentation) qu’on n’entend pas aborder dans leur ensemble? La contextualisation et le commentaire des sources doit-il forcément être symétrique pour l’un et l’autre corpus quand on choisit de travailler sur des représentations tirées de deux contextes éloignés dans le temps et dans l’espace? Faut-il opter pour une présentation en deux parties distinctes et successives (l’une pour le corpus grec et l’autre pour le corpus indien) ou faut-il au contraire décliner des thématiques de recherche dans l’un et l’autre contexte ensemble? De par son ouverture à plusieurs contextes, l’historien·ne des religions se positionne autrement qu’un «ultra-spécialiste» (philologue ou historien) face à des mêmes sources et leur pose des questions différentes. Comment faire ressortir cette spécificité de la discipline au cours de la rédaction? Dans ce cadre d’EDOCSA, je présenterai les difficultés de recherche et de rédaction auxquelles j’ai été confrontée en privilégiant les exemples tirés du corpus grec.
   
15h30-16h00 Pause
   
16h00-16h45 David Bouvier (UNIL), avec la participation de Marta Caraion et/ou Alberto Roncaccia (FDI-UNIL)
Atelier d’écriture sur la base des articles tirés des présentations données à l’occasion du colloque Jeunes Chercheurs ISTA 2010 à Besançon
   
16h45-17h00 Antonio Gonzales (Besançon)
Conclusion

 

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Coupe de Douris, début du Ve siècle av. J.-C., Berlin Staatliche Museum

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