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Le cheval de Troie. Variations autour d'une guerre


 

TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos, p. VII-IX

ÉTIENNE BARILIER : La véritable histoire du cheval de Troie, p. 1-12

Nouvelle inédite

KARL REBER : Troie - Découverte et état actuel des connaissances, p. 13-32

Si l'histoire de Troie commence avec Homère, son archéologie, elle, naît sans conteste avec Heinrich Schliemann. Les travaux de ce pionnier ont ensuite été repris par plusieurs équipes de chercheurs, qui ont contribué à mieux faire connaître le passé de l'illustre cité. La lecture des archives hittites jette aussi un éclairage nouveau sur la question, permettant de replacer Troie dans le contexte historique de la fin de l'Age du Bronze. Archéologie et sources écrites se complètent donc et soulèvent un coin du voile sur la réalité dont les récits épiques se sont inspirés.

DAVID BOUVIER : Le cheval de Troie dans l'épopée grecque antique : entre ruse de guerre et objet d'art, p. 33-58

Le cheval de Troie pose la question de l'usage de la ruse dans la guerre. En Grèce ancienne, la guerre est une réalité qui relève de l'évidence. Si les Grecs ont réfléchi aux chances d'éviter une guerre particulière, l'idée d'un monde sans guerre leur était purement inconcevable. Naturellement voué à faire la guerre, l'homme est en revanche responsable de la façon dont il la fait. La culture intervient ici. Bien avant l'idée moderne de guerre propre, les Grecs anciens ont travaillé à fixer des règles de guerre qui pouvaient non pas justifier mais plutôt rendre acceptable cette réalité incontournable. Partant de l'Iliade et de l'Odyssée, on peut opposer dans la poésie grecque deux images et deux modalités de la guerre. D'un côté, une guerre de la force qui voit les armées s'affronter sur un terrain égal et découvert. C'est une guerre sanglante, bien sûr, mais qui se fait entre hommes et où les règles sont claires. De l'autre, une guerre de la ruse où l'intelligence l'emporte mais pour conduire au massacre des vieillards, des femmes et des enfants. Comment peut-on célébrer le cheval de Troie, cette façon truquée de l'emporter ? A bien y regarder, artistes et poètes ont préféré concevoir le cheval de Troie comme une oeuvre d'art, plutôt que d'évoquer le stratagème. Devant une ruse qui est un chef-d'oeuvre, l'exigence éthique le cède à l'admiration esthétique. Les Grecs ont préféré se souvenir d'une Athéna inspirant la construction d'une oeuvre merveilleuse plutôt qu'une ruse perfide et cruelle.

ANNE BIELMAN SÁNCHEZ : La guerre de Troie ou la défaite des femmes ?, p. 59-100

L'article s'interroge sur le rôle des femmes durant la guerre de Troie, tel qu'il est présenté par l'Iliade, un poème centré sur la guerre, domaine masculin par essence. Séparant la gent féminine en deux catégories, les femmes passives (celles qui subissent les événements) et les femmes actives (celles qui tentent de modifier le cours de l'action principale), l'auteur examine la position et l'influence de plusieurs personnalités féminines dans la sphère privée, dans le domaine militaire et dans le domaine religieux. A travers Andromaque, Hécube, Hélène et leurs consoeurs troyennes ou grecques, l'étude démontre que les femmes apparaissent au fil du poème comme d'éternelles victimes qui ont tout à perdre de la guerre, qu'elles appartiennent au camp des vainqueurs ou au camp des vaincus. Cependant, grâce à ces figures désespérées, brisées, humiliées, l'Iliade cesse d'être une ode à la violence et à la gloire masculines pour acquérir une dimension humaine et amorcer une réflexion intemporelle sur la guerre et ses conséquences.

DANIELLE VAN MAL-MAEDER : De la Grèce à Rome. Le cheval de Troie selon Virgile et dans les romans de Dictys et de Darès, p. 101-128

Cet article se penche sur trois réécritures latines de la guerre de Troie qui, si elles se rattachent à la tradition plus vaste du cycle troyen, ont pour référence principale l'Iliade d'Homère. Que ce soit dans l'épopée de Virgile (Ier siècle av. J.-C.) ou dans les romans de la guerre de Troie (Dictys et Darès : IVe-Ve siècles apr. J.-C.), le récit homérique est transformé, complété ou corrigé en fonction du genre littéraire choisi, du contexte politique et culturel dans lequel ces oeuvres s'insèrent, en fonction, peut-être, des sentiments nationalistes ou patriotiques de ces auteurs et au gré de leur fantaisie.

MICHEL FUCHS : Comme sur des roulettes : le cheval de Troie vision romaine, p. 129-150

Le cheval de Troie tel que l'Antiquité le représentait ne nous est connu que par une trentaine d'exemplaires, datés du VIIIe siècle av. J.-C. au Ve siècle apr. J.-C. Trois épisodes du mythe ont été illustrés, la fabrication du cheval, le cheval devant les remparts de Troie et le cheval à l'intérieur de la ville. Le premier apparaît essentiellement dans l'imagerie grecque et étrusque. Le deuxième est privilégié par les Romains. Le dernier est le plus fréquemment utilisé. Cependant, sur la plupart des images recensées, le cheval de Troie ne montre guère les proportions colossales que laissent imaginer les textes antiques, de l'Odyssée à l'Enéide de Virgile. C'est particulièrement le cas sous l'Empire romain. Le cheval, d'abord grandeur nature et posé sur un plateau à roues puis même monté par un cavalier plus tardivement, n'est pas une machine de guerre mais illustre la technè d'Epeios son constructeur, un art qui a subjugué les Troyens, ancêtres des Romains.

ALAIN CORBELLARI : Ruses troyennes et littérature médiévale, p. 151-168

La seule incarnation explicite du cheval de Troie dans la littérature en ancien français apparaît dans le Roman de Troie, adaptation rédigée au XIIe siècle des oeuvres de Darès et de Dictys, et l'aspect merveilleux de l'objet y est privilégié aux dépens de la ruse dont il est le vecteur. Cependant, si l'on considère comme autant de « chevaux de Troie » les stratagèmes par lesquels les héros des chansons de geste parviennent, déguisés et camouflés, à investir les villes qu'ils convoitent, la liste en devient très vite plus longue, et la confrontation de ces ruses avec les principes de la métis grecque, et même, plus largement, avec ses possibles archétypes indo-européens, s'avère fort instructive.

ALAIN CORBELLARI : Le dernier cri de l'imagerie troyenne : le cheval de Troie dans la bande dessinée, p. 169-184

Dans l'imagerie du cheval de Troie, la bande dessinée est, après 2500 ans de représentations iconographiques, une tard venue. Quelques albums récents en proposent cependant des reconstitutions originales qui témoignent de la pérennité du motif dans la culture de masse d'aujourd'hui.

Biographies des auteurs, p. 185-187

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