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Projet FNS

Rôle et statut des reines lagides de Cléopâtre I à Bérénice IV d'après les sources grecques et égyptiennes

 

Temple d'Esna: Ptolémée VI faisant des offrandes à Ptolémée V et Cléopâtre I divinisés.
Photo: Giuseppina Lenzo/ASA.

Equipe scientifique:

Prof. Anne Bielman, responsable du projet, en charge de la documentation grecque

Dr Giuseppina Lenzo, chercheure FNS senior, en charge de la documentation égyptienne (hiéroglyphique et démotique)

Marie Widmer, première assistante FNS, en charge des liens entre Séleucides et Lagides

Aurélie Cuenod, doctorante FNS, thèse sur la reine Cléopâtre III

Collaboratrice scientifique externe : 

Virginie Joliton, doctorante, thèse intitulée Etude iconographique des représentations de la reine dans les temples de l'Egypte ptolémaïque 

 

Présentation du projet:

Le projet examine dans une perspective d'«études genre» le statut et le rôle public de plusieurs reines lagides, qui régnèrent entre environ 200 av. J.-C. et 55 av. J.-C.: Cléopâtre I, Cléopâtre II, Cléopâtre III, Cléopâtre IV, Cléopâtre Séléné, Cléopâtre (V) Bérénice III, Cléopâtre (VI) Tryphaena, Bérénice IV. Il s’agit de sortir de l’ombre des figures féminines qui jouèrent un rôle de premier plan, dans une période historique importante pour le royaume lagide.

Alors que la grande majorité des travaux sur les reines lagides se caractérise par une dichotomie des approches fondées tantôt sur la documentation grecque, tantôt sur la documentation en langue égyptienne, l'originalité du projet réside dans le fait que - grâce à la constitution d’une équipe composée d’égyptologues et de spécialistes d’histoire grecque hellénistique - sont prises en considération à la fois les sources grecques (textes littéraires, inscriptions, papyrus, monnaies) et les sources égyptiennes (inscriptions, papyrus, documentation iconographique) concernant ces reines. Pour chacun des deux groupes de sources, on constituera un corpus exhaustif en lien avec les reines sélectionnées. Les sources seront traduites et contextualisées, puis alimenteront une banque de données qui servira de base de travail à l’analyse comparative conduite par les membres de l’équipe. L’approche multifocale des documents, appréhendés à la fois dans leur diversité de langue et de nature, demandera le développement d’une méthode de travail empirique, reposant sur des expériences similaires réalisées dans d’autres champs des Sciences de l’Antiquité. Une telle démarche permettra de souligner la richesse et l’apport scientifique d’un décloisonnement disciplinaire entre histoire grecque et égyptologie et pourrait encourager le développement de projets similaires.

Les informations fournies par ces deux groupes documentaires (sources en langue grecque et sources en langue égyptienne) seront confrontées afin de comprendre si l'image de chacune de ces reines différait selon qu'elle était établie à l'usage d'un public hellénophone (lagide, séleucide ou autre) ou d'un public d'origine égyptienne indigène.
Les reines qui font l’objet de cette analyse comparative n’ont que sporadiquement retenu l’attention des chercheurs. L’étude vise à faire ressortir les caractéristiques respectives du pouvoir féminin et du pouvoir masculin chez les Lagides, aux IIe-Ier siècles av. J.-C, puisque plusieurs de ces reines ont été co-régentes. On analysera le statut de chacune des reines concernées, son action politique, son implication dans les stratégies dynastiques, les cultes qui lui furent consacrés et les titres qui lui ont été accordés, ainsi que la position de chaque reine au sein du couple royal, puis on mettra en lumière les analogies et les différences relevées entre ces différentes figures royales.
Grâce à une étude systématique de l’iconographie et des titulatures, on cherchera également à déterminer dans quelle mesure les reines pharaoniques et lagides qui ont précédé les premières Cléopâtres ont contribué à la construction du rôle de ces dernières.

Ces reines appartenaient à des fratries souvent étendues. Le projet prêtera une attention particulière à la position des reines concernées en tant que sœurs de roi(s), afin de cerner leur rôle dans la politique dynastique et dans la diplomatie lagide, notamment par le biais des mariages endogamiques et exogamiques qui leur furent imposés. La confrontation entre les messages destinés à un public hellénophone et ceux adressés à un public indigène sera particulièrement instructive sur ce point, puisque les conceptions relatives à la fratrie et au couple différaient dans les cultures grecque et égyptienne.

Enfin, plusieurs de ces reines d’origine lagide furent mariées à des rois séleucides. L’analyse de ces figures féminines mettra en lumière les influences subies et exercées réciproquement par les Lagides et par les Séleucides quant à la conception et à la nature du pouvoir royal féminin. Seront ainsi renouvelées donc non seulement l’approche de la royauté lagide, mais aussi celle de la royauté séleucide aux IIe-Ier siècles av. J.-C.

 

 

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Ptolémée VI et Cléopâtre I

AN1058272001
© The Trustees of the British Museum
Registration number: 1978,1021.1

Cléopâtre III, El Kab

Photo: Giuseppina Lenzo/ASA

Ptolémée VIII, Cléopâtre II et Cléopâtre III

AN838686001
© The Trustees of the British Museum
Registration number: 1903,0511.2

Papyrus démotique, époque Cléopâtre III et Ptolémée X

AN374168001
© The Trustees of the British Museum
Registration number: 1926,0505.3.2

Temple de Kom Ombo: Ptolémée VIII, Cléopâtre II et Cléopâtre III

Photo: Giuseppina Lenzo/ASA

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