Le Fonds Paul Collart

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Inv. n°1106 Paul Collart au Ramesseum

Depuis 1982, l'IASA est dépositaire d'un fonds photographique riche de plusieurs milliers de clichés, oeuvre de l'archéologue suisse Paul Collart.

Paul Collart

Paul Collart, descendant d'une famille d'architectes connus, naît à Genève le 19 avril 1902. Dès le début de ses études en Faculté des lettres à l'Université de Genève, il s'intéresse à l'histoire et à l'archéologie. En 1926, il est admis comme membre étranger à l'Ecole Française d'Athènes. De 1930 à 1935, il est nommé responsable des fouilles du site de Philippes, en Macédoine. De 1938 à 1940, il fouille à Baalbek au Liban. En 1953, l'UNESCO lui confie l'inventaire des biens culturels de la Syrie et du Liban. De 1954 à 1956, il organise à Palmyre le premier grand chantier archéologique suisse à l'étranger. Il conduit parallèlement des recherches sur la Suisse romaine. Dès 1939, il est chargé de cours dans les universités de Genève et de Lausanne; il est nommé professeur d'histoire ancienne et d'archéologie dès 1950 et jusqu'en 1963. Cependant, en 1961 déjà, il est choisi comme directeur de l'Institut suisse de Rome où il demeure de 1963 à 1970. Figure scientifique reconnue sur le plan international, il poursuit jusqu'à sa mort, survenue en 1981, ses recherches dans le domaine de l'histoire ancienne et de l'archéologie.
Ses mandats professionnels et sa passion pour l'Antiquité ont conduit Paul Collart à visiter, entre 1928 et 1950, la majorité des sites archéologiques du bassin méditerranéen. Tour à tour l'ont accueilli la Grèce, la Turquie, le Liban, la Syrie, l'Egypte, la Tunisie, le Maroc, l'Italie, les Balkans, la Bulgarie.
A chaque voyage, P. Collart partait équipé d'un appareil photographique et d'un trépied. Ses clichés sont précieux à divers titres. Documents archéologiques, ils constituent des archives souvent uniques sur l'état de tel ou tel site dans la première moitié du XXe siècle et permettent des comparaisons avec la situation actuelle des mêmes vestiges. Documents écologiques, ils offrent un aperçu du décor dans lequel s'inséraient les sites archéologiques et l'on perçoit à travers eux l'évolution des paysages en un demi-siècle. Documents ethnographiques enfin, ils témoignent des conditions de voyage dans l'Europe méridionale et le Proche-Orient des années 1930-1940.

Le Fonds Paul Collart

Dès 1926 Paul Collart, qui enseignera plus tard à l'UNIL, s'était muni d'un appareil photographique et d'un trépied, constituant au fil des ans une collection de près de 4000 clichés, ensemble documentaire de grande valeur.

Après la mort de Paul Collart en 1981, ses héritiers remettent à Pierre Ducrey le fonds photographique de leur père, en souvenir de l'attachement que ce dernier portait à l'Université de Lausanne. Pierre Ducrey, alors doyen de la Faculté des Lettres, confie le fonds Collart à l'Institut d'archéologie et d'histoire ancienne de l'UNIL, à charge pour ce dernier de le valoriser. Ce fonds photographique comprend les clichés réalisés par Paul Collart durant la période où il a travaillé en Grèce et en Italie, ainsi que les carnets contenant des copies d'inscriptions de Philippes.

Le financement de l'informatisation de ce patrimoine européen a été assuré par Memoriav (Association pour la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle suisse), avec l'appui de la Confédération et la collaboration de Jean-Jacques Strahm (Unicom_Unimedia). L'ISCP (Institut suisse pour la conservation de la photographie) a digitalisé plus de 3000 négatifs originaux entre 2003 et 2004. De 2005 à 2006, Patrick Michel créa une base de données, comportant ces photographies de Collart, précédemment inventoriées par Anne Bielman, professeure d'Histoire ancienne. Cette base de données comporte différentes entrées : archéologique, ethnologique, chronologique lorsque cela est possible avec un eventuel commentaire. Puis Yannick Meyer, chef de projet Unimedia, développa un modèle de base de données pour l'ensemble des fonds photographiques de l'IASA. Aujourd'hui tous les originaux, albums et négatifs, sont conservés dans des conditions optimales à l'Université de Lausanne.

L'IASA a réalisé sur cette base, en 2001, une exposition, en collaboration avec le Musée d'art et d'histoire de Genève :

"Deux archéologues suisses photographient la Grèce. Waldemar Deonna et Paul Collart 1904-1939".

L'exposition mettait en valeur les photographies prises en Grèce par P. Collart, entre 1925 et 1940. Elle a été présentée en Grèce (Athènes, Kavala, Thessalonique), en France (Dijon) et en Suisse (Bâle, Zurich, Lausanne). Deux autres expositions sont projetées. L'une sera consacrée aux photos prises par P. Collart en Italie et en Sicile ; l'autre présentera une sélection des clichés du Proche-Orient (Syrie, Liban, Palestine, Egypte).

En 2006 et 2007, Patrick Michel réalisa une petite exposition à l'Université de Genève puis de Lausanne l'année suivante :

« Deux archéologues en Syrie : les fouilles de Maurice Dunand à Tell Kazel (1956, 1960-1962) et de Paul Collart à Palmyre (1954-1956) ». Cette exposition présentait les photographies des fouilles de Tell Kazel (1956, 1960-1962) et de Palmyre (1954-1956). Des photographies du Fonds Dunand venaient également compléter les clichés palmyréniens de Paul Collart.

Toute demande de consultation du fonds Paul Collart doit être adressée à Anne.Bielman@unil.ch.
Renseignements, contact : Patrick.Michel@lettres.unige.ch

Le Fonds photographique Paul Collart

*Voyages et photos*

La carrière archéologique de Paul Collart l'a conduit à travailler dans différents pays du bassin méditerranéen: Grèce, Italie, Liban, Syrie.

En outre, dès 1928 et jusque vers 1960, P. Collart a visité bon nombre de sites archéologiques en Egypte, en Tunisie, au Maroc, au Proche-Orient, en Turquie, dans les Balkans, en Bulgarie...
A chacun de ses voyages, effectués en compagnie de son épouse, Madeleine Collart, et parfois de collègues et amis, Paul Collart partait équipé d'un appareil photographique et d'un trépied. Il a rapporté de ses périples des milliers de clichés, soigneusement classés dans des albums cartonnés. Chaque album porte une date et le nom du pays visité; chaque cliché, annoté, est inséré dans l'album selon l'ordre de visite des sites. On peut ainsi retracer les itinéraires de l'archéologue.

*Un Fonds très riche*

Ces clichés sont précieux à divers titres:

  • Documents archéologiques, ils constituent des archives sur l'état des sites archéologiques entre 1928 et 1960. En outre, P. Collart est parfois retourné dans un même lieu après un intervalle de plusieurs années, voire de plusieurs décennies: l'évolution d'un ensemble monumental nous est alors perceptible. En comparant ces clichés avec la situation contemporaine des vestiges, on juge du travail effectué: dégagements, restaurations, anastyloses ... ou destructions.

  • Documents écologiques, ils offrent un aperçu du décor dans lequel s'inséraient les sites archéologiques, voici un demi-siècle. Grâce à ces photos, on prend conscience des changements survenus durant les dernières décennies: transformation des paysages, intégration des vestiges dans un cadre urbanisé, ou, à l'inverse, conservation d'un cadre champêtre grâce à la présence d'un site archéologique.

  • Documents ethnographiques, ils témoignent des conditions de voyage dans l'Europe méridionale et le Proche-Orient des années 1930-1950. Voiture, autocar, bateau, bac, mulet, chameau, les Collart ont tout expérimenté au gré des circonstances. A travers quelques prises de vues moins archéologiques se dessinent les coutumes et le mode de vie traditionnel des habitants des régions visitées.

Voir aussi Unimedia.

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