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Philippes de Macédoine

Présentation du projet

L'institut d'archéologie et des Sciences de l'Antiquité, en collaboration avec le KERA (Centre national grec de la recherche scientifique) et l'Ecole française d'Athènes, est responsable de l'édition du corpus des inscriptions grecques et latines de la colonie romaine de Philippes, en Macédoine orientale.

Une longue tradition lie la Suisse romande à ce site: l'archéologue d'origine genevoise P. Collart, membre étranger de l'Ecole française d'Athènes, a en effet consacré à cette cité sa thèse de doctorat parue en 1938 sous le titre Philippes, ville de Macédoine. P. Collart fut ensuite nommé professeur d'archéologie et d'épigraphie à l'Université de Lausanne, puis également à l'Université de Genève. Au début des années 70, il s'allia à Pierre Ducrey, professeur d'histoire ancienne à l'UNIL, pour publier un second volume consacré à cette colonie macédonienne: Philippes. Les reliefs rupestres (Paris, 1975).

Dès la fin des années 70, une équipe d'épigraphistes de l'UNIL reçut le mandat d'inventorier et d'éditer les inscriptions grecques et latines du site. Plusieurs missions scientifiques se rendirent sur place. Après quelques années d'interruption, le projet est aujourd'hui relancé. Un premier volume d'inscriptions éditées, traduites et commentées, devrait voir le jour d'ici deux ans.

Equipe IASA engagée dans le projet:
A. Bielman, C. Brélaz, G. Duchoud, P. Ducrey, R. Frei-Stolba, L. Gay des Combes, A. Zannis.

Collaborations externes: Mme H. Koukouli-Chrysanthaki, Ephore des Antiquités classiques de Kavala, Prof. Athanasios Rizakis (Centre de recherches sur l'Antiquité, Athènes.

L'Institut d'Archéologie et d'Histoire Ancienne (IAHA) à la découverte de Philippes de Macédoine.

La ville de Philippes se situe en Macédoine orientale, dans le territoire de la Grèce actuelle, à environ 150 km à l'est de Thessalonique. Ce sont les Thasiens qui, au VIe siècle, colonisent cette région peuplée de Thraces, riche de ses mines et dominée par le Mont Pangée. Mais il faut attendre 360 avant J.-C. pour qu'ils créent l'établissement de Krénidès ("les Sources") sur l'emplacement de la future Philippes. En 356, la ville prend le nom de son conquérant, Philippe II, roi de Macédoine et père d'Alexandre le Grand.

Cité macédonienne, Philippes sera le théâtre de la bataille du même nom, en 42 avant J.-C., où les armées du parti césarien d'Antoine et d'Octave l'emportent sur Brutus et Cassius, les assassins de César lors des Ides de mars 44. Refondée alors comme colonie romaine par les deux vainqueurs, Philippes est romanisée au point que le grec n'apparaît plus qu'épisodiquement dans des inscriptions privées. Cet îlot de romanité dans un milieu grec est une étape sur la Via Egnatia, la route qui mène de Dyrrachium (après la traversée de la mer Adriatique depuis Brindes) à l'Asie Mineure, par la Macédoine. Visitée par l'apôtre Paul, Philippes accueille la première communauté chrétienne d'Europe dès les années 40 de notre ère. Cette christianisation précoce fera d'elle plus tard un centre byzantin, comme le montrent ses nombreuses basiliques.

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Le site et le plan de Philippes

L'acropole de Philippes est la seule éminence dominant la plaine. Celle-ci est bordée au sud-est par la chaîne côtière (massif du Symbolon) qui la sépare de Kavala, l'ancienne Néapolis, au bord de la Mer Egée, en face de l'île de Thasos; au sud-ouest par le massif du Mont Pangée, dans l'Antiquité riche en mines et en carrières, qui culmine à près de 2000 m.

En venant de Kavala, la plaine, autrefois marécageuse et aujourd'hui encore humide et irriguée de ruisseaux (d'où l'ancien nom de Philippes: Krénidès, les "Sources"), s'ouvre amplement jusqu'à Drama au nord-ouest. La plaine est bordée au nord par les contreforts du Rhodope, chaîne montagneuse qui marque la frontière avec la Bulgarie. C'est dans cette vaste plaine que se sont affrontés Républicains et Césariens en 42 avant J.-C. A l'époque romaine, la plaine est traversée par la Via Egnatia, qui contourne le Mont Pangée par le nord et débouche sur Néapolis, pour joindre la Thrace toute proche.

De la cité macédonienne refondée par Philippe II, il ne subsiste que le théâtre, adossé aux pentes de l'acropole, et la muraille dessinant le pourtour de la ville. L'implantation romaine a bouleversé son plan en lui donnant un schéma orthogonal conforme aux fondations de colonies. Le centre monumental de la colonie (forum, temples, marché, palestre) a été recouvert au VIème et au VIIème siècle par des basiliques chrétiennes protobyzantines.

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Les recherches passées et futures de l'Institut d'Archéologie et d'Histoire Ancienne de l'UNIL à Philippes

Durant ses fouilles à Philippes dans le cadre de l'Ecole française d'Athènes de 1927 à 1935, le Suisse Paul Collart (1902-1981) concentre ses efforts sur le dégagement des bordures du forum, ce qui lui permet d'en découvrir les édifices et de nombreuses inscriptions latines officielles datant de la colonie romaine. En 1937, il consacre sa thèse à l'histoire de Philippes. Par la suite professeur à l'Université de Lausanne, il édite avec Pierre Ducrey en 1975 les reliefs rupestres de l'acropole, ex-votos représentant les principales divinités vénérées par les Philippiens.

C'est en 1979 que débute le projet de rassembler toutes les inscriptions, grecques et latines, de Philippes. Avec l'appui du Fonds national de la recherche scientifique suisse (FNRS), une petite équipe composée de Pierre Ducrey, François Mottas et André Charbonnet mène plusieurs campagnes sur le terrain et dans les musées de 1979 à 1982, afin de recenser et de copier toutes les inscriptions, publiées et inédites, de la ville et du territoire de Philippes, ce qui représente un corpus d'environ 1500 documents.

De nouvelles inscriptions, dont une stèle funéraire du Haut-Empire intacte, ont été découvertes récemment, notamment lors des fouilles que mènent les Ephories classiques et byzantines, respectivement au théâtre de Philippes et dans les églises et quartiers byzantins du site.

Aujourd'hui, en collaboration avec l'Ephorie des Antiquités classiques de Kavala, le Centre de recherche sur l'Antiquité (KERA) de la Fondation grecque de la recherche scientifique et l'Ecole française d'Athènes, l'IAHA fait de la publication des inscriptions l'un de ses principaux projets.

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(Les illustrations de cette page sont tirées de: Koukouli-Chrysanthaki Ch. et Bakirtzis Ch, Philippi, Athen 1999 et de L'espace grec, 150 ans de fouilles de l'Ecole française d'Athènes, Ecole française d'Athènes, Fayard, Paris 1996.)

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