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Recherche archéologique et histoire du paysage en Géorgie occidentale

L'Université de Lausanne, en collaboration avec les archéologues géorgiens, organise des campagnes de fouilles en Géorgie depuis quelques années. Cette année, la campagne se déroulait du 1er au 31 août. Malheureusement, suite aux évènements politiques survenus dans le Caucase dans la deuxième semaine d'août, le chantier a été quelque peu perturbé et plusieurs membres de l'équipe ont dû quitter le pays.

 

Présentation du site

Les fouilles se déroulent sur le site de Vani, la plus ancienne ville attestée en Géorgie. Cette petite ville se trouve au sud de Koutaïssi, dans la partie occidentale du pays, au pied du Petit Caucase et en bordure de la vallée du Rioni.

On ne connaît pas le nom de la ville à l'époque antique, par contre, on y retrouve des vestiges dès le IXe siècle av. J.-C. Sur la croisée des routes du Pont-Euxin en Inde et, dans un autre axe, de la transcaucasie, la ville connaît plusieurs phases successives de prospérité et de destruction jusqu'au Ier siècle av. J.-C., date de la destruction définitive de la ville. La richesse en minerais de la région, attise l'intérêt des Grecs dès les VII-VIe siècles av. J.-C., mais on ne voit d'influences culturelles grecques que dès les III-IIe siècles av. J.-C., durant l'époque hellénistique.

Le site se situe sur une colline surplombant la vallée du Rioni (Phase de l'Antiquité). Les premières fouilles ont été effectuées en 1947 par Nino Khochtaria, première femme archéologue géorgienne, suite à de nombreuses découvertes par les paysans de la région. Depuis cette époque, les campagnes se sont succédé plus ou moins régulièrement, principalement sous la direction d'Otar Lordkipanidzé. A ce jour, on a fouillé un nombre important de structures archéologiques réparties sur l'ensemble du site. D'après les chercheurs, il s'agirait d'un pôle économique important dans la région. De plus, le grand nombre de tombes très riches ainsi que de temples et de sanctuaires, les amène à penser que du milieu du IIIe siècle au milieu du Ier siècle av. J.-C. Vani devient une ville sanctuaire.

Campagne 2008

Le projet est financé par le Fonds National Suisse pour la Recherche, en collaboration avec l'UNIL, l'Institut d'Archéologie et des Sciences de l'Antiquité ainsi que le Musée National de Géorgie (Centre pour la recherche archéologique d'Otar Lordkipanidzé).

L'expédition de Vani est placée sous la direction du Professeur Thierry Luginbühl et de l'archéologue Catherine Masserey. Sur place, l'équipe suisse est représentée par Catherine Masserey ainsi que deux étudiantes en archéologie aux universités de Lausanne et Genève, Elsa Koenig et Caroline Branca.

Sur place, le travail de fouilles s'effectue en collaboration avec une équipe géorgienne composée des archéologues Darejan Kacharava, Dimitri Akhvlediani et Sulkhan Kharabadzé, ainsi que de trois étudiantes Ana Sakhvadzé, Lela Mikaberidzé et Marina Buridjichvili.

Le site dédié à la campagne 2008 se situe sur la partie nord de la colline (voir plan).

Le but du projet est d'entreprendre l'étude d'une stratigraphie (8m de hauteur !) afin d'établir un parallèle avec les données planigraphiques étudiées par l'équipe géorgienne depuis de nombreuses années. La stratigraphie comprend des niveaux d'occupation s'étendant sur tout le 1er millénaire av. J.-C. L'étude est fondée sur les datations absolues que permettent les données de sédimentologie couplées avec celles d'archéobotanique (carpologie, palynologie, anthracologie).

Concrètement, il s'agit de reprendre la stratigraphie dont l'étude avait déjà commencé l'année précédente par l'ancienne équipe lausannoise, afin de la poursuivre et de l'étendre. Durant la première semaine d'août, la stratigraphie a révélé la présence d'une structure négative d'origine anthropique ou non, tout d'abord interprétée comme un foyer. L'étude plus approfondie a révélé des scories métallifères (voir photo). Le décapage de la surface aurait permis d'en apprendre d'avantage.

En outre, le décapage de la surface supérieure a mis au jour un niveau d'occupation sur lequel on remarque un empierrement (voir photo) de forme bien distincte sur toute la partie nord-ouest. Sur le reste de la surface, une grande quantité d'ossements ainsi que des tessons de céramique ont été retrouvés, ils étaient tous placés horizontalement sur le sol. L'agrandissement du sondage au nord et à l'ouest aurait certainement permis une interprétation de cet empierrement « énigmatique ».

Dès le 7 août, la dégradation de la situation politique de la Géorgie a interrompu le chantier et forcé les étudiantes à rentrer en Suisse. Il est donc difficile, pour l'instant, de faire une analyse plus spécifique de la stratigraphie. Pourtant, une grande quantité de sédiments a été prélevée dans les couches supérieures et l'analyse sédimentologique et archéobotanique donnera peut-être des résultats intéressants.

Le site de Vani regorge de trésors et participer à une campagne de fouilles à cet endroit était d'une grande richesse. Les évènements politiques nous y forçant, nous n'avons pas pu continuer notre travail et avons été contraintes de quitter le pays ainsi que les personnes admirables que nous avions rencontrées. Catherine Masserey, quant à elle, est restée à Vani et tente de poursuivre les recherches. Ce départ brusque nous a empêchées de rencontrer certains membres de l'équipe, notamment l'archéobotaniste dont nous aurions aimé faire la connaissance. Travailler avec les archéologues géorgiens a été un plaisir et nous souhaiterions remercier tout particulièrement Darejan Kacharava, passionnée par son métier et qui n'a pas hésité à prendre de son temps pour nous faire visiter le site de Vani ainsi que son Musée d'Archéologie, créé par Otar Lordkipanidzé. Un peu frustrées par la tournure qu'ont pris les évènements, mais contentes d'avoir pu vivre cette expérience, nous tenions à en parler, à vous la décrire.

De gauche à droite : Catherine Masserey, Caroline Branca, Elsa Koenig, Darejan Kacharava, Helene Zhizhinadze, le directeur du musée, le gardien de musée.

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