Projets de recherche

Ces dernières années, les concepts et modèles de gestion publics, ainsi que les réflexions liées à la gestion publique des ressources humaines, ont considérablement évolués, au point que l’on parle aujourd’hui d’un environnement post-bureaucratique et hybride (Emery/Giauque, 2014). Cette situation pose de nombreux défis à la connaissance actuelle, notamment celui de mieux connaître les sources de motivation et d’identité professionnelle des personnes employées dans les organisations publiques, mais également l’évolution culturelle sous-jacente à ces nouvelles approches. Les recherches conduites dans l’unité contribuent, chacune à leur manière, à une compréhension plus fine de ces concepts essentiels, en mobilisant des connaissances développées autant en psychologie du travail, qu’en sociologie des organisations et en administration publique plus généralement.

Projets de recherche en cours

La performance et le bien-être des employés dans différents contextes organisationnels : les nouvelles manières de travailler font-elles une différence ?

Projet subventionné par le Fonds national suisse de la recherche scientifique

Subside no : 100018_185133, responsable prof. Y. Emery et Prof. D. Giauque

 

Résumé succinct du projet

 

Les organisations publiques et privées visent tout à la fois à augmenter le bien-être de leurs employés ainsi que leur performance. Les nouvelles manières de travailler constituent-elles des moyens appropriés pour atteindre ces objectifs ?

 

Contenu et objectifs du travail de recherche

L’idée à la base de cette recherche est de questionner l’impact des nouvelles manières de travailler au sein des organisations, à la fois sur la performance et le bien-être des travailleurs. Celles-ci peuvent être définies comme des pratiques organisationnelles qui permettent aux salariés de travailler en s’affranchissant des contraintes organisationnelles, de temps, d’espace, de lieu géographique, ceci grâce à un environnement de travail favorable, un style de leadership approprié et des technologies adaptées au travail mobile.

Cette recherche vise à déterminer quelles sont les nouvelles manières de travailler favorables à la fois au bien-être des salariés ainsi qu’à leur performance. Nous souhaitons également déterminer si les effets sont plus importants grâce à des pratiques isolées ou si des « grappes » ou « Bundles » de pratiques s’avèrent plus judicieuses. D’autres facteurs d’interaction seront également pris en compte, tels que le type de leadership et le soutien organisationnel perçu par le personnel, par exemple.

 

Contexte scientifique et social du projet de recherche

Mobilisant des approches sociologiques et comportementales des organisations, ce projet s’appuie sur une méthodologie mixte combinant des entretiens auprès de salariés et managers ainsi que la passation d’un questionnaire auprès du personnel d’organisations publiques et privées, afin d’identifier d’éventuelles différences sectorielles. Il va donc contribuer à identifier des leviers permettant de créer des environnements de travail tout à la fois performants et favorables aux salariés.

 

Mots-clés :

Bien-être au travail ; performance ; nouvelles manières de travailler ; différences sectorielles privé-public ; leadership ; soutien organisationnel.

 

Début du projet : automne 2019.

PolProx Regards croisés sur les nouveaux modèles policiers

Modalité, développement et résultats du Reassurance policing dans la police vaudoise.

Prof. Y. Emery (IDHEAP), Prof. M. Jendly (École des sciences criminelles), Prof. E. Poltier (Ecole de droit)

 

Résumé

Dans le sillage des modèles de police de proximité nés au début des années 2000 en Grande-Bretagne, une nouvelle approche destinée à impacter les perceptions de sécurité chez les populations (Millie, 2006). Cette approche part du constat que les représentations des citoyens en termes de sécurité sont en décalage avec la baisse générale des niveaux de criminalité constatée dans les pays occidentaux (Innes and Fielding 2002). La société est perçue comme de plus en plus criminogène, et les institutions sont plus que jamais décriées au motif qu’elles ne font pas adéquatement leur travail, révélant ainsi un « reassurance gap » (ACPO 2001). Pour combler un tel décalage, la police est appelée à co-identifier avec les citoyens les actes et désordres de proximité, comme des signaux à cibler pour réduire le sentiment de vulnérabilité et augmenter la perception de sécurité (Innes 2004). Dans cette optique, elle est emmenée à nouer des alliances avec différents partenaires institutionnels, destinataires de ses actions (par exemple les citoyens « ordinaires »), mais aussi des figures locales d’autorité ou des personnes marginales, voire marginalisées, susceptibles de susciter la crainte. Notre intérêt scientifique porte dans ce cadre sur :

  • les mécanismes de gouvernance élargie de l’action policière, qui sollicitent différents partenaires dans la planification d'actions de sécurité ;
  • l’implication concrète des habitants (et autres partenaires locaux, par ex. commerçants, associations locales etc.) dans la « co-production » d'actions concrètes de sécurité ;
  • la perception de ces actions de proximité, mesurée via plusieurs outils d’enquête, auprès de toutes les parties prenantes au dispositif.

Ce projet vise donc à décrire et analyser les enjeux d’une stratégie de co-production de la sécurité publique à l’échelon local vaudois. Se concentrant sur les postes de police mobiles qui sillonnent le canton depuis 2015, il met en perspective les compétences (managériales, criminologiques et juridiques) de la Faculté de droit, des sciences criminelles et d'administration publique afin d'évaluer l’action policière de proximité. Plus généralement, la recherche s’inscrit dans la volonté récente du Décanat de renforcer les projets permettant des synergies au sein de la Faculté.

 

Mots-clés

Police de proximité, gouvernance élargie, co-production de la sécurité publique, évaluation de la performance

L'engagement au travail des agents publics suisses dans un contexte post-bureaucratique : ancres dominantes et publicitude

Le management public durant les trente dernières années semble avoir éludé la question de l'immanence des éléments fondateurs de l'engagement au travail dans le secteur public. Ceci malgré les réformes de type Nouveau management public dont l'ambition première était d'introduire un esprit entrepreneurial dans le management public. Parallèlement, la recherche en comportement organisationnel n'a que très rarement évoqué les autres ancrages potentiels de la relation d'emploi, se consacrant essentiellement au lien à l'organisation avec le fonctionnariat comme figure de proue. Le concept d'engagement organisationnel se définit comme la force du lien entre l'employé et son organisation, laquelle se manifeste et se renforce à travers un ensemble d'attitudes et de comportements caractéristiques.

Or, la plupart des employé·e·s de l'État travaillent actuellement dans des environnements plutôt hybrides n'ayant pas réussi à passer complètement aux principes et logiques de management inspirés du secteur privé. Que devient l'engagement au travail dans ces conditions ? Porte-t-il une spécificité publique ou est-il plutôt générique, sans aucune distinction entre employés publics et privés ?
 
Cette thèse traite ces questions en les replaçant dans le contexte post-bureaucratique, avec des employés publics désormais en proie à de nombreux questionnements identitaires et éthiques. Ces questionnements sont également d'ordre relationnel en raison des conflits potentiels de loyauté entre divers ancrages possibles d'engagement au travail.

Projet de Thèse : Armand Brice Kouadio, L'engagement au travail des agents publics dans un contexte post-bureaucratique : quelles ancres dominantes pour quelles publicitude ?

L’innovation des organisations publiques

Malgré l’image sclérosée qui colle à la peau des administrations publiques en général, on constate que de plus en plus d’organisations se mettent à innover. De nombreux changements socio-démographiques, sociologiques, technologiques et parfois de nouvelles contraintes budgétaires, poussent les organisations publiques à devenir agiles et innovantes et à anticiper les changements à venir. Ce phénomène d’innovation est encore mal compris par la littérature scientifique. Ce projet de recherche vise à mettre en lumière les enjeux humains et les mécanismes à l’œuvre au sein des organisations publiques qui innovent. Il se penche notamment sur les liens qui unissent l’organisation du travail (l’autonomie des employés publics, les structures hiérarchiques, etc…), les cultures institutionnelles et organisationnelles et la capacité d’innovation des organisations publiques.
 
Projet de thèse : Owen Boukamel, Comprendre l’innovation au sein des organisations publiques : approche par les contenus, les contextes et les processus.

Réformes du service public et Nouvelle Gestion Publique (NGP): Opportunité ou piège pour l'égalité des sexes?

Le projet étudie l'impact en termes de genre des changements introduits par les réformes du service public inspirées par la Nouvelle Gestion Publique sur le vécu quotidien au travail des agent·e·s publics de la base.
L’analyse porte sur des entretiens qualitatifs et focus groups avec ces dernier·ère·s, et des séances de discussion avec les acteurs et actrices-clés de l’égalité, des ressources humaines (bureaux de l’égalité et services RH) et des cadres. Les résultats permettront d’élaborer des outils de sensibilisation à l'égalité entre les sexes dans les pratiques de management et de GRH, accompagnés d’un guide d’utilisation, à l’attention des trois publics cibles (cadres, services RH et bureaux de l'égalité).
Après une phase test de ces outils au sein de services pilotes, l'équipe de projet mènera les actions d'information, de formation et de transfert aboutissant à la connaissance de cet outil et à la maîtrise de son application dans les administrations publiques.
Au final, cet outil devrait permettre de poursuivre la modernisation publique en renforçant les pratiques exemplaires sur le plan de l'égalité et en levant les principaux obstacles identifiés.

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Prof. Yves Emery
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