Abstract 60

The Love of One’s Self The Adam Smith Problem Explained to Myself

Résumé
Le Adam Smith Problem a jusqu'à présent été considéré comme résolu en précisant le sens de sympathy. Le but de cet article est avant tout de montrer qu'une autre solution possible réside dans une interprétation différente de self-love. Cette nouvelle interprétation du self-love nous permet de tenir compte de la prédisposition humaine à l'accord, qui est au cœur de l'œuvre de Smith. Self-love est non seulement le motif de l'échange, mais également ce qui le rend possible. Ce n'est pas un sentiment égoïste tempéré par le tentative de gagner la sympathy des autres, mais la volonté de parvenir à un état de sympathy mutuelle entre soi et soi-même. En effet, la sympathy est constitutive du self-love. Ce dernier n'est pas l'amour pour soi mais l'amour de soi-même : l'amour du soi. L’accord intérieur, possible grâce à une spatialisation du soi, rend possible l’accord avec les autres. L'idée d'une dimension intérieure nous rapproche de la nature de la société que Smith décrivait: pas la société future, idéale et harmonieuse, mais une société harmonique, la société véritablement humaine, comme elle l'a toujours été, basée sur la poursuite continuelle d’harmonies et d’accords. Lire Smith de ce point de vue nous permet d'être en mesure de discuter l'origine de la possibilité de l'échange. La tierce dimension du spectateur impartial est considérée ici comme un domaine où équilibrer les intérêts réciproques et trouver un accord. C'est grâce à ça que l'individu, guidé par le self-love, est en mesure de s'adresser au self-love des autres. Pour que l'harmonie de la société soit accomplie, il n'est pas nécessaire d'attendre que chaque individu aime tout le monde. Heureusement, il suffit que chacun cherche l'amour de soi-même, cherche à être aimable à ses propres yeux, cherche le respect de soi. C’est le message de Smith qui ressort de l’interprétation proposée dans l’article. Ainsi, il n'est pas nécessaire de compter sur la bonté des autres, mais sur leur capacité de jugement autonome et leur capacité réciproque d'entrer en accord. Aucun accord entre êtres humains n’est nécessaire ni obligatoire : ce qui compte c’est qu'il peut, en étant désiré, être atteint. Smith renverse donc l'argument sur l'origine de la société : elle ne naît pas en raison d'un avantage commun, mais grâce à une prédisposition à s'accorder avec soi-même et donc avec les autres.

Mots-clefs : Smith, sympathy, self-love, accord, liberalisme.


Abstract
The Adam Smith Problem has so far been considered resolved by clarifying the meaning of sympathy. The aim of this paper is first to show that another possible solution lies in a different interpretation of self-love. This new interpretation of self-love allows us to account for the human predisposition to accord, which lies at the heart of Smith’s work. Self-love is not only the motive for exchange, but it constitutes what makes it possible. It is not the selfish sentiment tempered by the effort to win the sympathy of others, but the will to achieve mutual sympathy between self and oneself. Indeed, sympathy is the essential constituent of self-love, which is not love for oneself, but love of one’s self. The interior accord, possible thanks to a spatialitation of the self, makes possiblethe accord with the others. The idea of an interior dimension brings us closer to the kind of society Smith was describing – not the harmonious, ideal future society, but a harmonic society, the truly human society as it has always been, based on continual pursuit of attunement and accord. Reading Smith from this viewpoint, we are able to address the origin of the possibility of exchange. The third dimension of the impartial spectator is seen here as an area for reciprocal interests to come into the balance and find accord. And it is thanks to this that the individual, driven by self-love, is able to address the others' self-love. Smith's message as derived from this interpretation is that for harmony in society there is no need to wait for everyone to love everyone. It does, however, suffice if each seeks self-love, seeks to be lovable to his own eyes, seeks self-respect. Thus it is not necessary to rely on the goodwill of the others, but on their capacity for autonomous judgement and their reciprocal capacity to enter into accord. No accord among human beings is necessary or obligatory; what counts is that it can, in being desired, be achieved. Smith thus reverses the argument on the origin of society; it is not due to common advantage, but to predisposition to accord with one’s self and with the others.


Keywords : Smith, sympathy, self-love, accord, liberalism.

TSP 60  (469 Ko)

Suivez nous:  
Partagez:
Géopolis - CH-1015 Lausanne
Suisse
Tél. +41 21 692 31 30
Fax +41 21 692 31 45