Abstract 68

Abstract

The abstract democratic ideal is hegemonic nowadays, but, what is considered to be its concrete institutional forms are facing a growing “crisis of representation” and distrust. As an answer to this crisis and after centuries of absence, sortition (selecting representatives by lots) is making its return on the political stage through various academic research, practical experiments and activist claims. But each thinker, experimentation, or militant group, is giving a different explanation of what sortition is, why and how it could strengthen democracy. How could we be thinking sortition efficiently? Instead of doing a chronology of this return my proposal is to construct a more general theory of sortition in a comparative approach. A broad study seems necessary in order to grasp the theoretical constants, despite the empirical diversity of sortition concrete uses. First, I shall compare sortition to the three other selection modes: election, nomination and certification. Second, I will analyse the deliberative frameworks, that is to say “who decides what how”. Third, I will distinguish four democratic principles of sortition: equality, impartiality, representativeness and legitimacy. My first research hypothesis is that sortition is likely to offer a greater equality, impartiality and representativeness. My second hypothesis is that sortition is the only method of selection producing a specific form, a humility-legitimacy when the three other selection modes are producing a superiority-legitimacy, where the principal is declared superior to the agent through the selection process.

Keywords : Democracy, legitimacy, representation, selection, sortition.

Résumé

A l’heure où l’idéal démocratique abstrait est devenu hégémonique ce que l’on considère comme ses formes institutionnelles concrètes subissent une « crise de la représentation » et une défiance grandissantes. De nombreuses expérimentations démocratiques basées sur le tirage au sort des participants se développent partout dans le monde, accompagnées de divers travaux académiques et revendications militantes. Mais chaque penseur, dispositif ou activiste semble donner une définition différente de ce qu’est le tirage au sort ainsi que de pourquoi et comment il devrait être utilisé. Comment penser le tirage au sort efficacement dans sa diversité et sa cohérence ? Au lieu d’une chronologie de ce retour de la sortition, nous proposons de construire une théorie plus générale des divers usages de la sélection aléatoire dans une approche comparative. Il s’agit de penser le tirage au sort à travers un regard croisé pour mieux comprendre les constantes théoriques malgré la diversité empirique d’usages concrets du tirage au sort selon les institutions et les contextes au sein desquels il s’insère. Premièrement, nous comparerons la sortition aux trois autres modes de sélection : l’élection, la nomination et la certification. Ensuite, nous analyserons les cadres délibératifs, c’est-à-dire qui décide quoi comment. Enfin, nous distinguerons les quatre principes du tirage au sort : égalité, impartialité, représentativité et légitimité. Notre hypothèse est que la sortition peut offrir une plus forte égalité, impartialité et représentativité que les autres modes de sélection. Pour la légitimité, notre hypothèse est que le tirage au sort est la seule méthode de sélection qui en produit une forme spécifique, la légitimité-humilité, quand les trois autres produisent des formes de légitimité-supériorité.

Mots-clefs : Démocratie, légitimité, représentation, sélection, tirage au sort.

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