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Abstract
Smith is often presented as an advocate of the virtue of self-command, understood as the means by which individuals, dominating their passions, are integrated into the life of society. In this paper I argue that this is a misleading oversimplification, and that self-command for Smith is in fact the means by which each individual seeks to open out to the others as much as possible. Indeed, the aim of the paper is to stress that if there is some ultimate sense for Smith behind the wealth of nations, it is to be found in improved living conditions favouring a heightening of sensibility among the members of society. In this sense, the free communication of sentiments and opinions mentioned by Smith in the Theory of Moral Sentiments, bringing about a delightful harmony of minds, is an outcome of civilisation, advancing from exchange amongst savages to culminate with commercial society. It is thanks to the “general security” it affords that individuals can open up their sentiments to those of the others, which in turn leads them to be their true selves. According to Smith, exchange is possible in savage society due to the possibility ever present among humans to open up to the self and to the others; however, in savage society both types of exchange – sentimental, and so also economic – are rare. By contrast, in civilised society exchanges are more frequent and lead to friendship amongst individuals and peoples. The value of economic exchange is, then, to be seen in improved living conditions, increasingly favouring the exchange of sentiments and opinions. Thus the free circulation of merchandise has as consequence the free communication of sentiments and opinions, and the opening up of commercial society corresponds to the opening of hearts and minds. This interpretation of Smith’s thought, which demonstrates a close connection between the Wealth of Nations and the Theory of Moral Sentiments and completes the idea of the «theory of fours stages», finds cogent evidence in Chapter II (Part V) of the latter work. This paper shows the importance – too often underestimated – of this chapter, demonstrating that it constitutes in fact the concluding part of the Theory of Moral Sentiments: the part that ties it in with the Wealth of Nations.


Keywords : Smith, savages, self-command, wealth, sensibility.


Résumé
Smith est couramment présenté comme un partisan de la vertu de la maîtrise de soi, entendu comme un moyen pour dominer les passions et ainsi rendre les individus aptes à vivre en société. Cette étude montre, au contraire, que la maîtrise de soi est pour Smith un moyen à travers lequel chaque individu cherche à s’ouvrir aux autres et à soi-même autant que possible. En effet, le but de cet article est de mettre en avant que si la richesse des nations a un sens pour Smith, c’est dans l’amélioration des conditions qui favorisent le développement de la sensibilité parmi les membres de la société. En ce sens, la libre communication des sentiments et des opinions mentionnée par Smith dans la Théorie des sentiments moraux, et qui rend délicieuse l’harmonie des esprits, est le résultat de la civilisation : à savoir du parcours qui commence avec l'échange entre quelques sauvages et s’achève avec la société commerciale. La « sécurité générale » qu’elle assure permet l’ouverture de chacun à ses propres sentiments et à ceux des autres, ce qui conduit l'homme à être proprement soi-même. Si l'échange est possible dans une société sauvage, il est du à la possibilité toujours présente chez les humains de s’ouvrir à soi et aux autres. Mais dans la société sauvage chaque type d'échange – sentimental et donc aussi économique – est rare. Au contraire, dans une société civilisée ils sont plus fréquents et ils conduisent à une amitié entre les individus et les peuples. Les échanges économiques prennent donc leur sens dans l’amélioration des conditions de vie, lesquelles favorisent encore plus les échanges de sentiments et d’opinions. La libre circulation des marchandises a comme conséquence involontaire, donc, la libre communication des sentiments et des opinions. Au mouvement d’ouverture de la société commerciale correspond, donc, un mouvement d'ouverture des cœurs et des esprits. Cette interprétation de la pensée de Smith, qui démontre une stricte connexion entre La richesse de nations et la Théorie des sentiments moraux et complète l’idée de la « théorie des quarte étapes », trouve confirmation dans le Chapitre II (Part V) de cette dernière œuvre. Cette étude montre l’importance – trop souvent sous-estimée – de ce chapitre, en démontrant qu’il constitue en vérité la partie conclusive de la Théorie des sentiments moraux : la partie charnière entre les deux ouvrages de Smith.


Mots-clefs : Smith, sauvages, maîtrise de soi, richesse, sensibilité.

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