Abstract 64

Résumé

La littérature tend à caractériser le populisme par deux dimensions : l’appel au peuple contre les élites et un type particulier de rapport au leader. A partir  d’entretiens approfondis avec des militants de l’Union Démocratique du Centre (UDC) menés dans le cadre d’une étude sur la pluralité des logiques d’engagement dans ce parti, ce texte traite du rôle de ces deux dimensions dans l’attachement au parti. Nous constatons d’une part que ces dimensions ne sont pas systématiquement présentes chez les militants rencontrés ; l’attachement au parti peut même s’opèrer en dépit du discours « populiste » du parti. Nous montrons d’autre part que les formes que prennent ces dimensions diffèrent en fonction des propriétés sociales et des parcours de vie des activistes. En définitive, la notion de populisme, lorsqu’elle entend rendre compte de la « demande » d’attachement à ce type de parti venant des militants et/ou des électeurs, provoque plus de confusion que de clarté. Elle ne désigne implicitement qu’un nombre limité de registres dans l’attachement à un parti tel l’UDC : un rapport émotionnel au leader, et un sentiment anti-élites découlant d’un manque de sophistication politique.

Mots-clefs : Populisme, militantisme, Suisse, anti-élitisme, leadership


Abstract

Scholarship in political science usually depicts populism by the two following characteristics : an appeal to the people against the ruling elites, and a particular type of leader-follower relationship. Based on in-depth interviews with activists of the Swiss People’s Party carried out to account for their various logics of commitment, our paper seeks to evaluate the role played by both characteristics in their attachment to the party. On the one hand we observe that neither appears to be systematically at play amongst activists; attachment may even be altogether detached from the "populist" jeremiads of the party. On the other hand we note that these characteristics take different forms according to specific social properties and to the life courses of the activists. Our results lead us to argue that the concept of populism, when used to account for demand side factors influencing party attachment at work amongst activists and/or voters, causes more confusion than clarity. It implies that there are only a limited number of types of attachment to parties like the Swiss People’s Party, namely: an emotional relationship to the leader, and various anti-establishment opinions that mostly stem from a lack of political sophistication.

Keywords : Populism, activism, Switzerland, anti-establishment, leadership

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