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Résumé

Dans un monde confronté à des changements globaux, historiques et complexes, la gestion de l’incertitude est devenue une préoccupation majeure pour les acteurs politiques et scientifiques. La question qui guide cet article conceptuel est donc la sui-vante : pouvons-nous anticiper l'avenir, et si oui, comment ? Nous examinons ainsi les possibilités d’anticiper l’avenir en convertissant des incertitudes indéfinies en risques supposément gérables. Pour ce faire, nous distinguons deux niveaux d’analyse dans le traitement de l’incertitude : l’épistémique de l’ontologique. Nous soutenons de ce fait qu’il existe à la fois des limites épistémiques et ontologiques dans la transformation de l’incertitude en risque. Cet argument s’appuie en particulier sur la distinction établie par Frank H. Knight (1921) entre risque et vraie incertitude. Mais contrairement à Knight qui se fie au jugement des experts pour surmonter les limites épistémiques, nous considérons que l’avenir ne peut être pleinement anticipé par la production con-tinue de nouvelles connaissances. Néanmoins, nous affirmons que nous sommes mieux armés pour faire face à un avenir incertain grâce une coproduction de connaissances par un plus grand nombre d’acteurs. Les incertitudes découlant de la crise écologique actuelle sont mobilisées tout au long de l’article pour illustrer ces différents arguments.

Mots-clefs  : crise écologique, Frank H. Knight, incertitude, pluralisation des connaissances, risque

 

Abstract
Dealing with uncertainty has become a matter of great concern of policy makers and scientific research in a world facing global, epochal and complex changes. Such call for a comprehensive understanding of the implications of uncertainties lead to the broader question of: can we anticipate the future, and if so, how? This conceptual paper explores the ability to anticipate the future by converting undefined uncertainties into manageable risks. To do so, we distinguish between epistemic and ontological level of analysis, to argue that there are both epistemic and ontological limits in the substitu-tion of risk for uncertainty. We build in particular on the distinction drawn by Frank H. Knight (1921) between risk and true uncertainty to put forward such limits. Yet, in contrast to Knight who relies on expert judgment to overcome the epistemic limits, we suggest that the future cannot be fully anticipated through the production of new knowledge. Notwithstanding, we contend that we are better armed to face an unknown future with a co-production of knowledge by a larger range of actors. We illustrate our argument with the uncertainties arising from the current global ecological crisis.


Keywords : ecological crisis, Frank H. Knight, pluralisation of knowledge, risk, uncertainty

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