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Résumé
De nombreux travaux en sociologie des mouvements sociaux étudient les changements sociaux qui, en rendant l'ordre politique vulnérable, favorisent l'émergence de protestations. En revanche, la littérature demeure rare et plutôt faible sur la question du développement des mouvements une fois créés. Dans ce papier, l'on s'attache à ces dynamiques pour comprendre changements et continuités au sein des groupes protestataires. Nous suivons la voie ouverte par les approches micro structurales qui s'intéressent aux transformations de la composition des groupes militants pour en comprendre le destin. Nous pensons qu'il faut examiner avec soin, au niveau micro sociologique, les fractures générées par diverses caractéristiques structurales si l'on veut comprendre la continuité et le changement au sein des groupements. Et ce n'est pas seulement en fonction de l'appartenance à une même vague d'adhésion et donc à un même contexte qui détermine l'appartenance à telle ou telle génération militante, mais aussi la durée et l'intensité de l'engagement, aussi bien qu'un faisceau complexe de positions et d'attributs et la manière dont ils s'acquièrent et se combinent dans le temps. Nous offrons une méthode complexe d'identification des lignes de clivage internes aux mouvements et de leur dynamique afin de comprendre conflits et changements au sein d'un groupement militant. La méthode permet, sans doute pour la première fois à partir de données quantitatives, de construire un modèle dans lequel les types d'activistes que nous isolons sont construits en tenant compte de la manière dont les distances et les proximités interindividuelles se combinent en réalité pour produire des groupes complexes définis par de multiples affinités intersécantes. L'on s'appuie sur une enquête par questionnaires datés passée auprès des volontaires de AIDES Ile-de-France, la plus ancienne et la plus grande association de lutte contre le sida en France. Après avoir défini les grandes lignes d'un modèle dynamique de l'activisme individuel, dans lequel l'hétérogénéité des groupes depend du caractère multisitué et processuel des attributs individuels, nous présentons une méthode originale permettant de décrire cette hétérogénéité qui s'appuie sur le recours à l'analyse séquentielle. Nous proposons une typologie de profils qui permet de mieux comprendre la continuité et le changement au sein de l'organisation.
Mots-clefs : Mouvements sociaux, activisme, génération, analyse séquentielle, optimal matching


Abstract
There is a good deal of work in social movement literature on the nature and type of social changes that render the established political order more vulnerable or receptive to the emergence of protest. However, the literature is more rare and far less convincing in explaining movements development. In this paper, we focus on these dynamics that may help us to understand continuities and changes within protest groups. We follow the path opened by micro structural approaches that have attempted to conceptualize the contribution of internal personnel processes to the transformation of social movements. We argue that one must carefully examine, at the micro-sociological level, the fractures generated by diverse structural characteristics in order to understand continuities and changes within protest groups. We argue that it is not only the historical and social movement context when individuals begin activism that defines lasting common political understandings, but also the duration and intensity of commitment as well as a complex mix of structural attributes and their ordering along time. We offer a more complex way of identifying movements' internal lines of cleavages (what we call here heterogeneity) and their dynamics in order to understand conflict and change within SMOs. We propose a method that offers the means, perhaps for the first time with quantitative data, to build a model in which the actual profiles of activists we isolate can fully account for how interindividual distances and proximities combine in reality to produce complex and overlapping groups defined by multiple intersecting affinities. We draw on a case study of Aides, the oldest and largest French SMO mobilized against AIDS epidemic that was founded at the end of 1984. First, we start by outlining a dynamic model of individual activism in which the heterogeneity of protest groups depends on the multisituated and processual structural attributes of its members. Secondly, we offer a new methodology to empirically describe internal heterogeneity by applying sequence analysis to our data. We build a typology of profiles characterized by distinctive structural attributes. Doing that, we show how the coexistence and succession of these profiles allow us to better understand the dynamic of continuity and change within the organization.
Key words : Social movements, activism, generation, sequence analysis, optimal matching.
 

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