Travaux de Science Politique n° 14

Steiner Yves, Le coût réel de l'indépendance de la banque centrale: économie politique comparée de la Deutsche Bundesbank et de la Banque du Japon dans les années soixante-dix, 2003.

Résumé
Depuis le début des années quatre-vingt-dix, le nombre de banques centrales devenues "indépendantes" du pouvoir politique a progressé. L'installation de la Banque centrale européenne en est certainement l'exemple le plus éclatant. L'essentiel des arguments politiques en faveur de cette indépendance de la banque centrale émane de recherches en théorie économique menés dès la fin des années soixante-dix. De ces travaux, une conclusion ressort: l'indépendance de la banque centrale est la seule garante d'un niveau d'inflation bas et stable, sans impact sur d'autres variables de l'économie réelle (croissance, chômage, etc.).
Ce travail de mémoire conteste la pertinence de cette conclusion sur deux plans: d'une part, en éclairant les apories de la théorie économique de la banque centrale indépendante (chapitres 1 & 2) et d'autre part, en la mettant à l'épreuve des faits (chapitres 3 & 5). Dans ce dernier cas, le travail s'appuie sur une comparaison entre l'exemple le plus cité dans la littérature sur la banque centrale indépendante, l'Allemagne et la Bundesbank, et un cas limite, rarement évoqué par cette littérature, à savoir la Banque du Japon. En procédant à une économie politique comparée des banques centrales allemandes et japonaises dans les années soixante-dix, on montre que d'autres facteurs - comme, par exemple, la régulation du rapport capital - travail - expliquent le bas niveau d'inflation dans ces deux pays, et non la seule politique monétaire. En retour cependant, on montre aussi que le passage à l'indépendance de la banque centrale à un coût réel pour l'économie, notamment sur le plan du chômage.

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