Abstract 50

Disengagement process from radical organizations. What is so different when it comes to exclusive groups?

Résumé
Depuis une dizaine d’années, la sociologie du militantisme a été profondément renouvelée par une conception du militantisme comme activité sociale inscrite dans le temps et qui articule des phases d’enrôlement, de maintien de l’engagement et de défection. D’où le recours à l’expression de carrière militante qui renvoie directement à la tradition interactionniste de l’école de Chicago. Appliquée à l’engagement politique, la notion de carrière permet de comprendre comment, à chaque étape de la biographie, les attitudes et comportements sont déterminés par les attitudes et comportements passés et conditionnent à leur tour le champ des possibles à venir, resituant ainsi les périodes d’engagement dans l’ensemble du cycle de vie. La notion de carrière permet donc de travailler ensemble les questions des prédispositions au militantisme, du passage à l’acte, des formes différenciées et variables dans le temps prises par l’engagement, de la multiplicité des engagements le long du cycle de vie et de la rétraction ou extension des engagements (Fillieule, 2001 ; 2005 ; 2010).
Un certain nombre d’études ont porté sur différents aspects de l’engagement et du désengagement des groupes clandestins, exclusifs et stigmatisés. Pourtant la recherche s’est concentrée sur les processus de recrutement et de radicalisation plus que sur le désengagement ou la déradicalisation (Horgan 2009 pour une exception). Dans ce texte, l’on s’appuie ici sur une approche en termes de carrière afin de proposer un modèle théorique du processus de désengagement des organisations radicales qui articule les niveaux micro (dispositions, socialisation), meso (façonnage organisationnel) et macro (contexte politique, répression et opportunités).
La littérature opère souvent une distinction analytique entre ces trois niveaux d’analyse pour définir des séries de facteurs de l’engagement ou du désengagement, sans pourtant offrir une explication convaincante de la manière dont ils se combinent et se co-détermninent dans le temps. Ici, nous faisons plutôt le choix de nous concentrer sur deux séries de facteurs centraux pour déterminer leur influence sur le processus de désengagement individuel : les effets complexes du façonnage organsationnel et les effets ambivalents de la répression et de la criminalisation des activités radicales.
Mots-clefs : activisme, désengagement, violence politique, terrorisme, mouvements sociaux

Abstract
The sociology of activism has been recently revitalized by a conception of activism as a long lasting social activity, that articulates different phases of joining, commitment, and defection. This gives rise to the expression of 'activist career', referring directly to the Chicago School’s interactionist tradition. The concept of career helps to understand how, at each stage of a biography, attitudes and behaviors are determined by past attitudes and behaviors and, in turn condition the entire range of future possibilities, thus resituating the periods of commitment in the entire life cycle. Therefore, the concept of career allows us to combine questions of predispositions to activism, the shift to action, differentiated and variable forms of engagement over time, the multiplicity of engagements throughout the life cycle, and the retraction or extension of commitments (Fillieule, 2001; 2005; 2010).
A number of studies have adressed various aspects of how individuals join and leave different types of clandestine, reclusive and stigmatized groups. However the analytical interest has tended to focus on the processes of recruitment and radicalization rather than on disengagement or deradicalization (Horgan 2009, for an exception). In this paper, we have recourse to such an interactionist approach to propose a theoretical model of disengagement processes in reclusive radical movements that articulates micro (dispositions, socialization) meso (organisational socialization) and macro (political context, repression and opportunities) levels of analysis.
The literature often makes an analytical distinction between three series of factors of commitment or withdrawal for each of these levels, without offering a convincing explanation of their joint occurrence over time. Here, rather than follow such an analytical route, and at the risk of not presenting an exhaustive list of possible causes for withdrawal, I have decided to only explore two series of central mechanisms to determine their influence on individual process of disengagement: the complex effects of organizational molding on individuals caught up in radical groups and the ambivalent effects of repression and the criminalization of radical activities.
Keywords: activism, disengagement, political violence, terrorism, social movement, interactionism 

pdf   TSP50_-_Fillieule.pdf  (287 Kb)


Recherche:
 dans ce site:
   
   
   
 Rechercher
Annuaires      Site map

Géopolis - CH-1015 Lausanne  - Suisse  -  Tél. +41 21 692 31 40  -  Fax  +41 21 692 31 45