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Actualités & événements


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Publié le  02.05.17
Par  Manon.Rosset@unil.ch

Compte-rendu de la quatrième session du séminaire de recherche «Environnement, Espace, Durabilité»

Organisée par l'IGD, la quatrième session s'est tenue le 27 avril 2017 avec Simon BATTERBURY de l'Université de Lancaster (Royaume-Uni).

Au cours d'une présentation claire et accessible, fondée sur quatre études de cas approfondies (Burkina Faso, Niger, Timor Oriental et Nouvelle Calédonie), le Prof. Simon Batterbury a proposé sa conception du rôle de l’écologie politique dans la compréhension de problèmes politiques sous l’angle du contrôle et de l’accès aux matières premières et aux ressources naturelles. Distinguant de façon intéressante une écologie politique de type 1 (plutôt analytique, focalisée sur les chaînes causales ascendantes pour expliquer les phénomènes locaux, et étroitement couplée aux sciences de l'environnement) d'une écologie politique de type 2 (davantage militante et utilisée comme outil pour déconstruire les phénomènes d’asymétrie de pouvoir, sans lien fort aux sciences naturelles), il a voulu montrer pourquoi l’écologie politique a tendance à s’intéresser aux contrées “marginales”. Généralement liée à l’injustice (avec un passé colonial se pérennisant fréquemment à travers des relations sociopolitiques locales structurellement asymétriques), la marginalité possède des dimensions tant sociétales que spatiales, qui apparaissent de façon particulièrement saillante dans le cas de l’accès aux matières premières et de leur valorisation économique. L’exposé de Simon Batterbury a notamment mis en évidence les ambiguïtés des coutumes et des traditions, qui peuvent parfois agir comme moyen de résister contre la dé-marginalisation néolibérale d’une région, mais également (ce fut le cas en Nouvelle Calédonie, au nom d’une “stratégie indigène de dé-marginalisation) comme argument pour accélérer la modernisation et la recomposition territoriale en vue d’une meilleure insertion dans les marchés mondiaux. Certaines communautés indigènes jouent la carte de la croissance économique en mettant en place des structures de propriété et de gestion spécifiques des ressources naturelles, qui les mènent éventuellement à sacrifier les terres ancestrales et l’environnement en échange de davantage de postes de travail et d’infrastructures. Ainsi, il arrive aussi que de nouvelles marginalisions internes à une région se développent à mesure que celle-ci tente de mettre en oeuvre des stratégies de réduction de sa marginalité par rapport au reste du monde. S’étant déclaré rétif aux visions apolitiques comme l’approche des systèmes d'acteurs de Bruno Latour, et comme la théorie économique néoclassique ou l’approche écologique par la résilience, le Prof. Batterbury a proposé ici une leçon dense et vivante sur les apports à la fois théoriques et empiriques d’une écologie politique critique et engagée. Il a ainsi offert aux doctorant·e·s et professeur·e·s de notre institut un bel exemple de passion et de pertinence. 


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