L'eau
Le diagnostic de « crise mondiale » de l’eau fait l’objet d’un large consensus et a contribué à une prise de conscience des enjeux en matière de gestion des ressources hydriques. Les organisations des Nations unies et la Banque mondiale ont suscité dans de nombreux pays du Sud l’élaboration de politiques de l’eau fondées sur les principes directeurs énoncés à l’issue de la conférence de Dublin en 1992. Toutefois, le diagnostic global tend à masquer un autre fait largement admis : la connaissance très lacunaire des ressources en particulier pour ce qui concerne les eaux souterraines. Par ailleurs, la consommation d’eau, notamment dans le domaine agricole, est souvent mal connue à l’exception éventuellement des grands périmètres irrigués généralement alimentés par des eaux de surface. Le diagnostic de « crise mondiale » de l’eau accrédite cependant l’hypothèse d’une surexploitation généralisée des ressources hydriques justifiant l’application de prescriptions standard visant à en restreindre l’exploitation.
Les recherches menées par l’IGUL questionnent en profondeur ce diagnostic et soulignent que la question de la rareté revêt des formes très diverses, l’eau étant tour à tour physiquement abondante, mais pas toujours facilement mobilisable (Niger) ou encore physiquement rare et ponctuellement abondante (Syrie). Ces éclairages locaux interpellent la pertinence d’une approche globale et invitent à définir des cadres prescriptifs locaux, permettant de valoriser au mieux le potentiel hydrique à travers la promotion d’activités d’agriculture et d’élevage pertinentes. Cela passe également par l’identification des dispositifs techniques de mobilisation de l’eau, les mieux adaptés du point de vue socio-économique et environnemental.




